Négocier un meilleur développement mondial : Kaberuka met la BAD en pole position

20/04/2015
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Un programme décisif de développement international a été élaboré la semaine dernière à Washington, et le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a été au cœur des conversations. Qu’il s’agisse des 300 millions de dollars EU supplémentaires pour financer la lutte contre Ébola, ou d’aider à définir le programme de développement mondial, le président de la BAD a fait savoir au monde entier, ce vendredi 17 avril 2015, que la Banque était bien placée pour offrir son aide.

« À la BAD, nous consacrons environ 3 milliards de dollars par an au financement du secteur privé. Nous comprenons donc les risques et pouvons les atténuer », a-t-il déclaré, face aux directeurs d’organisations internationales de développement, aux chefs de gouvernements et responsables du secteur privé et aux représentants de la société civile. Donald Kaberuka s’est exprimé au cours d’une conférence-débat, intitulée « Changer de discours sur le financement du développement », que la Banque mondiale organisait dans le cadre de ses réunions de printemps annuelles avec le Fonds monétaire international (FMI).

Étaient présents plusieurs dirigeants, notamment le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Kim, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, la ministre des Finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala, le directeur exécutif de Save the Children, Justin Forsythe, et le vice-président de la société General Electric, John Rice. Les discussions se sont focalisées sur les dernières réflexions en matière de mobilisation des ressources domestiques et sur le meilleur moyen de tirer parti du secteur privé afin de créer des mécanismes financiers, des solutions et des initiatives qui aillent bien au-delà du simple comblement de déficits de financement.

« Nous devons penser à ce qui a très bien marché dans le secteur public et le secteur privé », a ajouté Donald Kaberuka, dans la perspective de la troisième édition de la Conférence internationale sur le financement du développement, prévue cet été à Addis-Abeba, en Éthiopie, désireux que ces exemples soient présentés à cette occasion, en juillet prochain.

Le président de la BAD avait auparavant fait cas de son propre exemple, vendredi 17 avril, lors d’un forum organisé par Global Financial Integrity, une organisation à but non lucratif basée à Washington qui travaille à endiguer les flux financiers illicites. En tant que ministre des Finances du Rwanda, « nous avions lancé un programme pour créer un service fiscal indépendant, une TVA, et cela a fait des miracles », a-t-il raconté à un groupe composé, entre autres, d’économistes en chef, de conseillers politiques, de gouverneurs de banques centrales que, avant d’ajouter : « Depuis que je suis à la Banque africaine, c’est ce que j’ai essayé de faire pour de nombreux pays en Afrique ». La Banque travaille actuellement avec le Togo, le Libéria et le Swaziland pour reproduire ce modèle, a précisé M. Kaberuka.

Faire bouger le pouvoir économique pour le bien des nations africaines est une mission à laquelle Donald Kaberuka a dédié sa carrière et, vendredi soir, il a de nouveau été honoré pour son travail. AllAfrica Global Media a marqué son 15e anniversaire par le lancement des « AllAfrica Awards », lors desquelles M. Kaberuka a remporté la « Champion Award » pour les efforts qu’il déploie sans relâche depuis dix ans.

Le président sénégalais, M. Macky Sall, s’est vu décerner le prix « Economic Leadership Award », tandis que Maria Kiwanuka, ancienne ministre des Finances, de la Planification et du Développement économique et conseillère principale du président ougandais s’est vu remettre le « Patriot Award ».

« Donald Kaberuka représente le type de dirigeant dont on a besoin pour nos institutions africaines et nos pays », a déclaré Amadou Mahtar Ba, président exécutif d’AllAfrica. « Il a fait preuve d’une détermination et d’un courage constants pour transformer la Banque et le continent ».

Le deuxième mandat de Donald Kaberuka en tant que président de la BAD prendra fin cette année.