Il faut des mesures audacieuses pour relancer la croissance du continent, déclare Donald Kaberuka

02/02/2015
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Pour parvenir à transformer l’Afrique au plan socioéconomique, les dirigeants du continent doivent rompre avec le passé et adopter de nouvelles façons de penser, estime Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD). 

Donald Kaberuka a exhorté les dirigeants africains à suivre les traces de feu l’ancien Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, si désireux de réformer son pays qu’il avait décidé d’en évaluer l’expérience et conçu un plan de croissance, tout en instaurant des politiques viables pour renforcer son développement.

« Il était déterminé à miser sur l’expérience propre de son pays et à considérer tout conseil venant de l’extérieur à l’aune de cette expérience, non pas l’inverse », a souligné le président de la BAD. « Il avait la force de caractère de mener à bien une stratégie, même si elle était impopulaire au départ. Tous ces traits de caractère sont ceux d’un dirigeant à dimension transformationnelle », a déclaré le président de la BAD, lors d’une conférence organisée à Addis-Abeba le 29 janvier 2015, pour le lancement de la Fondation Meles Zenawi, en marge du Sommet de l’Union africaine.

Et Donald Kaberuka d’évoquer la croissance régulière que l’Éthiopie a connue au fil des ans, fruit des mesures radicales qu’avait prises son ancien dirigeant. Pourtant, « en 1991, l’économie de l’Éthiopie comptait parmi les moins développées en Afrique, le pays était épuisé par l’idéologie communiste, après des décennies de domination féodale ; on l’assimilait à la pauvreté et aux famines récurrentes », a-t-il rappelé. Mais, lorsque le président Zenawi est décédé, en 2012, le pays était exportateur net de produits alimentaires et d’énergie. Il attirait des investissements massifs et était en train de bâtir son industrialisation.

Selon Donald Kaberuka, l’héritage de Meles Zenawi pose un défi aux autres dirigeants, illustrant ce qui se produit lorsqu’un pays prend en main sa propre destinée.

« Si nous savons ce qui peut entraver le développement, notre connaissance de la façon dont ce développement se produit appelle à beaucoup de modestie, exempte de toute approche fondamentaliste des questions complexes  de politique économique», a ajouté le président de la Banque.

« En fin de compte, chaque nation n’a qu’une simple question à se poser : qu’est ce qui marche pour nous ? ».