Appel du C10 aux pays membres non régionaux d’appuyer l’augmentation générale du capital

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Date: 21/02/2010
Lieu: Cape Town, South Africa

Le Comité des Dix (C10) qui a tenu sa quatrième réunion au Cap, en Afrique du Sud, le 21 février 2010, a appelé les gouverneurs non régionaux à se joindre aux membres régionaux pour appuyer l’augmentation générale du capital.

Les responsables africains se sont dits « convaincus qu’une reconstitution substantielle des ressources du FAD aura une grande importance pour les pays à faible revenu et constitue un complément à l’augmentation générale du capital. » La réunion qui avait été ouverte et présidée par M. Pravin Gordhan, ministre des Finances de l’Afrique du Sud, avait pour objectif de faire le point sur l’impact de la crise, d’examiner les mesures à prendre pour favoriser la reprise et relancer la croissance, de passer en revue les questions soulevées par le plan de travail du G20, d’évaluer les enjeux financiers posés par le Sommet de Copenhague sur le changement climatique et de convenir de la marche à suivre.

La rencontre s’est tenue sous les auspices de la Banque BAD, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et de la Commission de l’Union africaine (CUA). Étaient présents les pays et institutions suivants : Afrique du Sud, Algérie, Botswana, Cameroun, Égypte, Kenya, Nigeria, Tanzanie, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

Communiqué de la réunion des ministres africains des finances et du plan, et des gouverneurs de banques centrales

  Le Cap, le 21 février 2010

1. À l’invitation de l’Afrique du Sud, nous avons tenu notre quatrième réunion au Cap, le 21 février 2010, sous les auspices de la Banque africaine de développement (BAD), de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et de la Commission de l’Union africaine (CUA).

2. Étaient présents les pays et institutions ci-après : Afrique du Sud, Algérie, Botswana, Cameroun, Égypte, Kenya, Nigeria, Tanzanie, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). La réunion a été ouverte et présidée par M. Pravin Gordhan, ministre des Finances de l’Afrique du Sud.

3. Nous avions pour objectif de faire le point sur l’impact de la crise, d’examiner les mesures à prendre pour favoriser la reprise et relancer la croissance, de passer en revue les questions soulevées par le plan de travail du G20, d’évaluer les enjeux financiers posés par le Sommet de Copenhague sur le changement climatique et de convenir de la voie à suivre.

4. Nous avons procédé à un examen approfondi de la performance économique de nos différentes sous-régions et des perspectives pour 2010. Nous avons noté que si l’Afrique a été à l’abri des pires effets de la récession mondiale, elle fait face à des risques importants. La crise a sérieusement ralenti la croissance du continent et compromis les efforts de réduction de la pauvreté. La réunion a réitéré la détermination à prendre les mesures utiles pour consolider la reprise de nos économies. La résilience forgée à l’épreuve d’une décennie de réformes macroéconomiques a servi de fondement solide à la reprise. Nous continuerons de nous employer à améliorer le climat des affaires et à mobiliser davantage de ressources intérieures, sans perdre de vue que nos économies se remettront avec décalage.

5. Nous avons accueilli avec satisfaction les engagements pris par le G20 à Pittsburgh et demandé qu’ils soient intégralement honorés. Nous demeurons, toutefois, préoccupés de constater que l’Afrique n’est pas suffisamment représentée au G20 et dans d’autres enceintes internationales où sont prises les décisions qui détermineront l’avenir du continent et nous aimerions que les défis du développement soient résolument placés au cœur du programme de refondation de l’économie mondiale.

6. Nous saluons le cadre du G20 pour une croissance robuste, durable et équilibrée, tout en reconnaissant la fragilité de la reprise et de sa soutenabilité. Pour être soutenue, la croissance mondiale doit être équilibrée et partagée. L’Afrique a une contribution à apporter à cette reprise en tant que pôle supplémentaire de croissance, à condition d’accorder l’attention aux moteurs de croissance, à l’investissement dans le capital humain et les capacités matérielles, au développement de la capacité à faire le commerce, à l’intégration économique et à la convergence avec le reste de l’économie mondiale. Nous reconnaissons que chaque pays devrait définir sa propre stratégie de croissance, coordonnée à l’échelle régionale. Nous convenons que l’infrastructure, notamment énergétique, les technologies de l’information (TI) et les corridors de transport régionaux offrent l’opportunité d’attirer l’investissement et de stimuler la croissance. Nous entendons accorder à cette question une attention particulière et sommes à la recherche de partenariats, aussi bien publics que privés. En particulier, nous nous félicitons de l’initiative « Invest Africa » qui se réunira en Égypte en 2011 en vue d’attirer l’investissement, en particulier pour combler le déficit d’infrastructure que connaît l’Afrique.

