L’augmentation de capital permettra à la BAD de répondre aux besoins d'infrastructures de l'Afrique

27/04/2010
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Tunis, le 28 avril 2010 – Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a déclaré que les infrastructures en Afrique seraient les principales bénéficiaires de l’augmentation générale du capital recommandée le 23 avril, à Washington DC, par le Comité consultatif des gouverneurs (GCC) de l’institution.

Une augmentation générale de capital donnera à l'institution les moyens de continuer à satisfaire les besoins du continent en infrastructures - et pas seulement les infrastructures traditionnelles telles que les routes, les ponts, l’eau, l’assainissement et l’énergie, mais aussi - et de plus en plus -, les infrastructures de l’information, a-t-il indiqué.

Le président Kaberuka a fait ces observations lors d'une conférence sur les flux financiers en direction de l'Afrique, organisée par l'Institut Hudson et le Groupe Whitacker, le lundi 26 avril 2010, à Washington DC. La conférence s'est concentrée sur l'importance des transferts de fonds des migrants, et a montré toute l'étendue des flux financiers vers l'Afrique ces dernières années.

Soulignant la nécessité de la poursuite des flux financiers vers l'Afrique, M. Kaberuka a fait remarquer que «l'Afrique est trop souvent perçue à travers le prisme de l'aide étrangère, et ces types de transferts non-officiels – que ce soient les envois de fonds des migrants, les investissements directs étrangers, et même les investissements de portefeuille – ne retiennent pas suffisamment l’attention ».

Faisant référence à l'importance des transferts de fonds des migrants, M. Kaberuka a désigné le Cap-Vert ¬ sa prochaine destination après Washington ¬ comme un pays dont le revenu par habitant a connu des gains importants en grande partie par suite des transferts de fonds des migrants.

Il a expliqué la réponse de la Banque à la crise financière, et l'importance de la vive recommandation formulée par le CCG à l’effet de tripler les ressources en capital de la Banque pour les porter à 100 milliards de dollars.

La Banque a été en mesure de répondre aux graves perturbations des flux financiers à l'aide de nouveaux instruments à décaissement rapide et d’appuis budgétaires, en cas de besoin, ainsi que d’un mécanisme de financement du commerce en collaboration avec la SFI – un instrument financier non traditionnel pour la Banque.

M. Kaberuka a également démontré le pouvoir catalytique de la Banque à générer des fonds additionnels venant du secteur privé – par opposition à une substitution au secteur privé. Au lieu d’évincer le secteur privé, la Banque s’attelle à inviter le secteur privé, au point où chaque dollar de financement de la Banque attire environ 5 dollars de financement du secteur privé. Et la Banque a également utilisé son pouvoir d’attraction pour faire venir des investisseurs privés à la table afin d’aider à trouver des opportunités de croissance pour le secteur privé sur le continent, a-t-il ajouté.

Le président de la BAD a livré ses réflexions sur ce que peu de gens auraient prédit au début de la crise, à savoir que les pays africains ont montré une résilience remarquable. La réponse de la Banque a contribué à ce résultat, mais également le fait que, ces dernières années, de nombreux pays ont renforcé leurs positions macroéconomiques et adopté de bonnes politiques qui les ont aidés à résister plus fermement. Comme le président Kaberuka l’a dit, « c'était comme si l'ensemble du continent avait été soumis à un test d’endurance – et il l’a réussi. »

Naturellement, il y a eu des revers – une raison importante à la nécessité de ressources fraîches – mais M. Kaberuka a noté que le continent est en train de rebondir. Selon les projections les plus récentes du FMI, en 2010, l'Afrique connaîtra une croissance de 5%, et en 2011 de 6%. Pour autant, le président Kaberuka a noté que les flux extérieurs en direction de la plupart des nations africaines sont modiques – les quatre pays les plus grands pays en absorbant 80%. L’un de ses grands objectifs est de voir davantage de pays attirer plus d’investissements privés.

A l’échelle de l’économie mondiale, le président Kaberuka a comparé l’Afrique à l'Inde – pays qu'il a visité récemment. Les deux continents ont environ un milliard de personnes, mais la différence avec l'Inde est que ce pays compte maintenant une classe moyenne très nombreuse et en pleine expansion.
Voilà quel doit être l'objectif en Afrique, a-t-il dit, soulignant deux moyens importants pour y parvenir : une plus grande stabilité à long terme et une forte orientation vers les besoins croissants du continent en infrastructures. Environ 60% des financements de la Banque vont désormais au développement des infrastructures.