Approbation de la stratégie du Groupe de la BAD sur le New Deal 2016-2025 pour l’énergie en Afrique :

un pas significatif vers la transformation du continent

21/05/2016
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Avec l’approbation de la stratégie 2016-2025 sur le New Deal pour l’énergie en Afrique par les conseils d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le mercredi 18 mai 2016, un grand pas a été fait vers la transformation économique du continent.

La stratégie définit les priorités en matière d’interventions de la Banque dans le secteur de l’énergie de 2016 jusqu’en 2025. Elle vise à stimuler la transformation du secteur africain de l’énergie en promouvant une croissance inclusive et la transition vers une économie verte à travers l’augmentation de la production d’énergie et l’accès à celle-ci, la réduction de son coût à un niveau abordable, l’amélioration de sa fiabilité et de son efficacité ainsi que la viabilité des systèmes énergétiques.

Le New Deal pour l’énergie en Afrique repose sur cinq principes interdépendants et complémentaires : accroître la détermination à surmonter les défis énergétiques qui se posent à l’Afrique, établir un Partenariat transformateur sur l’énergie pour l’Afrique, mobiliser des capitaux aux niveaux national et international permettant de financer le secteur de l’énergie en Afrique de manière innovante, apporter un soutien aux gouvernements africains dans le renforcement de la politique énergétique, de la réglementation et de la gouvernance de ce secteur, et accroître les investissements de la Banque africaine de développement dans le financement de projets afférents à l’énergie et au changement climatique.

Dans une situation où, en Afrique, plus de 645 millions de personnes sont sans accès à l’électricité et quelque 730 millions de personnes dépendent de la biomasse pour faire cuire leurs aliments, le New Deal se présente comme un élément déterminant dans l’évolution du secteur de l’énergie à travers le continent.

Pour lutter contre ce déficit, l’intention est d’axer le New Deal sur sept thèmes, qui entravent présentement le développement du secteur de l’énergie.

Ces thèmes stratégiques consistent à : (i) mettre en place des cadres politiques propices, (ii) favoriser la réussite des entreprises de services publics, (iii) faire augmenter sensiblement le nombre de projets pouvant bénéficier de concours bancaires, (iv) accroître les réserves servant à financer de nouveaux projets, (v) soutenir des programmes d’accès à l’énergie de type ‘bas de la pyramide’, (vi) accélérer la réalisation de grands projets régionaux et stimuler l’intégration, et (vii) lancer des vagues successives de 'transformation' du système électrique dans chaque pays.

La BAD entend aborder ces thèmes à travers une série de programmes phares tels que l’approvisionnement des producteurs d’énergie indépendants (PEI), les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la transformation des services publics d’électricité, les systèmes de soutien aux projets dans leur phase initiale, les projets d’énergie de type "bas de la pyramide", l’accélération du nombre de projets régionaux, la réduction des délais intervenant dans le secteur de l’énergie dans les pays individuels, et les partenariats transformateurs.

Conçu pour soutenir la mise en œuvre des nouveaux objectifs stratégiques de la Banque, les Cinq grandes priorités, le New Deal sera d’importance cruciale dans l’atteinte de ces objectifs, car l’énergie entraîne le développement socio-économique. Pour nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains, il faudra éclairer et fournir de l’énergie à tout le continent. La stratégie est donc conçue pour libérer les potentiels de productivité dans les zones et les pôles alimentaires ainsi que dans les chaînes de valeur industrielles dans tous les secteurs économiques des régions tant rurales qu’urbaines, en ciblant surtout les populations non desservies partout à travers le continent.

Le New Deal contribuera à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) en Afrique. En particulier, il contribuera directement à la réalisation de l’ODD n° 7 - garantir l’accès à de l’énergie fiable, durable et moderne, à un coût abordable pour tous ; l’ODD n° 1 - mettre un terme à la pauvreté sous toutes ses formes ; l’ODD n° 13 - lutter contre le changement climatique et ses impacts ; l’ODD n° 3 - améliorer la santé et le bien-être ; l’ODD n° 5 - assurer l’égalité entre les genres et autonomiser toutes les femmes et les filles ; et l’ODD n° 10 - réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre. En outre, en améliorant l’accès à de l’énergie propre, le New Deal aura des retombées positives sur le progrès social, économique et environnemental de l’Afrique. Le New Deal va également aider les pays africains à atteindre les objectifs de la COP 21 relatifs au changement climatique, en particulier celui des contributions prévues et déterminées au niveau national (CPDN) des pays africains.

Avec plus de 100 projets actifs, le portefeuille de projets relatifs au secteur de l’énergie de la BAD s’est sensiblement étoffé au cours des dernières années. Les montants que la Banque a alloués au secteur de l’énergie entre 2006 et 2015 s’élèvent à environ 15 milliards de dollars US (soit 10 milliards d’UC). À la fin de 2015, le portefeuille du secteur de l’énergie dépassait les 12 milliards de dollars US (8 milliards d’UC).

Le New Deal vient s’adjoindre à des réformes internes, qui ont lieu suite à l’approbation par le Conseil d’administration du nouveau modèle de prestation de services. Ainsi, la mise sur pied d’un poste de vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance Verte est actuellement envisagée et, dans la mesure où elle se réalise, la BAD deviendra la seule banque multilatérale de développement à prendre une telle initiative.