Burundi : projet d’aménagement des bassins versants

10/04/2012
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Les ressources forestières du Burundi ont été sérieusement dégradées depuis le début de la crise socio-politique qu’a connue le pays ces dix dernières années. Ainsi, plus de 30.000 ha de boisement et 10.000 ha de forêts naturelles ont été détruits, ramenant le taux de couverture forestière du pays de huit pour cent à cinq pour cent.

La surexploitation des terres arables, le surpâturage, le labour sur des fortes pentes et l’érosion sous toutes ses formes ont dégradé les ressources naturelles (sols, forêts, etc.). Face à cette situation de dégradation environnementale aiguë, la Banque a initié et exécuté le projet d’aménagement des bassins versants au Burundi (PABV).

Le projet a permis de former les agents des départements en charge de la gestion des ressources naturelles pour mieux gérer les plantations de l'Etat et de la communauté. Au cours des cinq années de sa mise en œuvre, les communautés locales ont pu bénéficier de plusieurs ateliers de formation sur la foresterie et l’agriculture. Elles ont également été initiées à de nouvelles activités génératrices de revenus : apiculture, maraîchage et arboriculture fruitière.

A travers ce projet, la Banque a financé la création de 15.000 ha de plantations domaniales pour protéger les crêtes dénudées contre l’érosion. Elle a également financé, à la demande des populations, la création de 1.800 ha de boisements communautaires. Environ 3.750 ha de plantations privées ont été créés pour la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers.

Différents ouvrages antiérosifs (diguettes, haies, cordons pierreux, tranchées végétalisées, etc.) ont été installés sur les pentes et les terres de cultures menacées par l’érosion. Ces ouvrages totalisent 600.000 mètres linéaires. Ils ont permis de freiner les eaux de ruissellement et de favoriser la sédimentation des particules fines pour augmenter la rétention de l’eau. D’où l’amélioration de l’infiltration des eaux et la recharge de la nappe phréatique.

Environ 50 km d’anciennes pistes en état de dégradation ont été  réhabilités et 100 km de nouvelles pistes ont été ouvertes dans les nouvelles plantations. Près de 250 km de pistes et pare-feu ont été entretenues pendant la durée du projet.

Enfin, en matière d’intégration agro-sylvo-pastorale, le projet a permis de construire 145 ha de haies paddocks et d’ouvrir 3.000 ha à la culture d’espèces fourragères et autres plantes. Cette activité s’est traduite par l’amélioration de  5.800 ha de pâturages naturels.