Redoubler d’efforts pour soutenir la croissance verte en Afrique

21/05/2014
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Au vu de l’urgence et de la gravité du changement climatique, il faut accélérer les efforts déployés pour mobiliser des fonds et atténuer l’impact du changement climatique sur le continent africain. Ce constat a fait consensus, mardi 20 mai à Kigali, lors d’une session dédiée à la croissance verte en Afrique, au deuxième jour des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Si l’Afrique contribue pour moins de 4 % aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde, elle s’avère le continent qui souffre le plus des effets du changement climatique, du fait de la grande sensibilité de son climat et de sa capacité d’adaptation relativement faible. Durant la session, placée sous le thème « La croissance verte : l'avenir pour l’Afrique », l’accent a été mis sur la nécessité de bâtir un modèle de développement plus vaste et plus vigoureux, qui stimule la croissance de l’économie africaine, tout en assurant une gestion durable du patrimoine naturel du continent et en favorisant le capital social.

Au cours de cette session interactive, le président de la BAD, Donald Kaberuka, a réitéré l’engagement ferme de la Banque à appuyer la transition progressive des pays africains vers une croissance verte, comme stipulé dans sa Stratégie pour 2013-2022 qui poursuit un double objectif : la croissance inclusive et la transition vers une croissance verte. 

Les ressources naturelles de l’Afrique exigent d’être exploitées de manière durable, pour encourager la croissance économique, a argué Donald Kaberuka. « Je suis convaincu que la croissance verte créera des emplois pour l’avenir, à condition toutefois de bien s’y prendre », a-t-il dit, apaisant les craintes que les initiatives de croissance verte ne nuisent à la croissance économique.

Plus précisément, la BAD apporte déjà une aide à des pays comme la Sierra Leone, en vue d’intégrer la croissance verte dans sa Stratégie de réduction de la pauvreté. Des efforts similaires sont menés au Mozambique, au Kenya, au Rwanda et au Cap-Vert.

Le panel d’experts qui a animé la session a souligné que les pays africains devraient adopter des outils et des instruments appropriés pour intégrer efficacement les notions et principes de croissance verte dans leurs stratégies de développement et les plans sectoriels existants. « Au Rwanda, nous avons pu développer notre stratégie nationale pour le changement climatique et un développement à faible émission de carbone, en 2011. Cette stratégie oriente la planification de nos politiques nationales de manière intégrée et tient compte du changement climatique dans tous les secteurs de l’économie », a indiqué Stanislas Kamanzi, ministre rwandais des Ressources naturelles. Et d’ajouter que, grâce à cette stratégie, le Rwanda peut accéder à des financements internationaux, afin de bâtir sa résilience face au changement climatique et un développement à faible émission de carbone.

Aly Abou-Sabaa, vice-président de la BAD chargé des opérations sectorielles, de la gouvernance, de l’agriculture et du développement humain, a pris la parole pour pointer l’importance des diagnostics conduits en amont pour que les pays puissent prendre les bonnes décisions. Directeur régional adjoint du PNUE pour l’Afrique, Desta Mebratu a fait valoir, quant à lui, que, « par rapport aux autres régions du monde, les pays africains bénéficient de meilleures opportunités en termes de capacités de transition vers une économie plus verte », ajoutant que la plupart des innovations technologiques requises pour opérer cette transition sont déjà en place.

Pour sa part, l’ex-ministre des Finances de l’Afrique du Sud, Trevor Manuel, actuellement membre du groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre le changement climatique des Nations Unies, a appelé à un changement radical de paradigme et d’ordre générationnel : il faut une action collective et des financements pour appuyer la transition vers une économie verte sur le continent. Et d’ajouter que les politiques, telles que la réorientation des subventions ou l’encouragement aux investissements d’ampleur du secteur privé, sont capitales pour que l’économie verte devienne réalité en Afrique. 

La BAD a d’ores et déjà engagé 10 milliards de dollars EU en faveur d’un développement résilient au changement climatique et à faible émission de carbone, entre 2011 et 2015. La Banque offre son aide pour attirer investisseurs privés et institutionnels, pour réduire les risques en matière d’investissement et pour faciliter la transition vers des modèles de développement durable.