Envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre : « Les femmes africaines peuvent transformer le continent »

30/01/2015
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Les femmes africaines peuvent être des agents du changement pour transformer le continent à tous les niveaux et elles le seront. Tel est le message qu’a délivré Geraldine J. Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la Banque africaine de développement (BAD) sur les questions de genre, lors de la réunion ministérielle consultative sur les questions de genre, qui s’est tenue du 20 au 22 janvier 2015 à Addis Abeba, en Éthiopie, en préparation du 24e Sommet de l’Union africaine (UA).

« Promouvoir l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes doit être au cœur des actions que la BAD engage pour susciter une croissance inclusive en Afrique. Les femmes continuent de jouer un rôle central dans l’élimination de l’extrême pauvreté, dans la promotion de l’éducation et la concrétisation de la croissance économique à travers le continent », a-t-elle déclaré.

Le discours de Mme Fraser-Moleketi intervient alors que l’Union africaine vient de consacrer l’année 2015 comme « Année de l’autonomisation des femmes et du développement de l’Afrique pour la concrétisation de l’Agenda 2063 ». Cette thématique du 24e Sommet de l’UA coïncide également avec le 20e anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (1995), avec le 5e anniversaire de la Décennie de la femme africaine (2010-2020), le 15e anniversaire de la Résolution 1325[*] du Conseil de sécurité des Nations Unies et avec la finalisation du Programme de développement post-2015.


« Faisons preuve d’audace pour faire avancer l’agenda africain de l’après-2015 », Geraldine J. Fraser-Moleketi - Envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre


La Banque africaine de développement est pleinement convaincue que les femmes sont une véritable force pour la croissance et le développement partout en Afrique, a déclaré L’envoyée spéciale sur les questions de genre. De fait, les femmes contribuent grandement à la vie économique, en tant que travailleuses et entrepreneuses, et au bien-être de leurs familles. Reste que dans de nombreux pays africains, l’inégalité d’accès à la propriété, la discrimination sur le marché du travail et les difficultés que rencontrent les femmes dans les affaires limitent la portée de leur participation à la croissance et au bien-être de leur pays. Or, supprimer les obstacles de ce type favorise l’autonomisation des femmes et libère le plein potentiel économique des pays.

Mme Fraser-Moleketi a souligné que l’histoire de la croissance de l’Afrique n’avait pas été inclusive. Avant d’ajouter que des efforts accrus et soutenus étaient nécessaires pour permettre aux femmes de participer au processus de transformation, et d’en bénéficier. Libérer le potentiel économique des femmes permet de briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté et de s’assurer que la croissance africaine soit à la fois inclusive et durable.

L’envoyée spéciale sur les questions de genre a précisé que favoriser les efforts d’autonomisation économique des femmes était au cœur de la Stratégie décennale de la BAD ; avant d’ajouter que les disparités de revenus, qui vont croissant actuellement en Afrique, pouvaient être endiguées, voire corrigées.

En cette année 2015, décrétée « Année de l’autonomisation des femmes » par les chefs d’État et les gouvernements africains, les conditions sont réunies pour mettre davantage l’accent sur le rôle des femmes, en tant qu’acteurs clés de la croissance économique et de la transformation structurelle de l’Afrique.


[*] Adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000,  la résolution 1325 souligne l’importance de la pleine participation active des femmes, dans des conditions d’égalité, à la prévention et au règlement des conflits ainsi qu’à l’édification et au maintien de la paix.