Perspectives de croissance soutenue en Afrique

11/05/2008
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Perspectives de croissance soutenue en Afrique

La croissance économique de l’Afrique en 2007 s’est située bien au-delà de sa tendance à long terme pour la cinquième année consécutive, et elle devrait se renforcer en 2008 et 2009, indique le rapport de la Bad, de l’OCDE et de l’UNECA, les Perspectives économiques en Afrique

Maputo, Mozambique, le 11 mai 2008 – L’Afrique continue d’enregistrer une forte croissance. En 2007, le taux de croissance réel de 5,7 % s’est situé bien au-delà de la tendance à long terme du continent pour la cinquième année consécutive. Le taux de croissance du PIB devrait même atteindre 6% en 2008 et se maintenir à ce niveau en 2009. En outre, la croissance a été plus élargie, avec plus de pays en passe d’atteindre une croissance supérieure à 5%, selon les Perspectives économiques en Afrique 2007/2008, une publication phare de la Banque africaine de développement, du Centre de développement de l’OCDE et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, que les trois institutions ont lancées aujourd’hui.

Les Perspectives économiques en Afrique 2007/2008 notent que la croissance économique positive récente de l’Afrique s’est également appuyée sur une forte demande mondiale de pétrole et de ressources minérales non pétrolières, l’augmentation des investissements dans ces secteurs et, dans la plupart des pays, des conditions propices à l’agriculture. Le rapport note également que le maintien de politiques macroéconomiques saines dans la plupart des pays du continent a également contribué à renforcer la confiance des entreprises, d’où une reprise généralisée de l’investissement privé. Par ailleurs, de récentes initiatives telles que l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale ont dégagé plus d’opportunités pour un investissement public accru dans plusieurs pays africains.

« Toutefois, le continent a encore besoin d’accélérer sa croissance et de la maintenir au taux de 7 à 8% pour pouvoir atteindre l’Objectif du millénaire pour le développement (OMD) consistant à réduire de moitié d’ici 2015 la proportion des personnes vivant dans l’extrême pauvreté », prévient Louis Kasekende, l’économiste en chef de la Banque africaine de développement.

M. Kasekende a également mis en garde contre l’émergence de pressions inflationnistes sur les économies africaines en raison du récent enchérissement abrupt des denrées alimentaires. Il note à cet égard que « le risque est réel de compromettre les efforts entrepris par plusieurs pays pour atteindre les OMD, en n’excluant pas la probabilité de faire retomber des millions de personnes dans la pauvreté, si les prix actuels devaient persister ».

Le rapport se penche également sur un thème d’une grande importance pour les responsables des politiques de développement en Afrique. Les Perspectives économiques en Afrique se penchent sur le développement des compétences techniques et de la formation professionnelle en Afrique. M. Kiichiro Fukasaku, chef des bureaux régionaux à l’OCDE, a souligné l’opportunité et l’importance du traitement de cette question. « Le changement technologique et la mondialisation font augmenter la demande pour une force de travail éduquée et formée sur le continent, alors même que l’Afrique a besoin de développer les compétences techniques pour améliorer sa compétitivité », observe-t-il.

Le rapport passe en revue la question et conclut que les systèmes d’enseignement technique et professionnel en Afrique sont soumis à de multiples contraintes qui les empêchent de se déployer et limitent leurs effets. Il relève que les programmes ne sont en général pas adaptés aux besoins de l’économie et que les responsabilités pour la formation sont éclatées entre plusieurs organismes. Le rapport salue toutefois des évolutions positives importantes en Ethiopie, en Gambie, au Ghana, à Maurice, au Mozambique, au Rwanda et en Afrique du Sud. Pour améliorer la situation sur le continent, M. Mahamat Abdoulahi, fonctionnaire responsable de la division du commerce, des finances et du développement économique à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a recommandé que « les gouvernements et le secteur privé agissent pour améliorer l’éducation, développer et rehausser les qualifications de la main-d’œuvre ».