Le projet de pêche artisanale qui a visiblement amélioré les conditions de vie en Angola

26/03/2010
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Avec un littoral s'étendant sur 1.650 km, l'Angola est riche en ressources halieutiques marines. Le secteur national de la pêche est potentiellement l'une de ses industries les plus économiquement viables et occupe le troisième rang, après le pétrole et les mines de diamant. Le secteur fournit environ la moitié des protéines animales consommées dans le pays.

Toutefois, la filière de la pêche artisanale, qui fournit la plus grande partie du poisson consommé dans le pays, souffre d’un environnement défavorable, du manque d'espace pour la transformation du poisson, d’infrastructures et d’équipement de commercialisation. Les anciennes embarcations à pagaie et autres outils rudimentaires ne permettant de pêcher que peu de poisson à l’heure par personne, constituent l'attirail  usuel pour les pêcheurs locaux, tout comme dans la plupart des régions du continent.

Héritage de la guerre civile qui a sévi 27 ans dans ce pays, cette situation a largement contribué à la détérioration de la situation de sécurité alimentaire ainsi qu’à l’augmentation des niveaux de pauvreté, ce qui a incité le gouvernement à solliciter l'assistance de la Banque.

L’accord  de prêt pour le projet de développement de la pêche artisanale, signé en janvier 2003, est entré en vigueur en novembre 2003. Le gouvernement a également engagé un budget de 3 millions de dollars (1,67 millions d’UC) comme financement de contrepartie pour le projet.

Le projet est conforme au document de stratégie pays intérimaire du Groupe de la Banque (DSP), qui est axé sur la réduction de la pauvreté par le financement d'activités de développement dans la filière de la pêche artisanale, la réhabilitation des infrastructures sociales et la valorisation des ressources humaines.

Il est également en ligne avec la stratégie du gouvernement angolais dans le domaine de la pêche artisanale, qui représente 56% du secteur de la pêche du pays.

Ayant la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire pour les  communautés de pêcheurs comme but ultime, le projet vise à étendre les activités de pêche et à améliorer les revenus des pêcheurs ainsi que leur niveau de vie, grâce à la construction de 10 centres de pêche artisanale côtière et la fourniture des services d'appui de base pour renforcer la production et les capacités de commercialisation. Le projet contribue aussi à développer les capacités de la filière en fournissant des réponses aux besoins essentiels pour la production, la transformation et la commercialisation  du poisson.
 
Le projet repose sur trois piliers essentiels:

  • Le développement des infrastructures, qui comprend la fourniture d'infrastructures communautaires de base et la création d'un Fonds de développement local (FDL) ;
  • Le renforcement des capacités, qui se concentre sur le renforcement de la formation des bénéficiaires, avec l'aide de spécialistes et du personnel de vulgarisation en pêche ;
  • Le crédit rural, entièrement financé par le gouvernement et administré aux bénéficiaires directs par une institution de crédit rural spécialisée dans la gestion du crédit par le biais des banques commerciales locales.

A ce jour, le projet a enregistré des résultats impressionnants : construction de 10 centres de pêche, de trois marchés à poisson, de centres de transformation du poisson (y compris les quais de débarquement, de rampes d'accès et d’aires d'entretien des bateaux), fourniture de groupes électrogènes, de mobilier et d'équipements de bureau, fourniture d'équipements frigorifiques, approvisionnement en eau potable pour les bénéficiaires du projet, formation des bénéficiaires du projet et fourniture de crédit.

Selon les experts qui travaillent sur le projet, c’est celui qui connaît le  plus grand succès parmi les huit projets en cours dans le pays. Ils attribuent ce succès au fait que le projet « répond aux besoins réels des communautés de pêcheurs tels qu’ils les ressentent ». Le projet a complètement transformé ces communautés, qui n'avaient pas les infrastructures nécessaires à la pratique de la pêche artisanale.

En dehors de l'acquisition des compétences essentielles, les bénéficiaires ont aussi accès au matériel nécessaire : bateaux équipés de moteurs hors-bord, filets et équipements de transformation du poisson tels que réfrigérateurs et matériel de séchage.

En outre, le projet a renforcé la capacité des communautés de pêcheurs à travers diverses formations et voyages d'étude. Il a également fourni un volet de crédit grâce auquel les bénéficiaires, communautaires et individuels, peuvent acquérir des engins de pêche, des bateaux à moteur et un fonds de roulement.

La construction d'infrastructures appropriées à des emplacements stratégiques dans la zone du projet, y compris les quais de débarquement, les rampes d'accès, les marchés à poisson, la congélation du poisson et les machines à  fabriquer la glace et les autres équipements de bureaux ont connu un énorme succès.

« Le projet contribue de manière significative à assurer des moyens de subsistance durables, à améliorer les revenus des ménages et l’alimentation ainsi qu’à réduire la pauvreté », a fait observer le gestionnaire du projet, Andy Khumbanyiwa. Il a ajouté que la quantité de poisson vendue et fournie aux hôtels et restaurants dans les grandes villes a sensiblement augmenté à la suite du projet.

Pour sa part, l'équipe de gestion du projet a suggéré que le projet soit reproduit dans d'autres collectivités de pêcheurs grâce à un financement de la Banque, étant donné que le gouvernement angolais a indiqué que la deuxième phase du projet était une priorité.