La Conférence sur l’Aide pour le commerce s’ouvre à Dar es Salaam

01/10/2007
Share |

La Conférence sur l’Aide pour le commerce s’ouvre à Dar es Salaam

M. Kaberuka souligne l’importance du rôle du secteur privé dans le programme d’aide pour le commerce

Documents relatifs

Tunis, le 1er octobre 2007  – Une conférence de haut niveau sur la Mobilisation de l’aide pour le commerce en faveur de l’Afrique, s’est ouverte lundi à Dar es Salaam, Tanzanie, afin d’examiner en priorité les voies et moyens d’apporter un soutien significatif aux pays africains et d’aider le continent à tirer parti de la libéralisation du commerce mondial.

MM. Donald Kaberuka, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Abdoulie Jammeh, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, et d’autres participants de marque, ont débattu de la nécessité de mobiliser une aide accrue en faveur du développement de l’infrastructure,  des politiques et des pratiques commerciales, pour permettre au continent de participer efficacement aux transactions mondiales.

« Nous sommes venus pour concrétiser les conclusions des travaux de la conférence ministérielle de Hong Kong… pour obtenir des engagements, intégrer le commerce à nos plans nationaux, aligner les actions des donateurs et du secteur privé sur ces programmes, convenir des modalités d’octroi de l’aide pour le commerce et des dispositifs d’évaluation à mettre en place » a déclaré M. Kaberuka, s’adressant à plus de trois cent (300) ministres des Finances et du Commerce, à des représentants de haut niveau des donateurs et d’institutions régionales ainsi qu’à des opérateurs privés importants, qui ont entamé des discussions sur les défis liés au commerce dans la région et les actions à mener en priorité.

M. Kaberuka a indiqué qu’en dépit de la performance encourageante de plusieurs pays africains, essentiellement sous l’effet de la hausse des cours des produits de base, les fondamentaux économiques demeurent fragiles. Selon le Président de la BAD, les faiblesses structurelles persistent, aussi a-t-il exhorté gouvernements et donateurs à œuvrer conjointement et solidairement pour renforcer le commerce dans les pays africains.

Il a souligné les efforts accomplis par le Groupe de la Banque à l’appui du commerce et de l’intégration régionale dans ses pays membres, où les engagements de ces trois dernières années ont atteint 531 millions de dollars E.U. en faveur d’initiatives qui incluent d’importants corridors et des biens publics régionaux. « Nous avons accru nos prêts au secteur privé qui, rien que cette année, ont triplé, pour atteindre plus d’un (1) milliard de dollars » a-t-il indiqué.

Dans son allocution d’ouverture, le Vice-président tanzanien, M. Ali Mohamed Shein, a déclaré aux participants à la conférence qu’il fallait mobiliser une aide plus substantielle, fiable et bien ciblée en faveur du commerce, indiquant que l’Afrique – dont la part du commerce mondial était de 1,5 % en 2004 et de 1,7 % en 2005 – est encore, généralement, un acteur négligeable du commerce mondial.

Il a déclaré que les ressources affectées à l’aide pour le commerce ne peuvent avoir un impact significatif que si elles ne sont pas liées, au lieu d’être, comme c’est actuellement le cas, de simples réaffectations ou des concours reconditionnés provenant de programmes existants, tels que les programmes d’éducation ou de santé. Ces ressources doivent donc être prévisibles, régies par la demande et assorties de moins de conditionnalités.

Par ailleurs, le Vice-président a déclaré que les pays africains doivent honorer certaines obligations afin de pouvoir bénéficier de l’aide pour le commerce. Ils doivent, notamment, poursuivre les réformes économiques pour maintenir durablement leur stabilité macroéconomique, la bonne gouvernance et l’État de droit, améliorer la gestion des finances publiques et renforcer l’obligation de rendre compte, améliorer l’infrastructure dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement. L’Afrique doit aussi investir dans la santé et dans l’éducation, pour produire un capital humain capable de faire une différence, a-t-il ajouté.

Quant au Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, M. Pascal Lamy, il a déclaré que la conférence avait pour objectif d’aider les pays africains à renforcer les capacités dont ils ont besoin pour développer leur commerce et s’intégrer à l’économie mondiale. « Elle s’inscrit dans une grande initiative – lancée à la Conférence ministérielle de l’OMC en 2005 à Hong Kong – en vue d’accroître l’assistance financière internationale à l’appui du renforcement des capacités commerciales des pays en développement », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (ONU/CEA), M. Abdoulie Janneh, a évoqué plusieurs défis liés au commerce que le continent doit relever, y compris, l’intégration du commerce aux stratégies nationales de développement et le renforcement des capacités de négociation et de mise en œuvre des accords commerciaux conclus.

« Parallèlement, il faut plus de routes, de réseaux d’électricité, de télécommunications, de ports, d’ouvrages d’irrigation et de laboratoires d’essai, pour soutenir la production et les échanges.  En outre, l’aide pour le commerce devrait contribuer à créer un environnement propice aux affaires et permettre aux pays de faire face au coût de l’ajustement lié à la libéralisation du commerce » a-t-il déclaré.

Il a mis en exergue l’importance de l’aide pour le commerce dans le cadre des efforts déployés pour, d’une part, pallier les limites des économies africaines, caractérisées par leur petite taille et leur fragmentation et, d’autre part, intensifier le processus d’intégration régionale. L’Afrique compte quinze (15) États enclavés, qui sont tributaires des réseaux de transport peu fiables des pays voisins pour accéder aux ports et aux marchés.

M. Robert Zoellick, Président de la Banque mondiale, s’est adressé aux participants à la conférence à travers un message enregistré, dans lequel il a déclaré que l’aide pour le commerce revêtait un caractère primordial pour le développement de l’Afrique et la réduction de la pauvreté, aussi, la Banque entendait-elle lui apporter un appui sans réserve.

L’institution de Bretton Woods était représentée par sa Vice-présidente pour l’Afrique, Mme Obiageli Ezekwesili ; Mme Elizabeth Tankeu, Commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union africaine, représentait, pour sa part, le Président de la Commission de l’UA, M. Alpha Oumar Konaré.

Le programme de la conférence, qui s’étend sur deux jours, inclut un dialogue ministériel sur le thème suivant: « Pourquoi l’aide pour le commerce est importante pour l’Afrique », et trois réunions en petits groupes, consacrées à la Mobilisation de l’aide en faveur du commerce en Afrique occidentale, centrale, orientale et australe, et du Nord, respectivement.

Les autres discussions portent sur la « Facilité pour le climat d’investissement en Afrique », lancée par la BAD et des partenaires, « les Dimensions du développement de l’aide pour le commerce », « la Mobilisation des banques régionales de développement en Afrique » et, pour conclure, un « Dialogue libre » sur un plan d’action.

La conférence de Dar es Salaam est la dernière des trois réunions régionales organisées cette année dans le cadre de l’initiative en faveur de « l’Aide pour le commerce », lancée en décembre 2005 lors de la Conférence ministérielle de l’OMC organisée à Hong Kong. Les deux autres conférences ont eu lieu les 13 et 14 septembre à Lima, Pérou, pour l’Amérique latine, et les 19 et 20 septembre à Manille, Philippines, pour l’Asie et la région Pacifique. Les conclusions de ces trois rencontres régionales seront incluses dans la session d’évaluation de l’aide pour le commerce qu’organise l’OMC les 20 et 21 novembre 2007 à Genève.