Les ministres africains s’engagent à renforcer la science et la technologie en Afrique pour dynamiser l’emploi et la croissance

12/04/2012
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Plus d’une trentaine de ministres africains de l'éducation et de la science présents au « Premier forum africain sur la science, la technologie et l’innovation (STI) pour l'emploi des jeunes, le développement du capital humain et la croissance inclusive » se sont unanimement engagés à mettre en œuvre des politiques, stratégies, programmes et plans STI dans les cinq prochaines années.

Le Forum s’est terminé le 3 avril, après une réunion d'experts de deux jours, organisée les 1e  et 2 avril 2012, et une conférence ministérielle d'un jour, le lendemain, sous la présidence de Mwai Kibaki,  président du Kenya,.

La réunion des experts a considéré le renforcement des STI à travers l’amélioration de l'enseignement des sciences, de la technologie et des mathématiques (ESTM), le développement de la recherche scientifique et l’adaptation de l’offre des établissements d'enseignement supérieur à la demande d'emplois, notamment chez les jeunes. Les experts ont également mis en exergue les expériences réussies qui se sont avérées propices pour stimuler l'innovation et les compétences entrepreneuriales ainsi que l’exploitation des connaissances existantes en STI, et cultiver un écosystème dynamique favorable à l’innovation. Les participants ont également examiné des initiatives exploitant des solutions globales innovantes, et se sont accordés sur leur utilisation pour s'attaquer aux défis de développement dans les secteurs de l'agriculture, de la santé, de l'eau, de l’énergie et des TIC.

La conférence ministérielle, qui a rassemblé près de 700 participants, s’est focalisée sur l'intégration des politiques STI dans les programmes de développement nationaux et régionaux, ainsi que sur les investissements et les mécanismes de financement pour les STI.

Dans ses remarques liminaires, le président Kibaki a déclaré : « En dépit des progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire pour que l'Afrique devienne une plaque tournante des innovations. À cet égard, une stratégie s’impose : il est urgent de contrôler et de contenir l'importante fuite des cerveaux du continent. Nous avons besoin de politiques ainsi que d'une infrastructure de la recherche et du développement qui permettront d'attirer et de retenir les meilleurs chercheurs ».

Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD), a exhorté les nations africaines à considérer les STI comme un moyen de créer de la richesse dans leurs pays à travers l'entreprenariat et l'innovation - afin d’assurer une croissance inclusive et durable - et de s'écarter des richesses héritées et limitées (comme le pétrole et les minéraux), qui peuvent créer des troubles économiques. Il a insisté sur l'importance pour l'Afrique de commercialiser ses propres innovations et d'élargir les services financiers en faveur de l'innovation.

Il a également indiqué qu'à l'horizon 2030, un jeune sur quatre dans le monde sera africain, représentant le plus grand réservoir de main d’œuvre dans le monde. « Il est inacceptable que les parents africains soient obligés d’utiliser toutes leurs économies ou de vendre leur terre pour envoyer leurs enfants étudier dans des universités à l’étranger, afin qu’ils puissent poursuivre une éducation de qualité et obtenir de bons emplois. Nous devons accroître les investissements dans la recherche scientifique dans nos pays. Nos meilleurs éléments partent étudier à l’étranger et y restent. Nous devons trouver les moyens de les faire revenir. » a déclaré le président Kaberuka.

Il a souligné la nécessité d’entreprendre des réformes dans le secteur de l’éducation pour faire face aux défis de la croissance démographique et permettre l’accès à l’éducation pour tous, notamment les plus défavorisés.  « L'Afrique est aujourd'hui en mouvement. Les sciences, la technologie et l'innovation sont essentielles pour maintenir notre élan. Notre vision est claire, mais nous devons faire plus pour la défendre - l'équité sociale, la protection de l'environnement et un développement économique durable et écologique font partie d'un seul et même programme », a déclaré Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO. « Nous avons besoin d'un programme de recherche scientifique intégré pour mieux comprendre le monde, identifier les limites et les points critiques ».

Erastus Mwencha, vice-président de la Commission de l'Union africaine, a également affirmé le soutien de l'Union africaine pour permettre à l'Afrique d'assurer son autonomie dans les STI.

La conférence ministérielle s'est terminée par la signature de la « Déclaration ministérielle de Nairobi sur les sciences, la technologie et l’innovation » et une cérémonie de remise de prix qui a récompensé  cinq Kenyans ayant participé à une exposition organisée en parallèle du Forum.

L’exposition « L'Afrique en mouvement » a présenté des innovations africaines dans des domaines allant de l'application des TIC à la santé, à l'agriculture et à l'éducation. Les prix ont été remis par le président Kibaki.

La Déclaration ministérielle contient une série de mesures pour favoriser l’exploitation des STI pour le développement durable.

Les résultats et les recommandations du Forum, y compris la Déclaration ministérielle, constitueront une contribution aux prochaines initiatives sur les sciences et les technologies en Afrique, notamment les réunions annuelles de la Banque africaine de développement et la Conférence ministérielle africaine sur les sciences et la technologie (AMCOST) qui se tiendront en mai 2012, et la réunion « La science avec l'Afrique » qui aura lieu en juin 2012.

Accueilli par le gouvernement du Kenya, à travers le ministère de l'Enseignement supérieur, de la science et de la technologie, le Forum de Nairobi a été organisé par la Banque africaine de développement (BAD), l’Union africaine (UA), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) et l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA).

L’ADEA a en outre organisé, la veille du Forum, une formation pour plus d’une trentaine de journalistes.


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Julius Ecuru - Uganda 14/04/2012 12:10
Your Excellencies, thank you for lifting the profile of science, technology and innovation high on Africa's growth and development agenda. I agree Africa is on the move to becoming an innovation hub. Let subsequent meetings carry this journey further by making some specific goals and targets which will drive innovation and entreprenuership in the continent.



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