Le Burkina Faso devient membre du Fonds de partenariat pour le carbone forestier

20/12/2013
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Grâce au soutien résolu de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale, le Burkina Faso a obtenu son adhésion au Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FPCF) et, partant, le label pays REDD+*.  Un don de 3,8 millions de dollars EU lui permettra de mettre en place les politiques et systèmes nécessaires à la mise en œuvre effective du mécanisme REDD+.

L’adhésion au FPCF constitue un pas important pour le Burkina Faso, pays sahélien qui compte près de 13 millions d’hectares de  bois et forêts – soit 43 % environ de sa superficie totale –, et dont  les réserves forestières couvrent près de 4 millions d’hectares. Toutefois,  l’abondance de ces ressources forestières se voit menacée par le rythme de déforestation, estimé à 107 000 hectares par an, et par leur dégradation, de l’ordre de 0,5 million d’hectares par an. La déforestation et la dégradation des forêts sont, pour l’essentiel, dues à un ensemble complexe de facteurs, de nature notamment socio-économique, politique, technologique et culturel.

Avec l’appui du Programme d'investissement forestier (PIF) et du FPCF, le Burkina Faso met en place une stratégie REDD+ nationale, qui entend lutter contre les causes principales de déforestation et de dégradation des forêts :

  • Aménagement du territoire : afin de de favoriser une utilisation des sols plus appropriée à diverses activités rurales (agriculture, élevage, foresterie, sylviculture et activités pastorales, exploitation minière, etc.) pour que toutes puissent coexister.
  • Sécurisation foncière : application effective des lois et réglementations récentes, relatives à la sécurité foncière, afin de favoriser l’émergence d’un environnement propice aux investissements nécessaires à une meilleure gestion foncière et forestière.
  • Gestion des systèmes agricoles, sylvicoles et pastoraux : pour une gestion durable de l’agriculture, de l’élevage et de la foresterie, au sein d’un système durable de gestion de l’occupation des sols.
  • Une composante transversale : axée sur le renforcement des capacités nationales (au sein des ministères, mais également dans le secteur privé, la société civile et les institutions d’enseignement et de recherche), l’harmonisation des politiques et la promotion d’une gestion des ressources naturelles fondée sur la bonne gouvernance, notamment des forêts, sera incluse afin de favoriser l’émergence des conditions favorables à la mise en œuvre de ces trois grands domaines d’invention.

Si le Burkina Faso a été admis parmi les pays REDD+, c’est en grande partie en raison de la longue collaboration du pays avec le Programme d'investissement forestier (PIF) du Fonds d’investissement pour le climat (FIC). La BAD et la Banque mondiale ont aidé le Burkina Faso à préparer son plan d‘investissement FIP. Approuvé en novembre 2012, ce plan consacrera 30 millions de dollars EU à la gestion durable des ressources forestières.

Grâce à l’appui conjugué du PIF et du FFCF, le Burkina Faso va progresser à grands pas dans la lutte qu’il mène contre la déforestation et la dégradation de ses forêts. Fait remarquable pour un pays du Sahel,  ses ressources forestières sont de renommée mondiale.

*Concernant le label REDD+ : Le programme “Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts” (REDD) attribue une valeur financière au carbone stocké dans les forêts, afin d’inciter les pays en développement à réduire les émissions provenant des zones forestières et à opter pour des modes de développement durable à faible émission de carbone. Outre la déforestation et la dégradation des forêts, le label “REDD+” tient compte également des fonctions de conservation et de gestion durable des forêts ainsi que de l’amélioration des stocks de carbone forestier.