Accélérer le développement de l’Afrique impose de nouveaux engagements et financements après les OMD

28/09/2015
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Forts de leurs avancées sur certains indicateurs sociaux, les pays africains appelés à se focaliser sur une nouvelle donne de leurs objectifs de développement

Après des progrès encourageants dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les pays africains ont, à présent, la latitude de mettre en œuvre les Objectifs de développement durable (ODD), adoptés récemment, pour relever les défis qui demeurent et réaliser une percée dans le développement, affirme un rapport publié aujourd’hui. 

Le leadership, l’innovation et les investissements intervenus dans un certain nombre de secteurs sociaux ont conduit à des transformations qui, dans de nombreux cas, ont révolutionné la vie des populations, déclare un rapport annuel préparé conjointement par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CENUA), l’Union africaine (UA), la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sous le titre « Évaluation des progrès vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique ».

L’Afrique a connu une accélération de sa croissance économique. Elle a établi des filets de sécurité sociale ambitieux et conçu des politiques pour améliorer le système éducatif et s’attaquer au VIH et à d’autres maladies. Elle a également mis en place des quotas pour la participation des femmes à la vie parlementaire, ouvrant ainsi la voie à l’égalité des sexes à l'échelle internationale, et elle a amélioré la parité garçons-filles dans l’enseignement primaire.

D’après les estimations les plus récentes, les taux globaux de pauvreté sur le continent se situent toujours aux alentours de 48 pour cent. La plupart des pays africains ont, toutefois, progressé sur au moins un objectif. Le taux de pauvreté de la Gambie s’est, par exemple, réduit  de 32 pour cent entre 1990 et 2010, tandis que l’Éthiopie, qui a mis l’accent sur l’agriculture et les moyens d’existence en milieu rural, l’a réduit d’un tiers.

De nouvelles politiques et initiatives ont vu le jour. C’est le cas par exemple de l’École des maris au Niger, qui fait participer les époux à la promotion de la santé de la reproduction, au planning familial et à l’évolution des comportements à l’égard de l’égalité des sexes. Le Cap Vert a, quant à lui,  étendu son couvert forestier de plus de 6 pour cent, au cours des dernières années, grâce à la plantation de millions d’arbres.

Cependant, beaucoup reste à faire pour assurer une amélioration du niveau de vie des hommes et des femmes d’Afrique. Bien qu’ayant été relativement forte, la croissance économique du continent n’a pas été suffisamment rapide ou inclusive pour créer des emplois. De même, si de nombreux pays ont enregistré de beaux succès en matière de scolarisation primaire, il leur reste à relever de nombreux défis liés à la qualité et à l’équité. 

Les nouvelles priorités pour le développement du continent, inscrites dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et relatives aux 17 Objectifs de développement durable, sont à la fois exhaustives et universelles. Cependant leur mise en œuvre nécessitera de mobiliser des ressources et des partenaires supplémentaires, et d’établir des systèmes de suivi plus efficaces.

Les Objectifs de développement durable viennent remplacer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) autour desquels le monde s’est rallié en septembre 2000 dans la perspective d’un programme commun de 15 ans pour combattre l’indigne pauvreté.

« La stratégie régionale de l’Afrique pour la réalisation d’un développement durable et inclusif, complétée par le programme de développement mondial de l’après-2015, offre un cadre approprié au développement durable. Néanmoins, une leçon importante à retenir des OMD est que le succès dépendra des moyens conséquents  mis en œuvre », affirment les auteurs du rapport.

La viabilité économique de plusieurs interventions en faveur des OMD a été compromise par des insuffisances relevées au niveau des mécanismes de mise en œuvre et par une trop forte dépendance à l’égard de l’aide au développement, ajoute le rapport. Dans la perspective d’une aide publique au développement qui, selon les prévisions, demeurera faible de 2015 à 2018, soit près de 47 milliards de dollars EU par an, l’Afrique devra mettre l’accent sur des interventions musclées et la diversification de ses économies, en s’efforçant de mobiliser des ressources intérieures et de nouveaux partenaires, en libérant le potentiel économique des femmes et en enrayant les flux financiers illicites.

En outre, la réalisation d’un développement durable ne sera possible que si les nations et les communautés africaines font preuve de résilience, anticipent les situations, façonnent et s’adaptent aux nombreux chocs et défis qui les attendent, tels que ceux liés aux changements climatiques, aux crises sanitaires telle la récente épidémie de l’Ebola en Afrique de l’Ouest, et aux situations de conflit et d’instabilité. Investir dès aujourd’hui dans des mesures de prévention et de préparation minimisera les risques et les coûts futurs.

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Pour plus de précisions ou des entretiens avec les médias, prière de contacter :

PNUD : Nicolas Douillet, Spécialiste des communications, Bureau régional pour l’Afrique du PNUD nicolas.douillet@undp.org Tél. : +1 (212) 906 5937

BAD : Nawsheen Elaheebocus, Spécialiste des communications, Département du développement humain de la BAD n.elaheebocus@afdb.org Tél. : +225 7730 6662 ; +225 0611 7045
CENUA : Mercy Wambui, Responsable intérimaire, Service des communications de la CENUA

Tél. : +251 911201816 ; Mwambui@uneca.org

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Rapport complet (Anglais)