Le président Kaberuka a rencontré les représentants des pays membres de la BAD et des organisations internationales en Tunisie

17/01/2013
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Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a prononcé son discours annuel aux ambassadeurs des pays membres de la Banque et aux représentants des organisations internationales accrédités en Tunisie le jeudi 17 janvier 2013. L’intervention du président a été consacrée au rôle de la BAD dans la transformation économique de l’Afrique et aux enjeux du futur.

« L’Afrique a incontestablement fait preuve d’une résistance remarquable depuis le déclenchement de la crise en 2008. », a déclaré M. Kaberuka, au cours d’un  déjeuner à Tunis.  « Cependant, faire l’éloge du nouveau dynamisme de l’Afrique ne veut pas dire méconnaître la pauvreté massive qui sévit sur le continent.», a noté le président. De même que « Reconnaître la dynamique nouvelle à l’œuvre en Afrique ne revient pas à masquer l’immense problème d’aggravation des inégalités croissantes, du chômage ou de l’exclusion, ni à perdre de vue le grand déficit d’infrastructures, l’insuffisance du capital humain et les problèmes de gouvernance et d’ordre institutionnel qui entravent la création d’entreprises et l’investissement. », a-t-il ajouté.

Le président Kaberuka a mis l’accent sur le travail accompli par son institution au cours de la dernière décennie en matière de « création de richesses par la croissance économique, le commerce et l’investissement ».  Il a également mentionne les efforts  de la BAD en matière de « réduction constante de la dépendance à l’égard de l’aide étrangère à travers la mobilisation de ressources sur les marchés mondiaux de capitaux et l’amélioration de l’attractivité pour les investissements», sans oublier  « l’ouverture de notre marché intérieur considérable de 1 milliard de personnes, par le biais d’une intégration plus poussée, qui permettrait de tirer des dividendes de la démographie. »

La BAD a poursuivi ces objectifs, a-t-il indiqué, en se concentrant sur quatre domaines clés : l’investissement dans les infrastructures - entre autres l’énergie, les transports et la connectivité,  l’intégration économique régionale et l’élimination des barrières commerciales, la promotion du secteur privé ainsi que l’investissement dans l’enseignement technique et scientifique tertiaire.

Pour M. Kaberuka, la Banque devra à l’avenir soutenir une croissance inclusive à assise large et la création d’emplois, financer le développement, exploiter les ressources de l’Afrique au profit de l’Afrique, et adapter les économies au changement climatique. La dynamique de chaque pays et région sera prise en compte.

Le président Kaberuka a  également fait observer que la région Afrique du nord est toujours dans une période délicate de transition. « Les transitions de ce type sont fort prometteuses d’un grand avenir, mais elles ont aussi un lourd coût économique à court terme.», a-t-il indiqué.

Les enjeux auxquels la région est confrontée tournent autour de « la stabilisation macroéconomique, la mise en place de filets de sécurité bien ciblés en faveur des pauvres, la définition d’une orientation stratégique à long terme cohérente et la mise en œuvre de réformes orientées vers la croissance. Au lendemain d’une révolution, le rétablissement de la confiance prend du temps.», a dit le président de la BAD.

Kaberuka s’est félicité de la coopération et du partenariat entre la Banque  et les pays et organisations représentés. Il a remercié en particulier les pays contributeurs du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la Banque qui finance le développement des infrastructures, soutient les réponses au changement climatique, intègre les économies et  renforce la sécurité alimentaire et la valorisation du capital humain dans les 39 pays à faible revenu éligibles.