Une mobilisation internationale pour alimenter l’Afrique en électricité

29/09/2015
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De fortes alliances ont été conclues lundi 28 septembre 2015 lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, et le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, se sont serrés la main, scellant ainsi leur engagement à poursuivre leur collaboration afin d’accroître l’autonomie énergétique de l’Afrique. Au cours d’un déjeuner entre chefs d’État organisé par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, les deux dirigeants ont exprimé leur vœu commun de voir le continent passer de l’obscurité à la lumière.

Le programme « Power Africa » du président Obama est déjà en cours d’exécution. Son objectif consiste à doubler l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne, une région où plus de 600 millions de personnes vivent sans électricité. Electrifier l’ensemble des 54 nations africaines est désormais la priorité numéro un du président Adesina depuis son élection à la tête de la BAD. Le nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique initié par Adesina consiste en une stratégie historique en cinq points conçus pour y parvenir.

« L’Afrique possède aujourd’hui plus de 82 000 milliards de dollars de ressources naturelles », a déclaré Akinwumi Adesina. « Il nous faut ajouter de la valeur à ces ressources afin que la richesse reste sur notre continent ».  « Le seul moyen d’y parvenir », a-t-il ajouté, « c’est de le faire à travers une industrialisation alimentée par des sources d’énergie fiables ».

Cet engagement était au centre des discussions menées par Akinwumi Adesina cette semaine, à l’occasion de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU).

Autre succès majeur, l’entente conclue avec le Président directeur général du Millennium Challenge Corporation (MCC), Dana Hyde, ce même lundi, pour le lancement d’une deuxième série d’accords axés sur la génération d’énergie. Le MCC est un programme américain qui vise à soutenir la réforme de la politique énergétique dans les nations africaines éligibles, notamment au Ghana, au Bénin et au Libéria. Au cours de cette deuxième phase, la BAD apportera un complément au projet du MCC en aidant un plus grand nombre de pays à atteindre le niveau d’admissibilité, à franchir les obstacles réglementaires à caractère institutionnel et à gérer les risques afin que le secteur privé puisse investir.

Autre point de discussion, les ressources en énergie. Le thème a été abordé lors de la session d’« Évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement », un événement parallèle organisé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l’Union africaine (UA), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La rencontre s’est également appesantie sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés récemment, pour accroître la croissance économique, mettre en place des filets de protection sociale et améliorer l’éducation, l’égalité entre les sexes et l’accès aux soins de santé.

Les participants, parmi lesquels se trouvaient Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Angel Gurría, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Abdoulaye Mar Dieye, administrateur assistant et directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, et Akinwumi Adesina de la BAD, ont partagé leur vision d’un avenir plus prometteur pour le continent.

Le président de la BAD a également tenu des réunions bilatérales avec, entre autres, les chefs de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le ministre canadien du Développement international, et le Président du Secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.

Après New York, Akinwumi Adesina s’est rendu à Washington D.C. pour poursuivre sa mobilisation et obtenir les soutiens, les ressources et les partenariats nécessaires à la réalisation de son objectif : faire de l’alimentation en électricité de toute l’Afrique une réalité d’ici 2030.