Cap-Vert : le nouveau document de stratégie pays mise sur les infrastructures pour favoriser la croissance inclusive

24/04/2014
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Après avoir félicité le Cap-Vert pour son accession au rang des pays à revenu intermédiaire, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le mercredi 23 avril 2014 un nouveau document de stratégie pays visant à soutenir les mesures du gouvernement cap-verdien en faveur d’une croissance plus verte et plus inclusive.

Le document de stratégie pays du Cap-Vert pour la période 2014-2018 s’attèle à surmonter les défis de l’inclusion qui sont ancrés dans la géographie de ce pays (les îles étant isolées, mal reliées et à des stades de développement différents) et les disparités entre les sexes. À ces défis s’ajoutent la vulnérabilité face au changement climatique et ses conséquences sur le développement durable.

La République du Cap-Vert, un archipel composé de dix îles et huit îlots volcaniques, se trouve dans l’océan Atlantique central, à 450 kilomètres au large du Sénégal. Le pays couvre une surface terrestre de 4 033 kilomètres carrés et possède une zone économique exclusive qui s’étend sur 700 000 kilomètres carrés. Sa population est estimée à 500 000 habitants, dont 55,7 % vivent sur l’île principale de Santiago.

La stratégie de soutien de la Banque repose sur le développement des infrastructures (notamment au niveau du transport maritime et des énergies renouvelables) et l’amélioration de la gouvernance. Plus précisément, ces objectifs sont répartis entre deux piliers stratégiques :

  • Le renforcement et la diversification des infrastructures en faveur du développement durable,
  • Le renforcement de la gouvernance économique dans les secteurs publics et privés.

Le premier pilier prévoit des investissements dans la construction et la réhabilitation des ports maritimes en vue de consolider l’intégration territoriale, faciliter le mouvement des biens et des personnes et positionner le Cap-Vert comme une plateforme régionale pour les activités de transbordement. Ces investissements doivent également permettre d’améliorer la liaison maritime entre l’archipel et la partie continentale de l’Afrique occidentale et d’intensifier sa coopération avec la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

En outre, les opportunités d’accès et de liaison aux marchés plus vastes de la CEDEAO doivent aider le Cap-Vert à accélérer sa croissance et à diversifier sa base productive. La Banque compte également développer les infrastructures de production d’électricité ainsi que le réseau électrique, tout en encourageant les investissements dans les énergies renouvelables afin de promouvoir la croissance verte et de réduire les coûts relatifs à la conduite des affaires dans le pays.

Dans le cadre du second pilier, la Banque entend soutenir les mesures visant à améliorer l’environnement de l’investissement et le climat des affaires du pays, à travers la stimulation de la compétitivité du secteur privé (y compris les petites et moyennes entreprises) et la promotion de la diversification économique. Afin de combler les déficits budgétaires chroniques, de surmonter les défis de la consolidation et de la soutenabilité de la dette publique et d’améliorer la qualité des infrastructures et des services, la Banque favorisera :

  • La rationalisation et la hiérarchisation des programmes d’investissement publics ;
  • L’amélioration et la modernisation des structures de direction et de fonctionnement des entreprises publiques.

La Banque aidera le pays à mieux tirer profit du financement du secteur privé ainsi que des instruments et des mécanismes de financement innovants, comme la mobilisation des ressources à travers les partenariats public-privés (PPP). La Banque contribuera également au perfectionnement du système de suivi et d’évaluation national. À cet égard, elle apportera une attention particulière à l’égalité hommes-femmes et soutiendra les mesures politiques qui visent directement à créer un meilleur équilibre ou à réduire les disparités entre les sexes.

Le développement socio-économique du Cap-Vert au cours de la décennie écoulée est largement reconnu. Malgré une fragilité due à son territoire isolé et fragmenté, à sa faible population, à son climat sahélien sec et à ses ressources naturelles limitées, le Cap-Vert fait partie des pays d’Afrique qui ont obtenu les résultats socio-économiques les plus remarquables. De plus, l’archipel est sorti en 2007 du rang des pays les moins avancés défini par l’ONU.