Energies renouvelables : Le FAER clôture son premier tour de table avec 100 millions $ et des investissements de la BAD et de SEFA

13/03/2014
Share |

  • Le siège du FAER sera basé à Nairobi
  • Eddie Njoroge, désigné membre du comité d'investissement du FAER

Le Fonds africain des énergies renouvelables (FAER), dédié aux énergies renouvelables en Afrique subsaharienne, a été officiellement mis sur pied, le 12 mars 2014, avec un engagement de capitaux de 100 millions de dollars EU. Le FAER a un objectif : appuyer les petites et moyennes entreprises de production d'énergie indépendantes (PEI).

Le FAER, dont le siège sera basé à Nairobi, ambitionne d’atteindre 200 millions de dollars EU de capitaux dans les 12 prochains mois. Ces fonds seront investis dans des projets d'énergies renouvelables raccordées au réseau, en phase de développement : petite hydroélectricité, énergie éolienne, solaire ou géothermique, biomasse et gaz de combustion.

Le FAER qui, à l’origine, est le fruit des efforts conjoints de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER) et de la Banque africaine de développement (BAD), sera géré par Berkeley Energy Africa Limited (Berkeley Energy), une société de gestion de fonds spécialisée dans le développement et l’investissement dans des projets d'énergies renouvelables sur les marchés émergents. S'adressant aux petites et moyennes entreprises qui produisent entre 5 et 50 mégawatts, le Fonds propose d'engager quelque 10 à 30 millions de dollars EU par projet, avec la possibilité, si besoin était, de lever des fonds supplémentaires auprès de co-investisseurs.

Le FAER a pour partenaires principaux la BAD et son Fonds des énergies renouvelables pour l’Afrique (en anglais “Sustainable Energy Fund for Africa” ou SEFA). Chacun d’eux y participe à raison de 25 millions de dollars EU, sous forme de prises de participations, outre la mobilisation de 4,5 millions de dollars EU auprès du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). De plus, le SEFA contribuera à hauteur de 10 millions de dollars EU à la Facilité d'appui au projet (FAP), laquelle permettra de déployer rapidement des ressources pour structurer des projets “bancables”. Le montant total que la BAD aura mobilisé s’élève donc à 65 millions de dollars EU, qui serviront à attirer d’autres investisseurs pour les premiers investissements commerciaux et institutionnels pour le FAER.

« Au cours des dix dernières années, la BAD s'est imposée comme le premier catalyseur d’investissements dans les énergies renouvelables sur le continent. Elle abrite actuellement la plateforme africaine de l'initiative “Énergie durable pour tous” (“Sustainable Energy for All”, SE4ALL en anglais, Ndlr). En tant que plus grand partenaire du financement des infrastructures en Afrique, nous comprenons combien il est important de soutenir à la fois les projets à grande et à petite échelles, dans le cadre de notre stratégie de promotion d'une croissance durable et inclusive en Afrique. Nous sommes heureux de nous voir confier des initiatives spéciales comme le SEFA, financé par DANIDA et USAID, dont le rôle et les ressources ont servi de catalyseur pour faire du FAER une réalité », a commenté Gabriel Negatu, directeur régional de la BAD au Centre régional de ressources de l’Afrique de l'Est.

Le groupe d'investisseurs du FAER compte également la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), le Fonds néerlandais FMO, la Calvert Investments, la Berkeley Energy et la SABER.

La SABER, qui appartient à 15 nations africaines et cinq institutions financières, est une société spécialisée dans le développement, la gestion et le conseil pour des initiatives et projets d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique, tant du secteur privé que public.

