Les dirigeants africains préconisent la création d’un Fonds Vert pour l’Afrique

10/12/2010
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Cancun, jeudi 9 décembre 2010 - Les ministres africains participant à la 16ème Conférence de Cancun ont de nouveau lancé un appel pour la création rapide d'un Fonds vert pour l'Afrique (FVA). Cet appel fait écho à celui lancé par les dirigeants africains à Copenhague, en décembre 2009, pour la mise en place d’un mécanisme de financement géré par la Banque africaine de développement, qui mobilise des ressources pour l'Afrique, offre un accès plus direct et une répartition plus équitable et plus transparente des ressources.

Selon Meles Zenawi, Premier ministre d'Ethiopie et porte-parole des chefs d'Etat africains sur les changements climatiques «la création et la mobilisation de ressources en faveur du Fonds vert pour l'Afrique est une condition préalable à un accord planétaire sur le changement climatique ».

Quant à M. Tiémoko Sangaré, ministre de l'environnement du Mali et président de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement, il a affirmé : «nous voulons que le Fonds africain dédié aux changements climatiques soit géré par la Banque africaine de développement, afin que nous puissions assurer le suivi de l’utilisation de ces fonds ».

Le ministre de l'environnement du Sénégal, Djibo Ka, a affirmé pour sa part que : « nous soutenons le Fonds vert pour l’Afrique, et demandons à la Banque africaine de développement d’accélérer sa mise en place ».

Apportant son soutien au Fonds, le ministre d'Etat ougandais chargé des finances, Fredo Much, a déclaré : «nous nous félicitons de la mise en place du Fonds. Ce Fonds aurait dû être créé depuis longtemps, pas aujourd'hui ».

Au cours d’une réunion ayant enregistré une forte participation à Cancun et destinée à examiner la proposition relative à la création du Fonds, la mise en place du Fonds vert pour l’Afrique a été saluée par tous. Les participants ont unanimement souligné qu’il était important pour l'Afrique de s'approprier la gestion de son Fonds et d’en assumer la responsabilité. Les participants ont estimé que pour diverses raisons, les pays africains et d'autres pays à faible revenu n'ont pas véritablement tiré parti des mécanismes de financement actuels. Ceux-ci ont souvent accordé la priorité à l'atténuation des effets du changement climatique, la plupart du temps dans les pays à revenu intermédiaire, au détriment de l'adaptation et de la REDD (réduction de la déforestation et de la dégradation) qui sont d'un intérêt primordial à l'Afrique.

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, M. Abdoulaye Janneh, a également appuyé la proposition, soulignant que les institutions africaines travaillent ensemble pour soutenir la création du FVA. Mme Rhoda Peace, Commissaire de l'UA pour l'environnement a souligné pour sa part que : la « Banque africaine de développement est notre institution ; nous voulons qu’elle prenne davantage d’ampleur, et nous voulons qu’elle gère les ressources destinées à l'Afrique dans l'intérêt de l'Afrique ».

Prenant la parole lors de la réunion, Nick Stern, une autorité dans le domaine de l'économie du changement climatique, a apporté son appui ferme à cette initiative, résumant son plaidoyer en ces termes: nécessité de passer à une étape supérieure ; urgence de la situation, connaissances que possède la BAD, expérience de l'Afrique et nécessité de « combiner l’atténuation, l'adaptation et le développement dans un cadre unique ».

En réponse à ces déclarations, le président de la Banque africaine de développement, M. Donald Kaberuka, a affirmé que « la Banque africaine de développement s’emploiera rapidement à traduire dans les faits la proposition d’un Fonds vert pour l’Afrique pour répondre aux besoins spécifiques de l'Afrique ». L’accès à ce fonds sera ouvert à la société civile, au secteur privé, aux organisations régionales africaines, aux organismes bilatéraux et multilatéraux travaillant en Afrique ainsi qu’aux gouvernements. Le Fonds évoluera aux côtés d'autres mécanismes et travaillera en collaboration avec d'autres institutions ; il se conformera à tous les mécanismes approuvés antérieurement par la CCNUCC. « L'Afrique a des besoins particuliers qui nécessitent une attention particulière et un instrument financier géré par une institution africaine ».

Les conclusions s’inscrivent dans le droit fil des recommandations du Comité des dix ministres africains des finances et gouverneurs des banques centrales adoptées à Washington en Octobre 2010, qui a déclaré : « nous entérinons la position prise à Copenhague selon laquelle l'Afrique devrait recevoir une part appropriée du financement supplémentaire pour les actions en faveur du climat, y compris l'adaptation et que, pour s'assurer que les investissements sont déterminés par les besoins et les priorités africaines, des ressources supplémentaires doivent être déployées et leur gestion confiée à la BAD ».

«Nous nous félicitons de l'engagement pris par la BAD de créer un Fonds vert pour l'Afrique», a ajouté le Comité.