Burkina Faso : 11,5 millions de dollars pour accroître le stockage du carbone des forêts et réduire la pauvreté en milieu rural

13/11/2013
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Grâce au soutien de la Banque africaine de développement (BAD), le Burkina Faso a obtenu un don de 11,5 millions de dollars EU du Programme d’investissement pour la forêt (PIF) des Fonds d’investissement climatiques (FIC). Cette subvention est destinée à entreprendre le Projet de gestion participative des forêts classées (PGFC) pour la Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation (REDD+, dit en anglais “Gazetted Forests Participatory Management Project for REDD+”)*, dans le but de procéder à la transformation, indispensable, de douze (12) de ses forêts classées.

Avec 48,8 % de sa masse terrestre couverte de forêt, le Burkina Faso est un pays fortement tributaire du secteur forestier pour son développement socio-économique. Aujourd'hui, cependant, au vu de la déforestation croissante, le pays subit une perte de biodiversité accrue et d’une production issue de sols dégradés. Le projet appuyé par le PIF et la BAD entend contribuer à une transformation au bénéfice triple : le renforcement des capacités en stockage du carbone des forêts, l'amélioration de la résilience des populations locales au changement climatique et la réduction de la pauvreté grâce à la diversification de leurs sources de revenus, au développement de produits ligneux et non ligneux des forêts classées, tels que la transformation de l’amande et du karité ainsi que l'apiculture.

Les principaux résultats escomptés du projet sont : l’élaboration d'un système MRV (“mesurable, communicable et vérifiable”) pour la REDD+ ; l'amélioration de la gouvernance forestière ; la sécurisation et la gestion de 284 000 hectares (ha) de forêts classées ; ainsi que la mise en place d'une infrastructure de soutien socio-économique aux municipalités alentours. Le projet est conçu pour bénéficier directement à 5 400 producteurs, dont 2 700 femmes, et, indirectement, à près de 850 000 personnes – dont la moitié de femmes – dans les localités qui jouxtent les sites du projet.

« Ce projet vient appuyer les priorités stratégiques du pays pour son vaste secteur forestier, à savoir l'amélioration de la gouvernance, un développement socio-économique respectueux de l'environnement et la gestion durable des ressources forestières et des zones boisées », a déclaré M. Laouali Garba, responsable du projet à la BAD. « Nous sommes très heureux que s’offre à nous l’occasion de soutenir le Burkina dans cette initiative ambitieuse, et de contribuer au processus de transformation qui combine la réduction de la pauvreté, la résilience face au changement climatique et le développement axé sur une faible émission de carbone ».

Le projet comprend les volets suivants :

  • Le renforcement de la gouvernance forestière, notamment le cadre juridique REDD + et le renforcement des capacités administratives grâce à la formation, à des bourses d'études et à la révision des normes ;
  • La gestion et le développement participatifs des forêts classées, dont la sécurisation et le développement des forêts à travers la délimitation, le bornage et le développement de 12 forêts classées, d’une superficie totale de  284 000 ha, le renforcement des capacités opérationnelles des intervenants, le soutien aux communautés voisines grâce à la construction de cinq centres communautaires dans les environs ;
  • La coordination et la gestion du projet, notamment la gestion de la passation des marchés et la gestion financière, le suivi, l'évaluation et l'audit.

Avec ce projet, s’achève le processus d'approbation des projets du portefeuille du FIP de la BAD. La Banque collaborera donc avec ses pays partenaires et le FIP pour commencer sa mise en œuvre totale, par une meilleure gestion et un développement durables plus respectueux du climat des forêts africaines.