9e Symposium africain pour le développement de la statistique : Les données au cœur du processus de développement

18/02/2014
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Focus sur le lien entre statistiques de l’état civil et bonne gouvernance en Afrique

Le 9e Symposium africain pour le développement de la statistique s’est ouvert, lundi 17 février à Gaborone, capitale du Botswana, sous le thème “Promotion de l’utilisation des systèmes d’enregistrement  et de statistiques d’état civil pour soutenir la bonne gouvernance en Afrique”.

Suite à l’appel qu’a récemment lancé le Groupe de haut niveau des Nations unies sur le programme de développement post-2015, selon lequel personne – quel(le) que soit l’origine ethnique, le sexe, le lieu de vie, le handicap, la race ou les autres critères – ne devrait être privé des droits de l’homme universels ni des moyens de satisfaire à ses besoins fondamentaux, les orateurs ont tenu à souligner, lors de la cérémonie d’ouverture, l’importance de disposer de données fiables afin de garantir un développement durable et inclusif.

Le thème du symposium « survient à un moment où la plupart des pays africains appliquent des stratégies de développement à moyen terme qui se fondent sur des statistiques de qualité pour orienter le processus », a déclaré Charles Lufumpa, directeur du Département de la statistique de la Banque africaine de développement (BAD), dans son discours d’ouverture. « Il arrive aussi à un moment, où la communauté internationale prépare la transition vers le programme de développement durable post-2015, dans lequel l’éradication de la pauvreté, la croissance inclusive élargie et la bonne gouvernance sont centrales ».

« La voie de ce développement requiert une “révolution des données”, capable d’appuyer le programme post-2015, ce qui met en relief la nécessité de disposer de données de base désagrégées, qui permettent de suivre les références, les cibles et les impacts du développement ».

Aux dires des experts, ces cibles et impacts du développement sont mesurables seulement si l’on dispose de données fiables au départ, où figurent les naissances, décès, mariages et autres statistiques cruciales régulièrement mises à jour.

« Plus de 100 pays en développement de par le monde sont dépourvus de systèmes d’enregistrement et de statistiques d’état civil complets et fonctionnels », a expliqué Ponatshego Kedikilwe, vice-président du Botswana, qui a mis l’accent sur la nécessité de statistiques crédibles pour évaluer les programmes de développement, assurer la bonne gouvernance et prioriser les activités de financement.

« Le scandale de l’invisibilité est un scénario dans lequel de nombreux êtres humains, après leur naissance, ont une présence non documentée tout au long de leur vie sur terre. Et ils disparaissent, finalement, sans avoir été pris en compte, essentiellement parce qu’ils ne figurent tout simplement pas dans les archives gouvernementales », a-t-il ajouté, soulignant que ce manque de visibilité aboutit à l’exclusion sociale.

La problématique de l’identité est étroitement liée aux droits de l’homme : le droit à la protection, à l’éducation et à l’emploi ; le droit à la propriété, à la migration et au mariage ; et le droit de vote.

À cette fin, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et la Commission de l’Union africaine (CUA), de concert avec d’autres partenaires au développement, collaborent avec les gouvernements africains, afin de renforcer les capacités et d’améliorer les processus de collecte et d’harmonisation des données à travers le continent.

Le vice-président du Botswana a indiqué que le gouvernement de son pays, en collaboration avec la BAD et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), entreprenait actuellement une évaluation complète de son système d’enregistrement et de statistiques d’état civil. « Cette évaluation a été entreprise dans l’optique d’un plan stratégique quinquennal, destiné à guider la mise en œuvre et les systèmes de suivi/ évaluation, à déterminer le caractère opportun de l’enregistrement des faits importants, des ressources nécessaires et des responsabilités des parties prenantes », a-t-il déclaré, formulant le souhait que la réussite du projet soit partagée avec d’autres pays africains.

Prenant la parole à son tour, Stefan Schweinfest, directeur par intérim de la Division de la statistique de l’ONU au Département des affaires économiques et sociales, basé à New York, a félicité les organisateurs du symposium, qu’il a qualifié de « fortement pertinent » et « opportun ». « Ce symposium se déroule bien en Afrique, mais il est d’une dimension mondiale », a-t-il déclaré. « Pour le dire en une phrase simple : le développement durable devra être soutenu par des statistiques durables ».

Organisé conjointement par la BAD, la CEA, la Commission de l’UA, l’instance sud-africaine “Statistics South Africa” et le gouvernement du Botswana, le 9e Symposium africain pour le développement de la statistique s’achève le vendredi 21 février. Cette rencontre sur cinq jours aura réuni quelque 450 participants représentant des bureaux de la statistique et d’état civil africains, des institutions panafricaines, des économistes, chercheurs, statisticiens, analystes et des partenaires du développement venus de toute l’Afrique.

Sont escomptés, à la fin des travaux du 9e symposium :

  • Une déclaration précisant l’engagement des bureaux d’état civil et des services nationaux de statistique dans l’accélération des efforts visant à réformer la gestion et le fonctionnement des systèmes d’enregistrement et des statistiques d’état civil, afin de promouvoir la bonne gouvernance sur le continent.
  • L’adoption de stratégies nationales pour mettre en œuvre les processus les plus efficients qui permettent d’adopter des  systèmes d’enregistrement et de statistiques d’état civil dans les plus brefs délais.
  • Une feuille de route avec un échéancier pour procéder au développement de systèmes d’enregistrement et de statistiques d’état civil nationaux dans les différents pays, qui soient conformes aux déclarations de la 2e Conférence des ministres des systèmes d’enregistrement et de statistiques d’état civil.
  • Une déclaration portant sur l’inclusion d’autres domaines statistiques pour la période courant jusqu’en 2063.