La BAD, première banque de développement d’Afrique, évalue le chemin parcouru et anticipe les cinquante prochaines années

23/04/2014
Share |

Rédigé par Aristide Ahouassou et Mansour Ndir

Les célébrations du cinquantenaire de la Banque africaine de développement (BAD) ont officiellement démarré, le mardi 22 avril, à Tunis. Les orateurs ont reconnu la solennité de l’événement, au moment crucial où l’institution doit réfléchir au chemin parcouru en un demi-siècle, et prendre position quant à sa mission pour les cinquante années à venir.

La cérémonie a eu lieu au Palais des congrès de Tunis, en présence de M. Noureddine Zekri, secrétaire d’État tunisien à la coopération internationale, et de M. Claver Gatete, ministre rwandais des Finances et du Plan et président du Conseil des gouverneurs de la BAD. Dans son allocution d’ouverture, qui marquait le lancement officiel des fêtes du cinquantenaire, M. Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, a évoqué les temps forts de l’histoire de la Banque. Assistaient également à l’événement, des membres du Conseil d’administration, de la haute direction et du personnel, accompagnés de leurs conjoints.

Hommage aux pères fondateurs

Donald Kaberuka a rendu hommage aux pères fondateurs et aux pionniers de la Banque, et à la détermination dont ils ont fait montre, en créant l’institution, le 10 septembre 1964. Il a aussi rendu un hommage appuyé à ses prédécesseurs et à leurs réalisations. Il a, par ailleurs, souligné les difficultés qu’a rencontrées la jeune institution à ses débuts, fort modestes, quand elle ne disposait que d’un effectif d’une dizaine de personnes et d’un capital de 250 millions de dollars EU.

« La Banque africaine de développement a su préserver son dynamisme sur un continent en rapide mutation », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que certaines décisions avaient pu, parfois, susciter des controverses – lors de l’admission au capital de pays non régionaux, par exemple.

Or, a-t-il observé, cet apport des pays non régionaux, puis la création du Fonds africain de développement (FAD) ont considérablement accru les ressources de la BAD. Cette décision a marqué un tournant : elle a renforcé les capacités de la Banque, tout en lui conservant son caractère africain, a souligné le président de la BAD.

Les augmentations générales de capital et les reconstitutions du guichet concessionnaire qui se sont succédé par la suite ont développé les capacités de l’institution. La preuve en a été donnée au moment de la crise financière, a-t-il observé, la réponse anticyclique de la Banque ayant eu des effets salutaires.

Des décisions stratégiques et une solide expérience

Donald Kaberuka a tenu à souligner l’expertise certaine dont la Banque avait fait preuve dans l’accomplissement de sa mission, lors de la crise financière de 2008. Elle a révélé sa pleine capacité dans ses décisions stratégiques visant à satisfaire les besoins de l’Afrique en termes d’infrastructures, de marché commun et d’intégration économique, de promotion du secteur privé et de soutien aux États fragilisés ou en situation de post-conflit. « Nous devons, à présent, nous repenser à la lumière des nouveaux défis et des opportunités nouvelles auxquels l’Afrique est confrontée. Notre nouvelle stratégie décennale fournit une base solide. Nous devrons constamment repenser nos outils, nos systèmes et nos interventions. »

Noureddine Zekri a, pour sa part, souligné combien la Banque était restée solide, en dépit des troubles et crises qui ont agité le continent africain et l’ensemble du monde ces cinquante dernières années. Ayant su répondre aux attentes de ses pays membres, la BAD a affermi son statut de première banque de développement du continent africain.

« La qualité des activités de la Banque et de son cadre de gestion du risque, celle de ses politiques et de ses dispositifs de contrôle financier, ainsi que celle de sa gouvernance institutionnelle, lui ont permis de préserver sa santé financière et de réaffirmer son triple A auprès des grandes agences de notation », a ajouté le secrétaire d’Etat tunisien.

Sacrifice, souplesse, adaptation

Gabriel Bayemi, président du Conseil du personnel de la BAD, a lui aussi jugé que ce cinquantenaire marquait une grande réussite, dont peuvent être fiers tous ceux qui y ont participé. Il a évoqué l’esprit de sacrifice du personnel, la souplesse et la capacité d’adaptation dont celui-ci fait preuve. Si l’institution a traversé sans encombre des turbulences, c’est grâce aux compétences et à la ténacité de ses ressources humaines, a-t-il ainsi souligné.

Prenant la parole à son tour, Claver Gatete, président du Conseil des gouverneurs de la Banque, a noté combien, en cinquante ans, l’institution s’était profondément transformée, devenant un organisme de développement capital, un vecteur de savoir majeur en Afrique. « La BAD fait notre fierté aujourd’hui. Elle a répondu à toutes nos attentes au cours de ces cinquante années », a-t-il commenté, tout en soulignant que la Banque se doit de trouver, pour les cinquante années à venir, des instruments innovants et efficaces, qui lui permettent de répondre aux exigences induites par des mutations rapides. Et d’estimer que la prospérité de l’Afrique appelle à davantage d’investissements dans l’intégration régionale et le secteur privé.

Le cinquantenaire de la BAD continuera d’être célébré dans les bureaux extérieurs de la Banque implantés à travers le continent, et se poursuivra au-delà de l’événement de prestige que représentent les assemblées annuelles du Groupe, qui, cette année, se tiendront à Kigali, au Rwanda, du 19 au 23 mai 2014. Les festivités culmineront à Abidjan, en Côte d’Ivoire, au mois de novembre 2014.

Le Chœur des jeunes Africains et des musiciens folkloriques de Tunisie ont égayé le lancement des célébrations, à Tunis. Un montage vidéo a remonté le fil des réalisations de la Banque sur son continent durant les cinquante années écoulées ; ce fut aussi l’occasion de dévoiler officiellement le logo du cinquantenaire et son slogan, “Banque africaine de développement 1964 – 2014 : 50 ans au service de l’Afrique”.