7. Nous allons coopérer plus étroitement avec d’autres pays en développement afin de renforcer la position de l’Afrique. Nous avons la conviction que l’année 2010 offre l’occasion au G20 d’instaurer un cadre propice à une croissance mondiale sans exclusion et d’établir de nouveaux partenariats transformateurs, propres à favoriser la croissance en Afrique. Nous saisirons l’occasion pour évoquer ces idées avec la Corée du Sud et le Canada, respectivement présidents en exercice du G20 et du G8. Il semble que la Corée du Sud mettra le développement au menu du Sommet du G20 en novembre. Nous nous réjouissons à la perspective de discuter de ces thèmes avec la présidence du G20.

8. Nous avons rendu hommage à la Banque africaine de développement pour sa réaction rapide, efficace et efficiente face à la crise et apportons notre plein appui à l’accroissement de ses ressources. Nous avons noté avec satisfaction le soutien unanime que les gouverneurs africains ont apporté, lors de leur réunion du 15 février 2010 à Tunis, à une augmentation générale du capital de 200 %. Nous appelons les gouverneurs non régionaux à se joindre aux membres régionaux pour appuyer l’augmentation générale du capital. Nous sommes convaincus qu’une reconstitution substantielle des ressources du FAD aura une grande importance pour les pays à faible revenu et constitue un complément à l’augmentation générale du capital. La Banque a clairement démontré sa capacité à acheminer efficacement un volume accru de ressources et à produire des résultats.

9. Nous avons noté en particulier que, sous l’effet des exigences additionnelles de conformité, les normes révisées de réglementation bancaire et financière seront lourdes de conséquences pour notre secteur bancaire. Nous avons demandé à la Banque africaine de développement d’organiser une réunion des banques centrales africaines pour discuter des principaux enjeux, afin que nos vues soient prises en compte dans le processus de consultation avant qu’il n’arrive à son terme en avril.

10. Nous avons pris note des conclusions du Sommet de Copenhague. Le continent est confronté à un énorme déficit énergétique, qui entrave considérablement la croissance et le développement du secteur privé. Tout en reconnaissant le grand intérêt à poursuivre une croissance moins génératrice de carbone, nous n’en sommes pas moins conscients que le coût en jeu est élevé et que cela ne devrait pas se faire au détriment des besoins actuels de développement, confrontés au manque de ressources. Aussi saluons-nous l’intention annoncée à Copenhague de mettre à disposition des ressources supplémentaires, notamment pour l’adaptation et la réduction de la déforestation. Conformément à la position de l’Afrique exprimée par le Premier ministre Meles Zenawi à Copenhague, une bonne partie de ces ressources supplémentaires devrait passer par la BAD.

11. Nous nous sommes félicités de la récente création du Groupe consultatif de haut niveau coprésidé par les Premiers ministres Gordon Brown et Meles Zenawi et chargé de mobiliser des ressources nouvelles et innovantes pour le changement climatique. Il est heureux que le groupe sera équitablement composé de pays en développement et développés. Nous apportons notre appui au Premier ministre Meles. De leur côté, les pays africains vont développer leur capacité institutionnelle, préparer des plans d’action nationaux, élaborer et présenter des propositions d’investissement.

12. Nous avons réaffirmé l’importance primordiale que revêt le travail de notre groupe, conformément au mandat donné par les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales à Tunis en novembre 2008. Pour que notre travail contribue plus efficacement à remodeler les perspectives du continent et arrêter une position commune, nous sommes convenus des modalités suivantes : nous allons tenir deux réunions formelles par an, complétées en temps que de besoin par des réunions informelles. Nos réunions seront préparées par nos représentants, qui se réuniront plus souvent et créeront des groupes de travail, le cas échéant. À notre demande, l’Afrique du Sud a accepté de présider le Comité jusqu’en 2010 et sera appuyé par l’Égypte comme vice-président. Nous avons demandé à la Banque africaine de développement d’assurer les services de secrétariat au Comité, avec le concours de la CEA et de la CUA. Nous avons accepté l’invitation de nous réunir au Caire en septembre 2010.

13. Nous exprimons notre gratitude au gouvernement sud-africain pour son hospitalité.