BRICS : cap sur l’Afrique - La Nouvelle banque de développement, promesse de nouveaux financements ?

22/06/2015
Share |

Le mercredi 27 mai 2015, au troisième jour de ses 50e assemblées annuelles, la Banque africaine de développement (BAD) a organisé un panel dédié aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Entre autres enjeux passés au crible par les participants, figuraient la Nouvelle banque de développement (NBD), le Centre régional d’Afrique (CRA), et enfin l’arrangement d’une réserve contingente.

Participaient à cette table ronde le ministre sud-africain des Finances, Nhlanhla Nene, le vice-gouverneur de la Banque centrale d’Ouganda, Louis Kasekende, le président du Conseil d’administration de la Banque tanzanienne d’investissements, William Lyakurwa, (BTI), ainsi que le président directeur général (PDG) et fondateur d’Advanced Finance & Investment Group (AFIG), une société de gestion de fonds, le Sénégalais Pape Madiaw Ndiaye, et la banquière renommée Mizinga Melu, à la tête aujourd’hui de la région Afrique à la Barclays..

Le ministre des Finances sud-africain, Nhlanhla Nene, a pris le premier la parole, soulignant la dimension plurielle qu’incarne le groupe économique des BRICs, composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Et de rappeler qu’en 2013, l’Afrique du Sud accueillant la conférence des BRICS, le chef de l’Etat sud-africain avait invité ses homologues du continent à la rencontre.

« Notre participation aux BRICS a permis de faire des avancées significatives avec, notamment la création de la Nouvelle banque de développement (NBD) », a pointé le ministre Nhlanhla Nene. Et de préciser que ce panel était le lieu pour partager ce qui avait été fait jusqu’ici, de sorte de s’en inspirer au profit du continent africain. L'Afrique du Sud, a révélé le ministre, abritera aussi le siège du Centre régional africain (CRA). Quant à la Nouvelle banque de développement, l’identification de son futur lieu d’implantation est en cours.  Priorité sera donnée aux projets tels que les infrastructures routières, car l’Afrique en a un réel besoin. Cette nouvelle banque, selon le représentant du gouvernement sud-africain, sera dotée d’un capital de 100 milliards de dollars EU, dont 41 milliards abondés par la Chine et 5 par l’Afrique du Sud. D’autres pays du continent sont invités à y investir.

Louis Kasekende, vice-gouverneur de la Banque centrale d’Ouganda a abondé en ce sens, déplorant le large fossé existant en matière d’infrastructures sur le continent. Selon lui, la banque des BRICS jouera un rôle qui viendra compléter celui des autres partenaires au développement. « Nous voulons avoir des accès au crédit le plus rapidement possible et à des taux moins chers », a déclaré le vice-gouverneur. Outre les échanges de biens de consommation avec la Chine, Louis Kasekende est d’avis qu’il faut aller encore plus loin, viser d’autres domaines, tels que le bâtiment et les travaux publics, la conduite de grands travaux, etc. Dans la perspective des BRICS, il faut encore élargir le commerce, a-t-il ajouté.

Pape Madiaw Ndiaye, qui représentait le secteur privé sénégalais, a déclaré que l’Afrique avait besoin d’initiatives concrètes dans les échanges. Avant de demander à l’Afrique du Sud de faciliter la participation des pays africains à cette nouvelle banque, une « banque de rupture » selon lui. A la suite de quoi, il a appelé le secteur privé, moteur de la croissance, à se sentir plus concerné

William Lyakurwa, président du Conseil d’administration de la Banque tanzanienne d’investissements a tenu a préciser que les BRICS n’étaient pas satisfaits des institutions financières internationales existantes. De la même façon que l’Asie a créé sa propre banque, la création de la NBD marque une évolution positive. Et de conclure sur la nécessité qu’a l’Afrique, d’après lui, de présenter des projets bancables pour développer ses infrastructures, de favoriser une meilleure circulation des personnes et des biens, etc.

Revenant elle aussi sur la création de la nouvelle banque de développement des BRICs, Mzingu Melua souligné que seront ainsi rassemblés des partenaires venus du  Brésil, pays reconnu dans l’exploitation minière, de Russie, qui a une belle expérience dans le pétrole, et de Chine, spécialisé dans le BTP. Avec une population de 62 % de jeunes, l’Afrique a besoin du soutien de la NBD, a conclu la directrice de la branche Afrique à la banque Barclays.

Quelles seront les priorités de la future banque ? Comment s’assurer de l’entretien des infrastructures, quand certaines s’avèrent peu pérennes tandis que les prêts sont remboursables sur 50 ans ? Quel soutien faut-il offrir aux collectivités dans le cadre de la politique de décentralisation ? Les questions soulevées durant le panel ont été nombreuses. Le ministre des Finances sud-africain a plaidé pour une banque alternative qui vienne en renfort des institutions financières déjà existantes.