« Le développement est une question purement humaine » a déclaré Akinwumi Adesina à New York

25/09/2015
Share |

Le Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina a pris part, jeudi 24 Septembre 2015 à New York, à la session d’échanges entre les chefs d’État sur le programme d’urbanisation de l’Afrique. Il a exhorté les participants à œuvrer en faveur de la disparition des bidonvilles en Afrique, un continent où la moitié de la population vit dans des zones urbaines.

Le Président de la BAD a annoncé la création d’un fonds de développement des communes urbaines en appui au programme d’urbanisation. Il a confirmé que la Banque était résolument en faveur du programme de la conférence Habitat 3 qui se tiendra l’année prochaine à Quito, et au cours de laquelle les représentants du monde entier se réuniront pour discuter du nouveau programme d’urbanisation.

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a appelé à une plus grande durabilité des villes africaines et à l’établissement d’un bon équilibre entre les considérations sociales, environnementales et économiques. Selon lui, l’urbanisation pourrait s’avérer être un puissant moteur pour la transformation de l’Afrique, tandis qu’une incapacité à aménager les zones urbaines pourrait aggraver le niveau de pauvreté.

Exprimant son fort soutien envers l’Objectif 11 des ODD qui engage la planète à assurer un développement durable des villes, Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de l’Union africaine, a convenu que l’urbanisation durable était essentielle au développement de l’Afrique. Aujourd’hui, 33 villes comptent plus d’un million d’habitants et les villes comme Le Caire et Lagos sont appelées à devenir des mégapoles, ce qui créera un lien entre la transformation, l’urbanisation et l’industrialisation une problématique incontournable. Elle a ajouté que ces villes devront être des centres culturels, éducatifs et économiques, et qu’il sera indispensable, parallèlement, de moderniser l’agriculture dans les périphéries urbaines pour nourrir les populations. 


Plus tôt dans la journée, le Président de la BAD est intervenu lors du Forum sur le leadership africain. « L’Afrique n’est pas en cours d’industrialisation. Bien au contraire. Nous sommes en train de nous désindustrialiser » a-t-il déclaré, « et il faut que cela change ». Il a indiqué que le continent, fort de 54 nations, pourrait inverser cette tendance en brisant sa très forte dépendance envers les économies d’exportation. « Concernant des produits tels que le pétrole, le gaz, l’agriculture et les minerais », a poursuivi Adesina, « l’Afrique doit se hisser tout en haut de la chaîne de valeur mondiale en termes de transformation et de valeur ajoutée de tout ce qu’elle produit ».

Il s’est exprimé pendant près d’une heure face à un public composé de dirigeants dans le domaine commercial, de représentants du gouvernement et du secteur du développement, dont, entre autres, Peter Kumpalume, ministre de la Santé au Malawi, Cristina Duarte, ministre des Finances et de la Planification au Cap-Vert, Hage Geingob, Président de la Namibie et Olajobi Makinwa, chef du Département de la transparence et de la lutte contre la corruption à l’ONU.

Evoquant son mandat à la tête de la première institution financière africaine, Akinwumi Adesina s’est engagé à porter le flambeau et à continuer le travail essentiel et inachevé de Donald Kaberuka, l’ancien président. Il a déclaré que deux de ses priorités consisteront à renforcer d’une part, le respect de l’égalité entre les sexes et d’autre part les soins de santé à travers le continent. « Quatre-vingt-dix pour cent des personnes qui meurent des suites du paludisme dans le monde se trouvent en Afrique » a-t-il affirmé. « C’est inacceptable ».

Malgré le travail exceptionnel fourni par la BAD dans des domaines tels que le développement des infrastructures et le renforcement de la sécurité fiscale, de plus amples efforts doivent être fournis pour stimuler les économies et continuer d’améliorer le quotidien des populations africaines. « En fin de compte, le développement est une question purement humaine. Nous devons faire en sorte qu’une priorité essentielle soit accordée au capital humain et au développement social » a-t-il conclu.