La BAD approuve la définition de l'appétence au risque pour l'institution

11/05/2011
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Rédigé par Aristide Ahouassou

La gestion efficace du risque est essentielle pour la survie de toute institution financière, en particulier au vu de la volatilité actuelle des marchés financiers et des incertitudes des perspectives macroéconomiques.

Le conseil d’administration de la BAD vient d’approuver un document de politique sur l'appétence au risque, qui constitue la pierre angulaire d'un cadre de gestion du risque valable pour toute l’institution.

L'approbation de ce document s'inscrit dans la vision de la Banque visant à protéger son intégrité et sa solidité financières, grâce à une gestion prudente de l’équilibre entre la capacité de supporter les risques et les risques assumés pour développer régulièrement les opérations de prêt.

Le document vise également à permettre au département de la Gestion financière de continuer à jouer son rôle de renforcement de sa capacité à supporter les risques de la Banque et de s'assurer que ce rôle est joué de manière optimale.

Expliquant l'appétence au risque, la directrice du département de la Gestion financière,  Kodeidja Diallo, a souligné qu’avec la croissance de l'activité de la Banque, notamment des opérations non souveraines, et l'augmentation de la complexité des activités de trésorerie connexes, la gestion des risques de la Banque est confrontée à plusieurs défis consistant à s’assurer, d’une part, que le capital est à un niveau suffisant pour soutenir les activités à risques afin de maximiser les objectifs de développement associés de la Banque. D’autre part, que « les personnes qui prennent ou gèrent les risques au sein de la Banque en ont une pleine compréhension et sont tenues responsables des risques encourus ».

En outre, il faut aussi s’assurer que  « l'exposition de la Banque aux risques reste dans les limites prescrites par le conseil d'administration ou la direction, ou par les deux instances, le cas échéant ». Il faut par ailleurs que « les décisions de risque sont conformes à la stratégie opérationnelle et aux objectifs de la Banque tels que fixés par le conseil d'administration ; et les prises de risques soient couvertes par une compensation suffisante ou raisonnable ». 

«Le cadre de gestion des risques à la Banque a considérablement évolué au fil des ans. A l’origine, les activités opérationnelles de la Banque portaient principalement sur les prêts souverains, et un volume limité était alloué aux opérations non souveraines (secteur privé) », a-t-elle précisé.

En tant que principale institution de financement du développement sur le continent, la Banque est souvent appelée non seulement à augmenter son volume de prêts, mais aussi à prendre plus de risques, qui sont censés renforcer l’efficacité du développement et amener plus d’additionnalités.

« L'hypothèse selon laquelle prendre plus de risques à vocation de catalyseur, notamment à travers l’accroissement des interventions dans le secteur privé en Afrique en général, et en particulier dans les pays à revenus plus faibles, est conforme au mandat de la Banque relatif à la mobilisation et à un besoin d’augmentation des ressources destinées au financement du développement, en particulier dans les domaines actuellement tenus pour trop risqués », a expliqué Mme Diallo. Lire son interview.

Interview avec la Directrice du Département de la gestion financière et du risque, Mme Kodeidja Diallo

« La déclaration de l’appétence au risque est la pierre angulaire du cadre global d’entreprise de gestion des risques (EGR) » a mis en exergue Mme Diallo Kodeidja dans un entretien consécutif à l’approbation du document de politique approuvé par le conseil d’administration de la BAD, le vendredi 3 mai 2011 à Tunis.

Question: Le conseil d’administration vient juste d’approuver le document de politique sur l’appétence au risque. Pouvez-vous en des termes simples nous dire que signifie « l’appétence au risque » ?

Réponse : l’appétence du risque  fait référence aux actions liées aux activités de prise de risque de la Banque, fournit une direction claire permettant ainsi de maintenir le lien crucial entre la stratégie de la Banque et sa gestion quotidienne des risques. Néanmoins, la définition de l’appétence au risque est un processus complexe nécessitant un équilibre délicat entre des points de vue, perspectives et intérêts différents voire souvent divergents des parties prenantes des risques à prendre, de l’utilisation des fonds propres et la tolérance au risque. Afin d’améliorer l’objectivité de la définition de l’appétence au risque et assurer la participation de tous les actionnaires, une compagnie de consultance a été engagée en Septembre 2010 pour assister la Banque au développement d’une déclaration  d’appétence au risque.

Question: Quelle est la pertinence d’une déclaration de l’appétence du risque pour la Banque ?

Réponse :La Banque a toujours besoin de connaitre exactement le niveau d’engagement pour avoir une valeur ajoutée vis-à-vis ses pays membres régionaux afin d’optimiser les opérations de prêts. Les risques encourus pour poursuivre le mandat de développement de la BAD ne devraient ni nuire à la notation AAA de la Banque, ni la mettre en position de demander à ses pays membres régionaux (PMRs) et non régionaux (PMNRs) du capital exigible ou d’appeler à une augmentation générale de capital avant 2020. Le profil de risque de la BAD devrait également être optimisé en utilisant le transfert des risques et des outils d'atténuation des risques.

Question: Comment l’appétence au risque se traduit en opérations de prêts ?

Réponse : Concrètement, comme exemple, la part du secteur privé dans l’encours total de la BAD atteindra un volume d’environ 30%  à l’horizon 2020. Cette stratégie se traduit en des montants élevés d’approbations.