La BAD organise un séminaire sur les transferts de fonds des migrants

30/01/2008
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La BAD organise un séminaire sur les transferts de fonds des migrants

Le vice président de la Banque africaine de développement (BAD) pour les infrastructures et le secteur privé,  M. Mandla Gantsho, a co-présidé avec M. Xavier Musca, Directeur général du Trésor et de la politique économique au ministère français de l'économie, des finances et de l'emploi, à Paris le 28 janvier 2008, le séminaire tenu sous le thème: «Tansferts de fonds des migrants vers l'Afrique: de l'étude à l'action». L'objet de ce séminaire d'une journée était la présentation et la discussion des résultats de l’étude financée par la France et conduite par la Banque africaine de développement à la demande du Comité Interministériel de la coopération internationale et du développement de la France. Le nombreux public présent (près de 300 personnes) et le haut niveau des intervenants (voir programme) ont donné à ce séminaire le caractère d'un événement et donné sens à cette idée que «le partage du savoir c'est aussi le développement» comme l'a souligné le vice président Gantsho dans son discours inaugural. Clôturant les débats de cette journée, M. Jean Michel Severino, Directeur général du Groupe de l'Agence française de Développement, a souligné combien cette étude a permis de rectifier l'image généralement admise d'une Afrique exsangue par la fuite des capitaux et de mieux appréhender les flux inverses. Elle le conforte dans les choix opérationnels de son institution sur ces questions ainsi que dans l'importance d'un dialogue impliquant l'ensemble des parties prenantes, auquel appelle l’étude dans ses recommandations.

La Banque africaine de développement (BAD) accorde une haute priorité à la promotion des envois de fonds effectués par les travailleurs migrants et à leur impact sur le développement en Afrique. En effet, à l’instar d’autres travaux, elle montre que les transferts de fonds des migrants prennent une importance croissante dans les économies des pays à forte migration. Cependant, malgré leur poids, ces flux financiers générés en direction des pays africains demeurent mal connus. De nombreuses zones d’ombres quant à la structure du marché ou à l’utilisation de ces ressources subsistent.

L'étude a permis d’établir un état des lieux global des flux financiers issus de la diaspora, d’identifier les mécanismes qui gouvernent le marché des transferts de fonds, les déterminants de l’offre et de la demande, de quantifier les flux et les canaux formels et informels qu’ils empruntent, leur répartition et leur utilisation. Elle met en perspective la stratégie des différents acteurs concernés, les migrants, leurs familles ainsi que les autres opérateurs économiques impliqués. Elle a porté sur quatre pays cibles, le Maroc, le Sénégal, le Mali, et les Comores. Ces pays présentent des caractéristiques économiques et sociologiques très différentes. Au même moment, ils ont en commun des liens migratoires et historiques forts avec un même pays développé, la France. Le rapport aborde également l’évolution des transferts de migrants à partir de pays limitrophes, l’Espagne et l’Italie, et souligne les différences de comportement intergénérationnelles.

Le rapport présenté fait ressortir l’importance sociale, économique et financière des transferts de migrants dans les pays récipiendaires. Leur volume représente entre 9 et 24% du PIB des pays étudiés, soit entre 80 et 750% de l’aide publique au développement dont ils sont bénéficiaires.

L’étude a été menée sous la direction scientifique d’un comité de pilotage coordonné par M. Mohamed Bourenane, Chef de Division au sein du Département Secteur Privé et Micro-finance de la Banque africaine de développement.

Le comité de pilotage comprenait, en outre, des experts: des ministères français de l’économie, des finances et de l’emploi; des Affaires étrangères; de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement; ainsi que de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque européenne d’investissement (BEI).

Le travail d’enquête et d’analyse a été mené par une équipe du Bureau d’études BDPA coordonnée par M. Ludovic Houssard. Le travail de terrain a été exécuté sous le contrôle de Mme Fatma Diarra (France) et de M. Abbas Soïdiki (Comores), Jamal Khalil (Maroc), Cheikh Amidou Kane (Sénégal) et Moussa Sidibé (Mali).


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