Facilité africaine de l’eau : Assurer la sécurité en eau de la Tunisie à long terme

07/07/2016
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La Facilité africaine de l’eau (FAE) a donné son feu vert pour un don de 1,4 million d’euros à la Tunisie, destiné à aider le pays à gérer ses ressources en eau de manière équitable, durable et efficiente. En l’occurrence, ce don servira à mettre en œuvre le projet « Elaboration de la vision et de la stratégie du secteur de l’eau à l’horizon 2050 », dont l’approche de gestion intégrée favorise le développement socioéconomique du pays.

Un pays sous le seuil de stress hydrique. La majeure partie du territoire tunisien, situé entre la Méditerranée et le Sahara, est aride. Avec 450 m3 d’eau par an et par habitant en 2015, le pays se trouve déjà sous le seuil de stress hydrique ; une situation qui risque de se dégrader d’ici à 2030. Estimé à 4 766 millions m3 par an (55 % sont des eaux de surface et 45 % des nappes d’eau souterraine), le potentiel hydrique conventionnel de la Tunisie est, en effet, mobilisé dans sa quasi-totalité.

Un référentiel unique d’intervention. «Trois éléments majeurs se dessinent dans le déroulement du projet. Il s’agit tout d’abord d’élaborer une vision, une stratégie et des plans d’action pour la mise en œuvre, a précisé Mohamed El Azizi, directeur de la FAE. Nous fournirons également une assistance technique. La gestion du projet sera ensuite menée avec la participation des acteurs. Notre objectif est que la stratégie du secteur de l’eau à l’horizon 2050 constitue pour la Tunisie un référentiel unique d’intervention pour tous ».

Droit à l’accès à l’eau. À l’origine, le projet Eau 2050 avait été lancé dans le cadre du Plan quinquennal de développement socioéconomique de la Tunisie 2009-2014. Puis il a été mis en attente à partir de mars 2014, à la suite des bouleversements sociopolitiques que vivait le pays depuis la fin de l’année 2010. La mise en place de nouvelles structures politiques en 2014, avec une nouvelle feuille de route pour le projet Eau 2050, permet aujourd’hui de relancer le projet. Parmi les obligations imposées par la nouvelle Constitution, figurent ainsi le droit à l’accès à l’eau pour tous les citoyens, la conservation et la gestion durable de l’eau, le principe de discrimination positive en faveur des régions défavorisées ainsi que la décentralisation et la gouvernance locale.

Les partenaires. D’un coût total de 2 655 000 euros, le projet « Elaboration de la vision et de la stratégie du secteur de l’eau à l’horizon 2050 » est cofinancé par trois dons : la FAE participe à hauteur de 1 345 000 euros ; la Banque de développement allemande KfW s’est engagée pour un minimum de 950 000 euros ; et l’organisme de coopération technique allemand GIZ a promis 281 000 euros. Quant au gouvernement tunisien, celui-ci participera à hauteur de 79 000 euros minimum. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche est chargé de la mise en œuvre.