La BAD s’engage davantage dans la promotion de la responsabilité nutritionnelle

18/10/2016
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Le président de la Banque africaine de développement (BAD),  Akinwumi Adesina, et l’ancien président du Ghana et co-président du Panel mondial sur l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition, John Kufuor, ont accueilli, le lundi 17 octobre à Abidjan, la première réunion officielle de l’African Leaders for Nutrition. Parmi les défenseurs de l’initiative African Leaders for Nutrition figurent également Hery Rajaonarimampianina, président de Madagascar, Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies, Aliko Dangote, fondateur et PDG du groupe Dangote, Jamie Cooper, présidente fondatrice et président du conseil de Big Win Philanthropy, Graça Machel, fondatrice du Graça Machel Trust, et José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« Les enfants en retard de croissance aujourd’hui entraîneront, demain, un retard de croissance des économies », a déclaré le président Adesina. Les 1000 premiers jours de la vie d’un enfant constituent la période la plus critique de son développement optimal. C’est au cours de cette période que se développent le système immunitaire et la capacité intellectuelle de l’enfant. En Afrique, 58 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans sont de petite taille pour leur âge (retard de croissance), 13,9 millions ne pèsent pas assez pour leur taille (cachexie) et 10,3 millions sont en surpoids. Contrairement à l’insuffisance pondérale et à la cachexie, les effets du retard de croissance sont irréversibles. Ces effets se caractérisent notamment par une diminution du potentiel d’apprentissage, de mauvais résultats scolaires et, à terme, une réduction de la capacité de travail et de la productivité à l’âge adulte. L’Afrique compte 20 des 24 pays ayant un taux de retard de croissance supérieur à 40 %. De plus, 22 des 34 pays qui représentent 90 % du retard de croissance dans le monde se trouvent en Afrique. Le président Adesina a invité tous les partenaires et les dirigeants africains à le rejoindre dans la « Coalition de l’alliance contre la malnutrition en Afrique ».

« Il est important d’avoir un bon leadership si l’on veut avoir une bonne gouvernance. On ne peut pas espérer transformer les pays et le continent si l’on ne transforme pas la vie de leurs habitants », a expliqué l’ancien président du Ghana, John Kufuor. Les défenseurs de l’African Leaders for Nutrition profiteront de leur statut de membres éminents pour accroître la visibilité de la question de la nutrition en Afrique, renforcer la volonté politique, améliorer les priorités à l’échelon national et encourager les engagements politiques et financiers spécifiques en matière de nutrition. Le dialogue politique avec les chefs d’État et les ministres des Finances devrait permettre de nouvelles avancées dans la réalisation des objectifs de nutrition et de l’Objectif de développement durable n°2 (« Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ») à travers un investissement soutenu et accru en faveur de la nutrition.

L’African Leaders for Nutrition défendra la création d’une Fiche d’évaluation de la responsabilité nutritionnelle, propre aux pays concernés, et s’attachera à assurer le suivi des progrès des résultats spécifiques à la nutrition aux niveaux national et régional. « Il n’y a pas de raison qu’un enfant ne soit pas en mesure d’obtenir des résultats scolaires satisfaisants ou d’avoir une vie productive sur le plan économique simplement à cause d’une malnutrition », a déclaré le président Adesina.

« Madagascar a pâti des conséquences extrêmes du changement climatique, qui s’est traduit par une sécheresse récurrente et des épisodes El Niño fréquents. Madagascar ne peut pas relever seul le nouveau défi de la malnutrition chronique sans le soutien de ses partenaires », a indiqué François Rakotoarimanana, le ministre malgache des Finances et du Budget.

Les défenseurs de l’African Leaders for Nutrition ont souligné la nécessité d’un meilleur leadership politique et d’une nette amélioration des résultats concernant la nutrition sur le continent. « La Banque africaine de développement travaillera aux côtés de ses partenaires pour continuer à développer des instruments financiers innovants basés sur les résultats et incitant les pays et le secteur privé à investir davantage dans la nutrition », a expliqué le président Adesina.

Pour de plus amples informations sur l’African Leaders for Nutrition, veuillez consulter : http://bit.ly/2bUz6tz