Ratification de l’Accord de Paris sur le changement climatique : les pays africains en pole position

03/10/2016
Share |

Le 21 septembre 2016, neuf pays africains ont déposé leurs instruments de ratification de l’Accord mondial de Paris sur les changements climatiques, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Une démarche qui entérine leur engagement en faveur d’un modèle de développement respectueux du climat et qui permet à la communauté internationale de faire un pas de plus vers la concrétisation de l’Accord en une réalité mondiale. Dans la foulée de l’Assemblée générale, le Mali a également déposé ses documents de ratification, le 28 septembre 2016.

L’Accord de Paris doit entrer en vigueur trente (30) jours après que 55 pays au moins, représentant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), auront déposé leurs instruments de ratification. Les pays africains qui l’ont ratifié portent à 61 le nombre total de pays à avoir ratifié l’Accord, ce qui représente 47,79 % des émissions mondiales de GES.

Sept des pays africains qui ont ratifié l’Accord sont des pays pilotes pour les Fonds d’investissement climatique (FIC) dotés de 8,3 milliards de dollars  EU : Cameroun, Ghana, Mali, Madagascar, Maroc, Niger et Ouganda. Dans ce cadre, ceux-ci mettent en œuvre des programmes axés sur des plans d’investissement qui lient leurs actions en faveur du climat à leurs politiques nationales de développement respectives, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). Désormais, Ces sept pays fonderont leurs décisions en matière de climat sur les contributions déterminées au niveau national (CDN) qu’ils ont soumises, qui définissent leur feuille de route pour contenir leurs émissions de GES, conformément aux ambitions globales de l’Accord de Paris en vue d’un avenir climatique sûr.

« L’Afrique connaît un déficit à double tranchant, à savoir un sous-développement chronique et une très grande vulnérabilité aux changements climatiques », a déclaré Kurt Lonsway, chef de la division de l’énergie et du changement climatique à la Banque. Et d’ajouter : « Néanmoins, plus du quart des pays africains menant des programmes pilotes FIC ont déjà ratifié l’Accord de Paris. Cet effort concerté de la part de pays africains en développement pour mettre leur action en faveur du climat à l’avant-scène de leur processus de développement est un signe d’espoir très positif pour le succès de l’Accord », a noté Kurt Lonsway, par ailleurs responsable du portefeuille FIC de la BAD.

Selon le chef de la division de l’énergie et du changement climatique de la BAD, ces sept pays montrent la voie à suivre à tous ceux qui sont confrontés au même dilemme du développement et de la préservation du climat. « La Banque est fière de travailler avec ces pays et est en train de révolutionner sa propre approche institutionnelle pour mieux appuyer leurs objectifs qui évoluent et s’y adapter », a-t-il poursuivi.

Ont ratifié l’Accord de Paris parmi les pays africains bénéficiaires des financements des FIC :

Cameroun - Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire de 32 % ses émissions de GES d’ici à 2035, sous réserve d’un soutien financier. Il prépare actuellement un programme FIC d’investissement pour la forêt. Ses CDN englobent, dans les secteurs des FIC, l’agriculture, les forêts et l’énergie.

Ghana - Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire sans condition de 15 % ses émissions de GES et à porter cette baisse à 45 % à l’horizon 2030 sous réserve d’un appui financier. Le pays bénéficie d’un programme FIC d’investissement pour la forêt avec un projet approuvé et élabore actuellement un plan d’investissement dans le cadre du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP par sigle en anglais). Les secteurs liés aux FIC couverts par ses CDN incluent l’énergie, l’agriculture, la foresterie et d’autres domaines liés à l’utilisation des terres.

Madagascar - Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire de 14 % ses émissions de GES à l’horizon 2030, sous réserve d’un appui financier. Il prépare des plans d’investissement dans le cadre du programme SREP des FIC et du Programme pilote pour la résilience climatique (PPRC). Ses CDN couvrent, parmi les secteurs relatifs aux FIC, l’énergie, l’agriculture, l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie.

Mali - Avec ses CDN, le pays s’engage, sous réserve d’un appui financier, à réduire ses émissions de GES de 29 % dans le secteur agricole, de 31 % dans le secteur énergétique et de 21 % dans le secteur forestier à l’horizon 2030. Il bénéficie d’un plan d’investissement FIC dans le cadre du programme SREP des FIC qui porte sur des projets dans les énergies renouvelables et les mini-réseaux et sur la participation du secteur privé. Les secteurs liés aux FIC que couvrent ses CDN englobent l’agriculture, les forêts, l’énergie et l’utilisation des terres.

Maroc ­- Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire sans condition de 17 % ses émissions de GES et de 42 % sous réserve d’un appui financier à l’horizon 2030. Le Maroc bénéficie d’un plan d’investissement FIC dans le cadre du Fonds pour les technologies propres (dit FTP ou CTF par sigle anglais), grâce auquel  plusieurs projets phares d’intérêt mondial ont été élaborés. L’énergie est l’un des secteurs liés aux FIC que couvrent ses CDN.

Niger - Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire sans condition de 3,5 % ses émissions de GES à l’horizon 2030, et jusqu’à 34,6 % sous réserve d’un appui financier. Il bénéficie d’un plan d’investissement dans le cadre du programme PPRC avec des projets approuvés dans les domaines de de l’information sur le climat et de la gestion des ressources en eau. Les secteurs liés aux FIC que couvrent ses CDN englobent l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie.

Ouganda - Avec ses CDN, le pays s’engage à réduire ses émissions de GES de 77,3 millions de tonnes de CO2 par an à l’horizon 2030. L’Ouganda bénéficie d’un plan d’investissement dans le cadre du programme SREP avec des projets à développer dans l’énergie solaire et géothermique. Les secteurs liés aux FIC et couverts par ses CDN incluent l’énergie et les infrastructures.