Monrovia : la FAE lance un projet novateur d’assainissement et d'hygiène

11/04/2013
Share |

Un projet novateur pour l’amélioration de l’assainissement et de l'hygiène (en anglais Fostering innovative sanitation and hygiene, FISH) a été lancé, le 10 avril 2013, dans la capitale libérienne, Monrovia. Une quarantaine de personnes, dont des représentants des bénéficiaires et des partenaires au développement ont assisté à la cérémonie d’inauguration.

La Facilité africaine de l'eau (FAE), un fonds géré par la Banque africaine de développement (BAD), a accordé un don de 1,2 million d’euros à la mairie de Monrovia (Monrovia City Corporation, MCC), venu appuyer un projet visant à permettre à plus de 800 000 habitants des taudis urbains de Monrovia d’accéder à des services d'assainissement et d'hygiène durables et abordables.

Il s’agit là de la première initiative prise par le gouvernement, depuis la fin de la guerre civile en 2003, pour fournir des services de gestion des boues de vidange dans les zones pauvres et non desservies du Libéria.

Ce long conflit avait entraîné l’arrêt de l'entretien et du développement des infrastructures, en particulier dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement. Or la situation continue de se détériorer dans les quartiers informels et non desservis de Monrovia, qui abritent 70 % de la population de l’agglomération, laquelle n’a donc toujours pas accès à l’eau salubre ni à l’assainissement de base.

Grâce à son approche communautaire, le projet entend renforcer, de manière pérenne, la gestion des boues de vidanges à l’échelle de toute la ville. Il vient compléter les efforts déployés par le gouvernement libérien et les partenaires au développement pour améliorer le taux d'accès à ces services. Il permettra, surtout, de réduire l’exposition des plus démunis en milieu urbain aux maladies liées à la contamination de l'eau, causée par la défécation en plein air et les débordements des fosses septiques.

Le don de la FAE couvrira 86 % des coûts liés à la mise en œuvre d'un système de gestion efficace et durable des boues de vidange, qui prévoit la construction et la réhabilitation des infrastructures d'assainissement, ainsi que la production d'engrais à moindre coût à partir des boues de vidange collectées.

« La Banque africaine de développement attend beaucoup de ce petit projet qu’elle salue. Le projet a été défendu avec enthousiasme par l'ancienne mairesse intérimaire, Mary Broh », a déclaré Margaret Kilo, représentante résidente de la BAD au Libéria.

« Nous sommes honorés d'avoir l'occasion de relancer le secteur de l’eau et de l'assainissement dans les quartiers de Monrovia, et heureux de répondre aux besoins des citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables, a indiqué à son tour Akissa Bahri, coordonnatrice de la FAE. Il s'agit d'un projet bien pensé. Ses nombreux avantages aideront à rétablir la santé et la dignité des habitants, à stimuler la croissance économique des collectivités et à améliorer la sécurité alimentaire. »
« La ville de Monrovia a une tâche ardue : nous avons, de notre propre initiative, pris l’engagement de devenir l'une des villes africaines les plus propres et les plus vertes au cours des trois prochaines années. Nous sommes reconnaissants envers la Facilité africaine de l'eau et les autres partenaires au développement, et nous attendons avec impatience le succès de la mise en œuvre du projet FISH. En même temps, nous nous efforçons de fournir des prestations complètes à la ville de Monrovia », a précisé Henry Reed Cooper, maire intérimaire de la ville de Monrovia.

Le projet couvre, entre autres :
• la promotion des entreprises communautaires et des équipes de gestion, en vue de renforcer l'appropriation locale du projet ;
• la participation des artisans locaux à la construction des fosses septiques nécessaires, comme moyen de créer de l'emploi local ;
• l'utilisation d'un modèle de partenariat public-privé pour les services de vidange et une bonne couverture des zones qui seraient, autrement, ignorées par le secteur privé ;
• l’apport d'une assistance technique pour élaborer une stratégie de marketing pour la vente de l'engrais issu des boues de vidange, afin d'assurer un bon accueil du projet par les agriculteurs locaux.

On espère que le projet, dont le premier décaissement est prévu d’ici le 21 avril 2013, s’étendra à l'ensemble des zones non desservies de Monrovia, et sera reproduit dans d'autres zones urbaines à travers tout le Liberia.