Miser sur les infrastructures avec le Fonds Africa50 pour transformer l’Afrique

13/10/2014
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Le 13 octobre 2014, à Marrakech, la 9e édition du Forum pour le développement de l’Afrique (FDA) s’est ouverte sur un appel de la Banque africaine de développement (BAD) à multiplier les efforts de développement des infrastructures du continent et s’approprier le nouveau Fonds Africa50, « une entité à but lucratif, qui entend offrir à ses investisseurs des rendements adaptés aux risques, tout en bâtissant l’Afrique de demain », a souligné Aly Abou-Sabaa, vice-président de la BAD chargé des opérations, de l’agriculture, du développement humain et de la gouvernance,

S’exprimant au nom du Groupe de la Banque, le vice-président s’est dit confiant dans la transformation de l’Afrique. Rappelant que de nombreux pays d’Afrique veulent vivement investir dans les infrastructures, il a déclaré que le moment était venu pour les gouvernements africains et leurs partenaires au développement de rechercher les moyens les plus rapides pour réunir les fonds nécessaires.

Et le vice-président de la BAD de souligner pour que se produise cette transformation tant désirée, il fallait nécessairement que des infrastructures soient créées, sans pour autant dénier « l’importance capitale d’autres secteurs, notamment l’agriculture, la gouvernance, la santé et l’enseignement ».

« La transformation de l’Afrique ne saurait se concrétiser dans un contexte de gouvernance faible, de systèmes sanitaires ou éducatifs insuffisants, ou d’insécurité alimentaire, » a-t-il ajouté. Il a également évoqué les diverses crises imprévisibles qui sévissent dans la région, telles que celles liées au VIH/sida, au paludisme et à l’Ebola.

Aly Abou-Sabaa a souligné que le continent continue d’importer chaque année pour 25 milliards de dollars EU de denrées alimentaires, alors que l’agriculture contribue à hauteur de 25 % du PIB et emploie près de 60 % de la population de l’Afrique. « La Banque s’attache à promouvoir la participation d’investisseurs solides dans le secteur privé dans le domaine agricole, » a-t-il précisé.

Infrastructures : un déficit de 50 milliards $

L’enjeu majeur aujourd’hui est que l’Afrique ne consacre que 4 % de son PIB d’ensemble aux infrastructures − un chiffre à comparer aux 14 % de la Chine. Pour bâtir un avenir radieux au continent, le Groupe de la BAD, qui est sa première institution de financement, ne ménage aucun effort pour combler le fossé des investissements en matière d’infrastructures.

« Les besoins en investissements de l’Afrique pour les infrastructures se montent à 95 milliards de dollars par an environ, a précisé Aly Abou-Sabaa, en reprenant les chiffres de la Banque. Seuls 45 milliards environ sont investis, grâce au concours des gouvernements africains, des institutions de financement du développement et du secteur privé. »

Et de faire valoir que la transformation de l’Afrique dépendra largement de la façon dont ses États sauront mobiliser des fonds auprès d’un large éventail de parties prenantes ; promouvoir les infrastructures grâce à de nouveaux véhicules comme le Fonds Africa50 ; investir dans le capital humain ; et favoriser la bonne gouvernance, de sorte d’instaurer un environnement économique porteur.

Le Fonds Africa50 injectera 10 milliards $ dans des projets d’infrastructures

Aly Abou-Sabaa a également fait mention du Fonds Africa50, que la BAD a créé (sis à Casablanca, au Maroc), qui entend innover dans la façon de mobiliser et galvaniser le marché africain des investissements en infrastructures.

Le Fonds Africa50, a-t-il expliqué, « cherche à concilier les objectifs stratégiques des gouvernements qui veulent répondre aux besoins considérables en investissements pour les infrastructures et l’attrait des actifs africains pour les sources croissantes de capitaux domestiques et internationaux ».

Plus important encore, le Fonds Africa50 a un objectif stratégique à long terme : investir directement dans des projets 10 milliards de dollars EU et parvenir à 100 milliards de dollars EU de projets d’investissement en attirant acteurs du secteur privé et investisseurs.

Depuis quelques années, le Groupe de la Banque accorde une grande importance au rôle du secteur privé dans la réalisation de projets d’infrastructures, notamment dans les domaines de l’énergie électrique et des transports, pour le développement et la transformation en Afrique.

La BAD croit fermement en la transformation de l’Afrique

Le vice-président de la Banque chargé des opérations a plaidé pour davantage impliquer le secteur privé et lancer des projets d’infrastructures qui attirent les investisseurs, dans le cadre de marchés financiers viables et capables de générer les financements requis.

Soulignant le besoin d’être doté de systèmes fiscaux efficaces et de toujours réfléchir à des moyens nouveaux et novateurs de mobiliser des ressources domestiques, Aly Abou-Sabaa a offert l’assistance de la BAD aux pays africains désireux de réformer leurs systèmes de taxation et de moderniser leur administration fiscale, en les aidant dans l’automatisation de leurs systèmes si besoin.

Le roi du Maroc Mohammed VI, le président ivoirien Alassane Ouattara, le président sénégalais Macky Sall et le Premier ministre cap-verdien José Maria Pereira Neves ont également prononcé quelques mots à l’occasion de la séance inaugurale.

Le FDA a réuni plus de 800 participants à Marrakech, parmi lesquels des dirigeants politiques, de hauts fonctionnaires, des universitaires, des acteurs clés du secteur privé et de la société civile, ainsi que les envoyés des médias nationaux et internationaux.

Le FDA, dont la 9e édition s’est tenue du 12 au 16 octobre 2014 à Marrakech, est un événement de la Commission économique pour l’Afrique, qui a lieu tous les deux ans et organisé en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires clés. Le Forum se veut une plateforme multipartite, pour débattre et amorcer des stratégies concrètes en faveur du développement de l’Afrique.