Geraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre : l’avenir de l’Afrique dépend des femmes

19/05/2014
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L’Afrique se trouve à un tournant de sa dynamique de développement.

Les changements économiques de ces dernières décennies ont modifié les structures de pouvoir traditionnelles et mené à l’apparition de concepts qui mettent l’accent sur l’égalité des sexes. Il est admis que les femmes, sur l’ensemble du continent, jouent un rôle charnière dans la production agricole, l’économie rurale, la nutrition au niveau des ménages et la réduction de la pauvreté en milieu rural. C’est pourquoi la promotion des femmes africaines et de leur accès à des financements occupe une place centrale au sein des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Kigali.

« L’Afrique que nous voulons laisse plus de place à l’innovation et à un leadership fort, afin d’impliquer pleinement le potentiel des hommes et des femmes, jeunes et vieux », souligne l’envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre, Geraldine Fraser-Moleketi.

Et d’arguer que, si les femmes avaient le même accès aux ressources productives que les hommes, elles pourraient accroître le rendement des exploitations agricoles et la production agricole, assez pour permettre à 150 millions de personnes d’échapper à la faim.

« L’un des moyens qu’a la Banque d’atteindre l’envergure nécessaire est de renforcer et de valoriser les capacités techniques et financières des femmes, afin qu’elles puissent récolter les fruits de leur travail », explique-t-elle. Avant de préciser : « Il s’agit en fait d’une Afrique qui offre un environnement prospère aux femmes et aux hommes, de sorte que les unes et les autres accèdent, de façon équitable, aux entreprises et à la fonction publique, et où aucun Africain ni Africaine ne subit l’insécurité institutionnalisée. »

Geraldine Fraser-Moleketi poursuit ce vœu : voir le continent utiliser ses ressources de manière équitable et s’employer activement à trouver des solutions en interne pour ses habitants. Elle estime que « la première chose et la plus importante est que les Africains – hommes et femmes – unissent leurs efforts pour continuer à renforcer leurs capacités. »

C’est à cette fin que la stratégie de la BAD entend combattre l’inégalité entre les sexes, grâce à l’autonomisation au plan économique, à l’amélioration des droits en matière juridique, et foncière, ainsi que grâce à la production de savoir relatif à l’égalité des sexes.

« La Banque cherchera à renforcer les bases économiques qui autonomisent les femmes et les dotent des compétences et des connaissances qui leur permettent de tirer parti des opportunités économiques », a déclaré l’envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre.

De fait, le programme que la Banque s’est fixé encourage les efforts déployés pour développer des entreprises et MPME viables dirigées par des femmes et valorise le rôle important que jouent celles-ci dans la gestion des ressources naturelles et de l’environnement.

L’Agenda 2063, la vision de l’Union africaine pour les 50 prochaines années, entend faire de l’Afrique un continent intégré, en paix et en croissance, mais aussi au sein duquel personne n’est laissé pour compte, a souligné Geraldine Fraser-Moleketi.

« Faire comme si de rien n’était ne nous donnera pas une Afrique qui récompense les talents, la créativité et le dynamisme des entrepreneurs des deux sexes.

Et l’envoyée spéciale de la BAD de conclure : « Pour y parvenir, je crois qu’il est impératif que les États africains investissent sérieusement dans l’égalité des sexes. »