Ghana : recycler les déchets et optimiser les services d’assainissement, au bénéfice des populations urbaines pauvres

08/11/2013
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La Facilité africaine de l’eau (FAE) a accordé une subvention de 1 million de dollars EU à l’ONG TREND (“Training, Research and Networking for Development”), en faveur d’un programme d’assainissement innovant, qui jouit d’une collaboration tripartite – entre TREND, la société locale Safi Sana Ghana Limited et l’assemblée municipale d’Ashaiman (région du Grand Accra). Le projet consiste à transformer les déchets en engrais biologiques et en énergie, tout en fournissant des services d’assainissement abordables et durables aux communautés urbaines pauvres du district d’Ashaiman à Accra, qui en sont toujours dépourvues.

La subvention de la FAE permettra, notamment, de financer la construction d’une centrale de traitement des déchets, capable de produire 500 tonnes de fertilisants et 580 000 kWh d’électricité par an à partir du biogaz généré. Le projet contribuera ainsi à améliorer l’hygiène, la santé et la qualité de vie de quelque 125 000 citadins démunis, en leur donnant accès à de nouveaux services d’assainissement fiables, grâce à l’extension de la couverture d’assainissement d’Ashaiman.

« La Facilité africaine de l’eau apporte son soutien à des projets de recyclage de ressources, puisqu’il est prouvé qu’ils peuvent résoudre d’un coup de nombreux problèmes, notamment dans un contexte de rareté des ressources et de faible accès aux engrais abordables et à l’énergie », précise Akissa Bahri, coordonnatrice de la Facilité africaine de l’eau. Et d’ajouter : « Alors que les systèmes de recyclage aident à réduire la pollution environnementale, les déchets transformés et vendus comme engrais fournissent des nutriments abordables, dont les fermiers et leurs familles ont besoin pour leurs sols. Les biogaz générés à partir des déchets sont aussi une source d’énergie plus fiable, plus propre et plus abordable pour les communautés économiquement défavorisées. C’est clairement une opportunité “gagnant-gagnant” tant pour les communautés urbaines pauvres, que pour le secteur privé et l’environnement. »

Représentante résidente de la Banque africaine de développement au Ghana, Marie-Laure Akin-Olugbade a répété l’engagement de la Banque à promouvoir les interventions innovantes et les énergies renouvelables en Afrique. Elle a invité toutes les parties prenantes à appuyer les accords tripartites du projet, afin d’en assurer la mise en œuvre, la réalisation des résultats attendus et sa duplication potentielle dans d’autres municipalités, au Ghana et ailleurs.

Le projet devrait contribuer à accroître les investissements privés dans le sous-secteur de l’assainissement, et à stimuler le développement commercial et économique, en mettant en avant des business modèles relatifs à la prestation de services d’assainissement améliorés, qui soient attrayants et reproductibles. Au vu de la baisse des ressources naturelles et de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et du pétrole, mener une réflexion innovante s’avère inévitable. Or la transformation de déchets en engrais biologiques et en énergie pourrait se révéler une activité fort lucrative.

Les aspects innovants de ce projet incluent :

  • la récupération d’énergie et de nutriments, à partir des matières fécales et des déchets organiques ;
  • la création d’opportunités commerciales liées à la vente de produits dérivés des déchets ;
  • l’implication du secteur privé dans le secteur de l’assainissement et la génération de revenus pour tous les opérateurs – et leur personnel – de la chaîne logistique (de la collecte au transport, en passant par le traitement et la réutilisation) ;
  • l’opportunité de démontrer comment la nouvelle loi sur l’énergie dont s’est doté le Ghana peut être mise en œuvre, à travers de petits projets d’investissements stratégiques avec la participation du secteur privé et de la société civile ;
  • la promotion de services d’assainissement optimisés et d’un changement de comportement en matière d’hygiène.

Officiellement, le projet a été lancé dans la foulée de la cérémonie de signature de la subvention, qui a eu lieu à Accra, capitale du Ghana, le 31 octobre 2013, en présence des représentants respectifs de l’Assemblée municipale d’Ashaiman, de la FAE, de la BAD, de la Commission pour l’énergie et du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, de la société spécialisée Safi Sana Ghana Limited et de l’ONG locale TREND.