Les résultats économiques enregistrés par l’Afrique en 2013 démontrent sa résistance à la tourmente mondiale

21/05/2014
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Le PIB de l’Afrique a augmenté de près de 4 % en 2013, soit 2 points de pourcentage de moins qu’en 2012, d’après les résultats des opérations publiés par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) le 21 mai à Kigali, au Rwanda.

D’après le rapport financier présenté par le Vice-président Finances de la BAD, Charles Boamah, et le Trésorier de la Banque, Pierre Van Peteghem, cette croissance s’explique essentiellement par les investissements (les IDE ont triplé), la demande urbaine, les échanges commerciaux, les ressources naturelles ainsi que les primes liées aux politiques relatives à l’infrastructure et aux biens qui sont mises en place dans les différents pays.

Les résultats économiques enregistrés par l’Afrique en 2013 n’ont rien à envier à ceux du reste du monde, au vu de la moindre croissance affichée par les économies émergentes en Asie et en Amérique latine -  qui ont enregistré une croissance respective de 6,6 % et 3 % -  et de la lente reprise du monde développé, et notamment des États-Unis (1,5 %), de la zone euro où la croissance a diminué de 0,4 %, et du Japon (2 %).

En outre, la croissance est équitablement répartie entre les sous-régions ; l’ensemble du continent ayant fait montre d’une résistance considérable devant la lente reprise de l’économie mondiale.

Les ressources naturelles ont continué à favoriser la croissance en 2013, tout particulièrement dans les grandes régions productrices de pétrole. Néanmoins, les pays moins privilégiés ont eux aussi enregistré d’assez bons résultats, grâce à de bonnes politiques visant à attirer les investissements domestiques et étrangers. Quelques exemples isolés de déclin économique montrent toutefois qu’il est nécessaire de faire preuve de diligence dans la lutte contre les inégalités économiques profondément enracinées et dans l’offre de services sociaux.

La croissance générale de l’ensemble du continent devrait atteindre les 4,8 % en 2014 et 5,8 % en 2015.

D’après le rapport, les typologies individuelles montrent que la croissance des économies touchées par un conflit ou se relevant d’un conflit a atteint des taux relativement élevés en 2013. Ceux-ci dépassaient les 10 % en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Libéria, en Sierra Leone et au Soudan du Sud. Quatorze des dix-huit pays qui peuvent accéder au Mécanisme d’intervention de la Banque en faveur des États fragiles ont enregistré des taux de croissance de 3 % ou plus en 2013.

La République centrafricaine, par contre, déchirée par les dissensions, fait office d’exception avec une croissance en baisse de plus de 10 % en 2013.

Le rapport montre également que de nombreux pays à faible revenu qui dépendent plus de l’agriculture, des minéraux autres que le pétrole et de l’industrie légère ont obtenu de bons résultats en 2013, en dépit d’une faible demande mondiale. Par exemple, 17 pays de cette catégorie menée par l’Éthiopie avec une croissance supérieure à 7 % ont enregistré une croissance moyenne de plus de 3 %. Onze pays de cette catégorie ont connu une croissance comprise entre 5 % et 7 %.

L’Angola, le Gabon et le Nigéria ont enregistré les plus hauts taux de croissance des pays producteurs de pétrole, avec des chiffres compris entre 5 % et 7 %. Le taux de croissance de la Guinée équatoriale est retombé de plus de 5 % en 2012, à moins de 1 % en 2013, à la suite de l’épuisement d’un important gisement de pétrole. Dans le cas de la Libye, les perturbations socio-économiques qui se sont produites dans le courant de l’année ont empêché de nouveaux investissements et fait chuter la croissance qui n’a pas atteint 1 %.

Les économies dépendantes des investissements ont enregistré des taux de croissance moyens d’environ 4 %, comparables à ceux des économies à faible revenu et à revenu intermédiaire des autres régions du monde. Six pays figurent dans cette catégorie, affichant des taux de croissance de 3 % et plus. Au Kenya, au Maroc et aux Seychelles, le secteur touristique se porte bien ; mais les performances de l’industrie manufacturière sont inférieures aux attentes. Le Cap-Vert, l’Égypte, l’Afrique du Sud et la Tunisie ont connu une croissance inférieure à 3 %.

Sur le plan des régions, l’Afrique centrale a enregistré une croissance de 4,4 %, contre 6 % environ en 2012. Néanmoins, les perspectives de croissance se sont fortement ternies à la fin 2013, lorsqu’un conflit armé a éclaté en République centrafricaine.

L’Afrique de l’Est a connu une croissance moyenne de 6,3 %, supérieure de 1 % environ à son taux de croissance pour 2012. Le taux de croissance de l’Afrique du Nord a, quant à lui, atteint 1,7 % en 2013, un déclin de plus de huit points de pourcentage par rapport à 2012, en raison des troubles sociaux qu’ont connus certains pays d’Afrique du Nord.

L’Afrique australe a atteint en 2013 une moyenne de 3 %, proche de la croissance enregistrée en 2012, tandis que l’Afrique de l’Ouest a connu une croissance de 6,2 %, soit 0,5 % de moins que l’année précédente, d’après l’exposé de l’efficacité financière et du développement, réalisée à l’occasion des Assemblées annuelles 2014 de la Banque.