Le président Kaberuka participe à un déjeuner de presse sur le thème « médias et crise financière »

12/05/2009
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Pt Déj de presse avec le pdt Donald KABERUKA (BAD).-010

Le président Donald Kaberuka a pris part à un déjeuner de presse, organisé par la BAD, mardi 12 mai, à Dakar, en marge des Assemblées annuelles, sur la couverture médiatique de la crise et ses impacts sur les médias africains.

Dans allocution liminaire, M. Kaberuka a décrit la situation économique de l’Afrique au cours des trois dernières décennies et fait remarquer que c’est la première fois qu’une crise affecte l’Afrique sans qu’elle n’en soit à l’origine. Il  a  souligné que la meilleure réponse  à la crise financière actuelle est de rester focalisé sur  les besoins de l’Afrique, notamment ce que fait la BAD, en réalisant des infrastructures et en développant les institutions.

Il a rappelé que les initiatives de la Banque concernant le commerce, la Facilité de liquidité d’urgence,  l’accélération des transferts de ressources  aux pays éligibles au Fonds africain de développement, devraient aider le continent à préserver ses gains économiques pour ne pas basculer dans une régression.

Les autres intervenants qui sont succédé sur la problématique du jour étaient William Wallis, éditeur Afrique au Financial Times, Mactar Silla, directeur général de Spectrum TV  et Carol Pineau,  productrice indépendante (modératrice).

Le premier intervenant, William Wallis, a mis en exergue l’évolution de l’importance du rôle des médias au fur et à mesure que la crise financière se développait. Les reproches contre les médias se sont multipliés.  

Pourtant, a-t-il dit,  la presse n’a pas été absente des débats sur ce sujet, tel que le confirme une étude de l’école de journalisme de l’Université de Columbia portant sur des médias majeurs (Financial Times, Forbes, Bloomberg) : quelque 727 articles ont été publiés entre 2000-2007, qui ont attiré l’attention sur les déséquilibres mondiaux. Toutefois, par rapport aux autres millions d’articles portant sur d’autres enjeux, l’illustration en a été faite que les informations n’étaient pas publiées dans les premières pages, celles qui sont le plus lues.

D’autre part, il y a eu dans le monde une modification dans la structure des médias.  Les journalistes sont devenus inférieurs en nombre par rapport aux agents de relations publiques. Le nombre de journalistes a été réduit de 2 % par an au cours de la dernière décennie. Concernant l’Afrique, de moins en moins de journalistes sont des correspondants.

Pour sa part, le second intervenant, Mactar Silla, a  privilégié ce qu’il a défini comme une interpellation de la presse africaine dans sa diversité. Il a souligné que, contrairement à une certaine perception, jamais sujet n’a été autant couvert en Afrique que la crise financière internationale.  

Mais toutefois, a-t-il averti, la presse africaine ne doit pas être une caisse de résonnance de l’Occident. Face à la pléiade de nouvelles, les journalistes doivent jouer un rôle d’accompagnement. « Nous devons être des vigies, en matière de gouvernance, tout en ne manquant pas de relever les mauvaises pratiques et les bons exemples ». Pour cela a- t-il précisé, des institutions comme la BAD doivent être pourvoyeuses d’une information de qualité et aussi d’une expertise qui aidera les journalistes à mieux jouer leur rôle. Les médias, a conclu Mactar Silla, doivent être érigés en « infrastructures » disposant de capacités d’analyse et d’investigation.  

Plus de 100 journalistes ont pris part à la rencontre.