Développement des marchés financiers en Afrique du Nord : état et perspectives d’avenir

28/03/2013
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Bien qu’ils existent depuis longtemps en Afrique du Nord, les marchés financiers n’ont guère eu d’impact sur le développement de cette région, à en croire la conclusion d'une note d’information intitulée « Le développement des marchés financiers en Afrique du Nord : état et perspectives d’avenir », publiée récemment par la Banque africaine de développement.

Tout porte à croire que sans un secteur privé développé et florissant, il est quasiment impossible d’obtenir des financements en fonds propres. Malheureusement, il ressort de cette étude que la taille des marchés financiers d’Afrique du Nord, tant en largeur qu’en profondeur, est limitée. Certes, les marchés des obligations souveraines et des obligations des sociétés complètent les financements en fonds propres, toutefois, ces marchés sont eux aussi sous-développés en Afrique du Nord.

L’étude note l’existence de dispositions légales et réglementaires appropriées pour la plupart, cependant, elle constate un manque de confiance des investisseurs, tant nationaux qu’étrangers. En effet, la perception de l’absence de transparence et de la corruption qui prévaut n’a pas amélioré le climat, pas plus que les obstacles liés à la bureaucratie qui gênent les milieux d’affaires. Néanmoins, la performance du marché est porteuse d’espoir en dépit de l’impact négatif de la crise financière mondiale et du Printemps arabe.

Il y a lieu d’être optimiste quant aux futurs cours des actions puisque les marchés ont commencé à se redresser. Les autres marchés, aux exigences moins drastiques concernant l’introduction en Bourse, sont déjà accessibles aux petites et moyennes entreprises. L’une des mesures politiques prioritaires devrait consister à amener ces marchés alternatifs à fonctionner efficacement, compte tenu de l’importante contribution que ces petites entreprises peuvent apporter à la création des emplois dont la région a tant besoin.

Accorder la priorité au développement des marchés financiers signifie qu’il faut réviser l’impôt sur les sociétés et les transactions.  La convertibilité des monnaies et le contrôle des mouvements de capitaux sont également des questions à examiner. Le débat politique en Afrique du Nord s’est beaucoup focalisé sur l’investissement direct étranger au détriment des flux d’investissements de portefeuille. Il y a de bonnes raisons de croire que ce débat doit être élargi.