L’économie bleue est essentielle au développement des pays d’Afrique

20/05/2014
Share |

Considérée comme une voie possible vers le développement en Afrique, la notion « d’économie bleue » a récemment suscité un intérêt grandissant. Ce concept relativement nouveau renferme tout le potentiel des ressources océaniques. L’Union africaine (UA) en a fait une composante majeure de son Agenda 2063, en la proclamant à l’unanimité « l’avenir de l’Afrique ».

À l’occasion de la réunion annuelle 2014 de la Banque africaine de développement (BAD), des ministres d’Afrique du Sud, de Côte d’Ivoire et des Seychelles ont relayé cette vision et ont discuté des possibilités de tirer le meilleur parti de cette économie bleue en construisant les bâtiments et les infrastructures nécessaires. « La construction d’infrastructures et la recherche d’investisseurs pour les financer constituent un véritable défi. Une fois les infrastructures en place, le trafic commercial côtier fleurira », a affirmé Patrick Achi, ministre des Infrastructures économiques de la Côte d’Ivoire.

Pierre Laporte, le ministre des Finances, du Commerce et des Investissements des Seychelles a exprimé la même préoccupation, en soulignant les contraintes financières auxquelles la petite île de 90 000 habitants fait face pour exploiter ses ressources marines. « Plus de 30 000 navires pêchent dans nos eaux chaque année ; ce qui représente un manque à gagner de 300 tonnes de thon », a expliqué Laporte. « Nous ne pouvons rien y faire parce que nous ne disposons pas de flotte de pêche commerciale, faute de moyens. Il nous faudrait débourser entre 30 et 40 millions de dollars. »

Les efforts entrepris pour développer une économie bleue devront néanmoins aller au-delà de la construction d’infrastructures, et prendre en compte les problématiques liées au changement climatique, au déversement des déchets toxiques et aux chaînes d’approvisionnements durables. Selon Achi, la vie aquatique se trouve profondément affectée par le déversement en mer et la surpêche. Selon lui, le problème peut être résolu en sensibilisant les populations concernées à la conservation et à l’utilisation durable des ressources marines. « Il reste encore beaucoup à faire pour mettre en place des politiques efficaces et pour s’assurer que tous les acteurs concernés comprennent les conséquences désastreuses des déversements en mer », a-t-il indiqué.

Quant à  Trevor Manuel, le ministre chargé de la Commission nationale de planification d’Afrique du Sud, il  a insisté sur l’importance de la coopération régionale pour garantir le bon développement des économies africaines. Manuel a indiqué que les effets ne se limitent pas aux pays côtiers et que les pays enclavés limitrophes - qui dépendent de ces ports pour leurs exportations et leur commerce - en tirent également profit. Et d’ajouter que l’incapacité des pays africains à travailler ensemble est responsable de la situation actuelle.  Ce qui constitue un frein au développement réel de l’Afrique,  permettant ainsi aux autres parties intéressées de profiter des ressources africaines.

La BAD a lancé une plate-forme africaine - visant à explorer des pistes de coopération possibles pour développer l’économie bleue de chaque pays d’Afrique - et  a mis cette question au cœur des discussions sur le futur économique du continent. « Nous avons le droit, en tant que continent, de profiter de nos ressources terrestres et marines.  Soutenir le développement de l’économie bleue en Afrique, c’est contribuer au développement commercial de l’Afrique », a déclaré son président Donald Kaberuka, président de la BAD.