Accès à l’eau et l'assainissement : UA et BAD signent un accord en faveur de 5 millions d’Africains en milieu rural

02/07/2014
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Le gouvernement du Rwanda, agissant dans le cadre d’une initiative de l'Union africaine (UA), et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont signé un accord de mobilisation de ressources d’au moins 50 millions d'euros (environ 68,29 millions de dollars EU) à l’échelle continentale. Ce, pour financer l’accès à l’eau, l'assainissement et l’amélioration des conditions d’hygiène en Afrique rurale. L’accord a été paraphé en marge du 23e Sommet de l’UA, qui s’est tenu les 26 et 27 juin 2014, à Malabo (Guinée équatoriale).

Dénommée « Plan d'action de Kigali » (en anglais “Kigali Action Plan”, KAP), cette initiative contribuera à améliorer les conditions de vie de quelque cinq millions de personnes dans dix pays membres de l'UA (dont huit États fragiles). Le KAP mobilisera une partie des fonds en faisant la promotion des programmes d'eau et d'assainissement en Afrique, à travers une plate-forme de financement participatif. Les fonds seront administrés par la Banque, à travers l’Initiative pour l’approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural (IAEAR).

« Le Fonds fiduciaire de l'IAEAR est un véhicule stratégique », juge  Aly Abou-Sabaa, vice-président de la BAD chargé de l'agriculture, de l'eau, du développement humain, de la gouvernance et des ressources naturelles, qui a remercié l'UA et le Rwanda d’avoir choisi la BAD pour accueillir ces fonds. « Avec, à ce jour, 140 millions d'euros environ de contributions de donateurs [Burkina Faso, Canada, Danemark, France, Italie, Pays-Bas et Suisse, ndlr], nous sommes parvenus à mobiliser près de 5 milliards d'euros supplémentaires pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement », a-t-il indiqué, précisant que « la BAD, grâce au fonds fiduciaire de l'IAEAR, a fourni de l'eau potable à 82 millions de personnes et amélioré l’assainissement pour 57 millions de ruraux ».

Paul Kagame est le chef de file du KAP, cette initiative faisant suite au rapport que les ministres africains de l’Eau et de l’Assainissement avaient soumis à l'assemblée de l'UA, en janvier 2014, lequel s’inquiétait que l'Afrique n’atteigne pas à 100% les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d'accès à l’eau et l'assainissement – les manquant respectivement de 16 % et 22 %. Le rapport, qui conclut également que le niveau des investissements est en deçà des besoins, souligne la nécessité de faire face aux obstacles qui entravent l’atteinte des objectifs de l'Afrique dans le secteur de l'eau et de l'assainissement.

Le Plan d'action de Kigali combine volonté politique et besoin d'innovation, tous deux nécessaires à l’atteinte des OMD dans le secteur de l'eau et de l'assainissement. Il met aussi l'accent sur la mise en œuvre d'actions directes au niveau communautaire, de façon à remédier aux faiblesses du secteur en milieu rural.

Dix pays, qui pourraient ne pas atteindre les OMD, ont été retenus : le Burundi, la République centrafricaine, le Tchad, le Libéria, Madagascar, le Mali, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, le Lesotho et la Mauritanie. À l'exception du Lesotho et de la Mauritanie, ces pays sont tous considérés comme des États fragiles.

La cérémonie de signature entre le gouvernement du Rwanda et la BAD officialise le statut du fonds fiduciaire de l’Initiative pour l’approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural en tant que gestionnaire des ressources mobilisées grâce au Plan d’action de Kigali. Avec les contributions de la BAD, des agences bilatérales et multilatérales, des gouvernements africains et des communautés, le fonds fiduciaire de l'IAEAR ambitionne d’accélérer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement en Afrique rurale, en vue d'atteindre les OMD en 2015 et les objectifs de la Vision africaine de l'eau de 2025.

Financement d’infrastructures, d'alimentation en eau et d'assainissement dans les 10 pays concernés, développement de politiques d’accès à l'eau et d'assainissement en milieu rural, préparation de programmes et de projets, ainsi que renforcement des capacités et formation, constituent les activités éligibles aux financements du fonds fiduciaire.