Facilité africaine de l’eau : Améliorer la résilience du Mozambique au changement climatique et réduire sa vulnérabilité aux inondations

08/09/2016
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Pour développer l’assainissement urbain, le drainage et la gestion des déchets solides au Mozambique, la Facilité africaine de l’eau (FAE) accorde un don de 1,8 million d’euros. Elle financera un plan et des études de faisabilité pour les municipalités de Chimoio (Nord-ouest) et Inhambane (Sud). Les 310 000 habitants de ces régions sont confrontés à de sérieux problèmes d’inondations et d’assainissement.

« Les études ouvriront la voie à des investissements permettant d’améliorer la résilience climatique et la santé dans ces deux municipalités. Cet objectif sera atteint grâce à l’amélioration de l’assainissement, du drainage et de la gestion des déchets solides. Non seulement nous réduirons le risque d’inondation, mais nous allons également améliorer la santé des habitants. Le plan de développement couvrant les 20-25 prochaines années entraînera une augmentation des investissements pour l’adaptation au changement climatique, en particulier dans les infrastructures et services en matière d’assainissement, de drainage et de gestion des déchets solides, à hauteur de 30 millions d’euros d’ici à 2020 », a déclaré Mohamed El Azizi, directeur de la FAE.

Le Mozambique souffre d’inondations récurrentes. Elles sont dues à une combinaison de plusieurs facteurs : mauvais drainage des eaux pluviales, crues fluviales et submersions marines pendant les tempêtes. La couverture sanitaire dans le pays est faible. Dans les zones urbaines, seulement 55 à 60% de la population ont accès aux services d’assainissement. Cette situation s’est aggravée au cours des dernières années, les ressources affectées à ce secteur étant limitées. La situation est encore plus dramatique à Chimoio et Inhambane, où la mortalité infantile est élevée (58 pour 1 000 à Inhambane et 114 pour 1 000 dans la zone de Chimoio, alors que la moyenne nationale est de 89,7 pour 1 000). L’ancien système de drainage par canalisation dans ces municipalités s’est effondré. Certains ménages, dans les parties centrales de la ville, ont relié leur système d’eaux usées au système de drainage. La plupart d’entre eux comptent sur les fosses septiques. Dans les régions moins densément peuplées, d’autres dispositifs d’assainissement autonome sont utilisés, comme les latrines. Seules les parties les plus centrales de la ville ont un système de collecte des déchets solides.

L’étude appliquera les principes de la GIEU. L’approche de gestion intégrée de l’eau en milieu urbain (GIEU) a été identifiée comme la meilleure option pour traiter, sur une base pilote, les besoins de ces municipalités. La GIEU est un processus de développement qui encourage les villes à adapter certaines pratiques de planification et de gestion efficaces, en tenant compte de leur réalité et du contexte socioéconomique local. Avec la GIEU, les eaux usées et les boues de vidange sont considérées comme des ressources potentielles. En effet, l’eau grise peut être réutilisée pour l’irrigation des espaces verts, pour l’agriculture urbaine ou pour les processus industriels, dans le respect de la réglementation sur l’utilisation des eaux usées. De plus, les nutriments peuvent être utilisés pour la production d’engrais, d’énergie (méthane, biogaz) ou de carburant (boue séchée). L’assainissement et la gestion des eaux usées ne sont ainsi plus seulement vues comme des options techniques, mais comme des opportunités d’affaires qui peuvent générer des revenus, des retombées sur l’emploi, un impact positif sur l’environnement et une amélioration de l’habitat et de la qualité de vie.

Déroulement du projet. Le coût total est estimé à 1 782 800 euros, dont 1,6 million avancé par la FAE. Le Global Water Partnership participera à hauteur de 80 000 euros, et la république du Mozambique contribuera à hauteur de 102 800 euros. Chaque euro investi devrait permettre de générer 20 euros supplémentaires en investissements de suivi. Le calendrier fixé prévoit une durée de plus de 22 mois, dont 14 seront consacrés aux études techniques et six aux études d’impact environnemental et social.