La BAD approuve 10 millions USD de garantie de crédit pour les Seychelles

17/02/2010
Share |

Tunis, le 15 février 2010 - Les Seychelles ont restructuré leur dette, amélioré leurs finances publiques et normalisé leurs perspectives économiques, grâce à un soutien financier unique fourni par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Le Groupe de la BAD a approuvé, en décembre 2009, un prêt de 10 millions USD pour financer une garantie partielle de crédit à l’appui aux réformes (GPCAR) dans le pays. Cette opération innovante sans précédent, a été conçue pour faciliter la restructuration de la dette commerciale, tout en renforçant la gouvernance financière du pays.

Avec la garantie de la BAD, le gouvernement des Seychelles a terminé l’échange de ses obligations et autres dettes commerciales extérieures contre de nouvelles obligations libellées en dollars EU, avec une échéance finale en 2020. Les nouveaux titres ont été émis avec 50 % d’escompte sur la valeur nominale des coupons initiaux pouvant bénéficier de l'offre publique d'échange, avec une valeur nominale de 168,9 USD.

Le ministre seychellois des Finances, Danny Faure, a déclaré que la conclusion heureuse de l'offre d'échange a abouti à l'annulation d'environ 225 millions USD en capital, intérêts échus, et autres frais. « Avec l'allégement de la dette récemment accordé par le Club de Paris et les autres créanciers extérieurs, l’opération a transformé nos perspectives économiques en rendant viables la position de notre dette et les finances publiques», a-t-il ajouté.

La crise économique et financière mondiale a aggravé les problèmes économiques rencontrés par les Seychelles. Combinées aux chocs exogènes, les politiques macroéconomiques insoutenables et de longue durée ont atteint un pic avec l’épuisement presque total des réserves de change du pays, et ont entraîné des défauts de paiement au titre de la dette publique à mi-2008.

Au début de l’année 2009, le gouvernement a jugé nécessaire de restructurer la dette extérieure au pays dans le but d'apurer les arriérés cumulés et de placer sa dette sur une trajectoire soutenable. Il a lancé un programme de réformes économiques et financières concentré en début de période, qui a entraîné un redressement notable de l'environnement macroéconomique du pays.

Les efforts de réforme du gouvernement ont reçu les éloges et l'appui des partenaires clés du développement, notamment la BAD et les Institutions de Bretton Woods. Malgré cela, le fardeau de la dette publique, en particulier la dette envers les créanciers commerciaux, demeurait un grave obstacle au développement durable du pays.

Pour résoudre ce problème, le gouvernement est parvenu, avec le Club de Paris, à un accord en vertu duquel les créanciers bilatéraux ont accepté une réduction de 45% de leur dette nominale globale. Le gouvernement des Seychelles a alors approché la BAD en août 2009, pour demander une garantie partielle de crédit de 10 millions USD visant à soutenir les efforts du pays afin d’obtenir un arrangement comparable avec ses créanciers commerciaux.

La GPCAR, qui a permis au pays de restructurer 100% de sa dette éligible, a été conçue comme complément d’un prêt d’appui budgétaire de 15 millions d’euros approuvé en juillet 2009, pour financer le Programme de réformes de la gouvernance économique (PRGE) du pays.

La directrice Région Est du Groupe de la Banque, Diarietou Gaye, a déclaré que c'est la première transaction du genre dans l'histoire de l'institution. Elle a fait observer que la demande a été traitée en un temps relativement court, ce qui indique clairement que l’institution est capable de répondre aux clients ayant des besoins urgents.

«Le succès de l'opération est largement dû à la mobilisation d'une équipe pluridisciplinaire comprenant le département des finances, le département juridique, le département de la gouvernance, le département des politiques, sous l’orientation du département régional. » Le FMI et la Banque mondiale ont appuyé le processus.