La participation de l'Afrique au 4ème Forum mondial sur l'eau, Mexico 2006

09/12/2005
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La participation de l'Afrique au 4ème Forum mondial sur l'eau, Mexico 2006

Les leaders politiques africains s’engagent fermement au niveau de la région à améliorer la situation de l’eau sur le continent

Windhoek, Namibie, 9 décembre 2005- Le Comité directeur régional de l’Afrique du 4ème Forum mondial de l’eau (4th WWF) – sous la présidence conjointe du Conseil des ministres africains de l'eau (AMCOW) et la Banque africaine de développement (BAD) – a mis la dernière main à la feuille de route pour Mexico, à Windhoek les 8 et 9 décembre 2005, avec la promesse d’étancher la soif de l’Afrique. Les leaders africains se sont engagés à créer un climat propice au développement des infrastructures de l’eau grâce à l’amélioration des politiques existantes et à des stratégies pratiques.

C’est la position commune qui se dégage d’une réunion à laquelle ont participé: des ministres, de hauts fonctionnaires des ministères chargés de la gestion de l’eau, des experts chevronnés dans le domaine de l’eau et des parties prenantes opérant dans le secteur, pour finaliser le Rapport régionale de l’Afrique et la Déclaration ministérielle à inscrire à l’ordre du jour du 4ème Forum mondial de l’eau pour le compte du continent.

M. Jose Antonio Rodriguez Tirado, Coordinateur du processus régional du 4ème Forum mondial de l’eau a affirmé que "c’était du jamais vu", la manière dont des Ministres africains s’étaient courageusement retrouvés pour parler d’une seule voix, avec pour la première fois des experts et des dirigeants politiques travaillant de concert à résoudre les problèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Ce front commun est sans précédent au niveau du Forum mondial de l’eau, comme le souligne M. Rodriguez Tirado "L’Afrique s’affirme comme la seule région à avoir pris les devants en s’asseyant autour d’une table pour discuter du message que le continent va livrer à Mexico. La volonté politique de plusieurs pays en Afrique transparaît clairement et en dit long sur la détermination du continent en terme d’échange d’expériences et de recherche de solutions aux problèmes de l’eau."

Le thème central du Forum mondial de l’eau en 2006 porte sur "Des actions locales pour un défi mondial". Le Rapport régional de l’Afrique s’avère donc capital dans la recherche de solutions locales à la gestion de l’eau avec la participation de la communauté à l’échelle d’un continent qui, bien que disposant de réserves d’eau potentiellement abondantes, souffre d’un taux très bas d’accès à l’eau et à l’assainissement..

M. Henry Ntale, Président ougandais du Comité technique consultatif de l’AMCOW a expliqué que: "En Afrique, les problèmes liés à l’eau sont interdépendants, et créent des cercles vicieux qui se renforcent mutuellement. Cependant l’eau peut tout changer en terme de développement en l’Afrique si elle est bien gérée et utilisée à bon escient. Avec des politiques et des stratégies claires, et un engagement ferme de les mettre en œuvre, l’eau peut aider à vaincre la pauvreté, à réduire les maladies d’origine hydrique et à réaliser un développement soutenable.".

Le Rapport régional de l’Afrique identifie les problèmes et les défis de la disponibilité de l’eau et engage le continent à réaliser d’ici 2025 le libre accès aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, en multipliant les investissements dans le domaine des infrastructures de l’eau et celui des capacités humaines, sociales et institutionnelles à l’échelle régional, national et communautaire pour garantir la durabilité des solutions en responsabilisant les populations dès le départ.

Mr. Kordjé Bedoumra, Directeur de la Facilité africaine de l’eau (AWF), a indiqué clairement que la création par AMCOW de ce nouvel instrument financier, dont l’administration est confiée à la BAD, répondait au manque de financements dont souffre le développement du secteur de l’eau en Afrique: "L’un des principaux problèmes auxquels l’Afrique se trouve confrontée est le manque de ressources financières pour garantir durablement l’exploitation et la gestion des ressources hydrauliques disponibles."

"Le processus régional a permis de dialoguer et d’établir des contacts entre les parties prenantes, de formuler des observations pratiques sur chacun des thèmes retenus pour le 4ème Forum mondial de l’eau, et de parvenir à une identité de vue pour parler d’une seule voix à Mexico," a ajouté M. Bedoumra.

Le Comité directeur régional de l’Afrique a aussi élaboré la Déclaration ministérielle qui indique que si les pays africains veulent atteindre les cibles fixées par les Objectifs de développement du millénaire en matière d’eau et d’assainissement, la voie à suivre est de:

§  intensifier tous les efforts pour décentraliser les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement au profit de structures administratives idoines et pour créer à tous les niveaux de la gestion de l’eau, la transparence, l’ouverture, la responsabilisation, la prise en compte des sexospécificités, la communication et la bonne gouvernance.

§  accorder la primauté à l’assainissement notamment en matière d’éducation extensive et intensive à la santé et à l’hygiène à tous les niveaux.

§  investir suffisamment dans la mise en place d’une capacité institutionnelle regroupant les deux sexes, et d’une capacité managériale et technique à tous les niveaux des échelons professionnels.

Dr Libertine Amathila, Premier ministre adjoint de la Namibie qui abritait la réunion marquant la reprise en main par l’Afrique de la gestion des questions de l’eau, a déclaré dans son discours d’ouverture que: "en parlant d’une seule voie, l’Afrique se fera mieux entendre au WWF". De plus, elle a félicité AMCOW pour avoir perçu les problèmes de sexospécificités dans le secteur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement: "Les femmes ont directement accès l’eau et possèdent une large connaissance héritée du passé en matière d’utilisation et de conservation de l’eau. Il importe donc qu’elles puissent jouer un rôle central dans le processus de prise de décisions liées aux problèmes de l’eau."

CONTACT: Sabrina Hadjadj Aoul – Tel.: +216 71 10 36 98 – E-mail: s.hadjadjaoul@afdb.org