Plus d’investissement et de recherches pour atténuer la vulnérabilité de l’Afrique aux chocs liés au changement climatique

03/11/2015
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De plus en plus, l’Afrique se trouve confrontée à des difficultés diverses qui se verront amplifiées par le changement climatique et conduiront à un ensemble complexe de problèmes: c’est l’une des considérations qui ont été évoquées lors de la 10ème édition de la Conférence économique africaine tenue le mardi 3 novembre à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

En effet, les gouvernements du continent africain sont confrontés au défi redoutable de la pauvreté et des inégalités dans une situation de niveaux de pauvreté élevés, aggravée par la dégradation et la désertification des sols, en particulier dans les zones arides et semi-arides, ainsi que par des conflits liés à l’exploitation des ressources, des migrations et une urbanisation rapide. C’est un défi auquel ils doivent s’attaquer.

Par ailleurs, les gouvernements doivent relever des défis encore plus considérables pour tenter de garantir à leurs habitants une bonne qualité de vie dans les zones d’établissement choisies par ces derniers.

Toutes ces considérations ont été abordées lors d’une session parallèle intitulée « Impacts de la pauvreté et de l’inégalité sur l’environnement et les établissements humains en Afrique », pendant laquelle plusieurs études académiques ont été présentées aux participants.

Dans son article intitulé «Chocs climatiques et sécurité alimentaire : le rôle de l’aide internationale», Kinda Somlanare Romuald a soutenu que l’aide internationale atténue considérablement les effets des chocs climatiques sur la sécurité alimentaire.  

« Il semble que l’effet marginal de l’aide est élevé pour des pays plus vulnérables aux chocs provoqués par l’évolution des cours des produits alimentaires. Lorsque des pays présentent un haut niveau de vulnérabilité à ces chocs, l’aide a un effet modérateur important sur les conséquences des chocs climatiques sur la sécurité alimentaire », a déclaré M. Romuald.

Il a ensuite mis en avant le besoin d’appliquer des stratégies efficaces d’atténuation des risques. Dans cette optique, il a expliqué qu’il est impératif de promouvoir des mesures pour améliorer les systèmes de production alimentaire dans les pays en développement afin de renforcer leur capacité à faire face à l’instabilité des précipitations.

«La communauté internationale pourrait aider les pays en développement à investir dans la recherche et la vulgarisation agricole ainsi que dans les méthodes de réduction des pertes de production alimentaire liées à la variabilité climatique», a avancé M. Romuald.

Étant donné qu’il n’est pas possible de prévoir les tendances des précipitations à venir dans de nombreux pays en développement, il a soutenu qu’une attention particulière devrait être portée à des investissements significatifs dans les infrastructures pour accompagner le développement de l’irrigation et des ressources en eau, et ce afin de limiter les effets d’une réduction de la production alimentaire.

«L’aide internationale devrait être au cœur de ce processus», a-t-il ajouté.

Dans son exposé intitulé «Renforcer la résilience aux chocs climatiques: vulnérabilité des agriculteurs aux chocs climatiques dans le bassin du Niger au Bénin», Boris Odilon Kounagbe Lokonon a souligné le fait que le capital social est très important pour renforcer la résilience des systèmes de subsistance liés à l’agriculture puisque les agriculteurs en dépendent lorsqu’ils ne disposent pas d’autres types de capitaux.

De plus, la vulnérabilité des systèmes de subsistance d’origine agricole dépend de la nature des chocs climatiques. Les chocs climatiques les plus importants ayant un impact sur la vulnérabilité sont les vagues de chaleur, les sécheresses et la pluviométrie irrégulière.

Cependant, les prévisions donnent à penser que la vulnérabilité aux chocs climatiques augmentera s’il n’y a pas d’adaptation.

«Le renforcement de la résilience des systèmes de subsistance agricoles aux chocs climatiques devrait s’effectuer par le biais de chacune des trois composantes de la vulnérabilité, en tenant compte des potentialités d’adaptation spécifiques des zones agro-écologiques», a déclaré  Lokonon.