Réunion sur l’efficacité de l’aide : l’Afrique doit compter davantage sur ses propres moyens pour son avenir

06/11/2010
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Tunis, le 5 novembre 2010 – Les représentants des gouvernements, des parlements et de la société civile africains et des organisations internationales, réunis à Tunis lors d’une conférence internationale sur l’aide, se sont entendus sur le fait que le temps est venu pour les pays africains de compter davantage sur leurs propres moyens ; tels que les impôts, le marché des capitaux et des prix plus avantageux du commerce de leurs ressources primaires, et moins sur l’aide internationale, pour assurer leur développement.

La Deuxième réunion régionale sur l’efficacité de l’aide au développement s’est tenue à Tunis les 4 et 5 novembre 2010, organisée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l’Union africaine et le NEPAD, en préparation du quatrième Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide (HLF-4), qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, en novembre 2011.

Le président de la BAD, Donald Kaberuka, a ouvert la conférence en affirmant que l’Afrique doit être moins dépendante de l’aide et mieux mobiliser ses propres ressources. Il a ajouté que les pays africains devraient miser davantage sur le développement du secteur privé pour faire croître le commerce et attirer les investissements étrangers, afin de financer ainsi le développement à partir de ressources internes. « Cependant, pour accroitre la mobilisation des ressources et élargir leurs assiettes fiscales, les Etats africains doivent convaincre leurs citoyens que leurs impôts seront bel et bien utilisés pour le bien public », a déclaré le président de la BAD.

Ibrahim Assane Mayaki, président directeur-général de l’Agence de planification et de coordination du NEPAD, a mentionné que le renforcement des capacités permet une meilleure utilisation de l’aide. « Le renforcement des capacités est crucial pour consolider l’appropriation par le continent africain de son agenda de développement. Le renforcement des capacités est un pilier de la croissance et du développement durable du continent ».

Emmanuel Akwetey, directeur de l’Institute of Domestic Governance, a aussi insisté sur l’importance de l’imposition pour le développement du continent africain. « Si on veut être moins dépendants des donateurs, alors on doit payer plus d’impôts », a-t-il mentionné. Il a souligné le besoin d’une plus grande transparence et de redevabilité  pour construire la confiance entre les gouvernements et les citoyens.

Dalmas Otieno, le ministre responsable des services publics du Kenya, a insisté sur le besoin d’engager des investissements significatifs pour améliorer la qualité des administrations publiques, grâce à une stratégie clairement définie.

Cristina Duarte, ministre des finances du Cap-Vert, a rappelé l’importance de solutions nationales de développement, misant sur la réforme de l’Etat et le concours des citoyens. « Le développement ne peut être accompli par des acteurs externes », a-t-elle souligné. Elle a  aussi décrit le processus d’apprentissage actif dans lequel s’est engagé le Cap-Vert pour devenir moins dépendant de l’aide internationale.

Dans son allocution de clôture de la rencontre, le vice-président et Chief Operating Officer à la BAD, Nkosana Moyo, a fait écho à ces arguments, en indiquant : « Les organisateurs ont choisi pour thème de cette conférence : « de l’efficacité de l’aide à l’efficacité du développement » et, au cours des deux derniers jours, nous avons fait entendre notre ferme conviction à l’effet que les solutions qui conviennent le mieux pour faire face aux défis de développement de l’Afrique sont celles venant du continent même».

Il a ajouté : « C’est là une vision de l’Afrique dans laquelle elle exprime être en pleine maitrise de sa destinée, l’aide ne jouant qu’un rôle de soutien. »