Pour son Pdg, Thierno Bocar Tall, « la SABER est fière de voir sa vision d'un Fonds africain des énergies renouvelables devenir réalité. Cette initiative, fruit d'une étroite collaboration entre la BAD, Berkeley Energy et la SABER, représente un jalon important pour la réalisation du potentiel d'énergies renouvelables dans les marchés subsahariens. En tant qu'initiative d'investissement du secteur privé, le FAER est un élément crucial de la stratégie de la SABER, qui comprend des activités d'investissement, de développement et de conseil relatives à des projets d'énergies renouvelables à travers l'Afrique. »

La BAD a choisi Berkeley Energy comme gestionnaire du FAER à l'issue d'un processus compétitif. À son siège social sur l'île Maurice, Berkeley Energy ajoutera un siège opérationnel à Nairobi, ainsi qu'un autre bureau en Afrique de l'Ouest. Son équipe est composée de TC Kundi, directeur associé ; Alastair Vere Nicoll, associé ; Andrew Reicher, président ; Luka Buljan, directeur d'investissement et chef de projet FAER ; ainsi que des membres du comité d'investissement, tels que Thierno Bocar Tall, Pdg de la SABER, et Eddie Njoroge, ex-Pdg de la compagnie Kenya Electricity Generating Company (KenGen).

« Nous sommes ravis de nous voir confier ce mandat par la BAD et les autres catalyseurs d’investissements de la première clôture du FAER », a déclaré TC Kundi, directeur associé de Berkeley Energy. « Le lancement d'un premier fonds panafricain dédié aux énergies renouvelables, dont le centre de gravité se trouve en Afrique et dont la plus grande partie du capital provient d'Afrique, à un moment crucial où l'évolution des facteurs macro-économiques est favorable à l'Afrique, crée un environnement propice aux investissements du FAER. Nous souhaitons utiliser l'expérience technique et financière de Berkeley Energy pour veiller à ce qu'une partie des besoins croissants en énergie de l’Afrique soit satisfaite grâce à des projets d'énergies propres, développés de manière responsable, qui amélioreront le mix de production et maximiseront l'utilisation des ressources locales ».

Pour Nanno Kleiterp, Pdg du fonds néerlandais, « le FMO est fier de figurer parmi les investisseurs dans la première clôture du Fonds africain des énergies renouvelables et enchanté que celui-ci ait réussi à lever 100 millions de dollars EU. Ce jalon est synonyme d'un capital-risque accru pour les projets d'énergies renouvelables en Afrique subsaharienne, ce qui s'inscrit dans la droite ligne de la stratégie d'investissement du FMO. Le FMO entretient d'excellents rapports avec Berkeley Energy, gestionnaire du FAER, à travers sa contribution au Fonds asiatique pour les énergies renouvelables. Nous pensons que Berkeley est bien placée pour jouer un rôle majeur dans le développement futur du secteur naissant mais prometteur des énergies renouvelables en Afrique. Nous sommes également impressionnés par le rôle de premier plan de la Banque africaine de développement dans la promotion de ce Fonds, qui réunit des investisseurs privés et publics d'Afrique, des États-Unis et d'Europe, autour d'une remarquable première clôture. »

Pour Bassary Touré, vice-président de la BOAD, « l'accès des populations à des sources d'énergies propres et renouvelables est l'un des principaux objectifs fixés par la BOAD. Ainsi, cette prise de participation au capital du FAER permettra d'élargir l'action de la BOAD dans la région. »

« La Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) est la branche financière de la CEDEAO, a déclaré, pour sa part, Ousmane Bocoume, directeur des opérations du secteur privé de la BIDC. Le Fonds africain des énergies renouvelables était en fait, au départ, une initiative conjointe de la CNUCED et de la BIDC qui, de concert, ont décidé de créer un instrument dédié exclusivement au financement de projets d'énergies renouvelables. Cette initiative, à travers la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER) et la BAD, a abouti à la création du Fonds africain des énergies renouvelables que nous sommes en train de lancer. C'est donc en tant qu’initiateur de cette grande idée, que la BIDC est heureuse d'assister à la conclusion du projet et de participer à son lancement aujourd'hui. Remplis d'espoir pour l'avenir de notre Fonds, nous transmettons nos meilleurs vœux de réussite à l’équipe du FAER. Nous sommes convaincus que Berkeley Energy, notre gestionnaire, saura surmonter tous les défis. »