Tchad : don de 47 millions de dollars pour le projet routier Koumra-Sarh

03/06/2009
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Tunis, le 2 juin 2009 - La République du Tchad recevra un don de 31,61 millions d'Unités de compte (UC*), environ 47,34 millions de dollars, pour financer le projet d’aménagement de la route Koumra–Sarh. Ce projet a été approuvé mardi à Tunis par le Conseil d'administration du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Le projet vise à contribuer au désenclavement du pays et à la réduction des coûts de transport, en vue d’améliorer l’efficacité de la chaîne logistique de transport, l’accessibilité et la mobilité des populations rurales dans le Sud du Tchad (Mandoul et Moyen-Chari)

Les travaux comprennent l’aménagement et le bitumage de 110 km de route, la réalisation des aménagements connexes et des actions spécifiques pour les femmes ; le contrôle et la surveillance des travaux ; et l’appui à la gestion, au suivi-évaluation et l’audit des comptes du projet.

En plus de la route principale, il est prévu la réalisation des aménagements connexes dans le but de renforcer l’impact socio-économique de ce projet. Les actions retenues à cet effet comportent l’aménagement de  111 km de pistes rurales ; la réhabilitation des infrastructures sociales. Le projet a aussi intégré la réalisation des activités spécifiques au bénéfice des femmes, telles que la construction d’une clôture pour la concession de la coopérative des Femmes du Mandoul pour la promotion du Karité (COFEMAK) et la fourniture de l’équipement nécessaire pour rendre fonctionnel son château d’eau réalisé avec l’appui du PNUD, l’équipement de 30 groupements féminins en charrettes pour le transport, et la construction d’une clôture ainsi que la réhabilitation du jardin d’enfants de Sarh.

Le projet est en conformité avec la Stratégie à moyen terme (SMT) de la Banque pour la période 2008-2012, qui accord une priorité à l’infrastructure, à la gouvernance, au développement du secteur privé, à l’enseignement supérieur, à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. En effet, la SMT prévoit justement d’orienter une part significative de ses nouveaux engagements vers l’infrastructure, en particulier le transport, l’énergie et les nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC).

De même, ce projet est aussi en cohérence avec la stratégie d'intervention de la Banque au Tchad, telle qu’énoncée dans le Document de stratégie pays axé sur les résultats (DSPAR) de 2005-2009. Celle-ci est centrée sur la promotion de la bonne gouvernance à travers l’appui aux réformes économiques et le renforcement des capacités institutionnelles y compris la gestion des ressources pétrolières ; et  le soutien d’une croissance durable dans le secteur non pétrolier à travers le développement des infrastructures et l’exploitation des ressources naturelles.

La route Koumra–Sarh traverse 4 départements dans les régions du Mandoul et du Moyen-Char, dont la population est estimée à 202 000 habitants. Au-delà de ces localités riveraines à la route, la zone d’influence directe du projet compte une population d’environ un million d’habitants. Les impacts économiques du projet toucheront de manière indirecte toute la zone soudanienne du pays qui couvre une superficie globale de 130 000 km2 pour une population estimée à 3,5 millions d’habitants.

La réalisation du tronçon Koumra - Sarh permettra de compléter le chainon manquant sur le corridor Moundou-Sarh, les tronçons Moundou-Doba et Doba-Koumra étant en cours de réalisation sur cofinancement du Fonds européen de développement (FED) et du Tchad. Cet axe routier permettra aussi, à terme, de relier N’Djaména à Sarh et de désenclaver le sud du pays, notamment la région pétrolifère de Doba au Sud-est du Tchad, qui est également le grenier agricole du pays. L’aménagement de la route facilitera ainsi l'écoulement des surplus agricoles vers le reste du pays, notamment vers N’Djaména, et incitera la population de la zone d’intervention du projet à produire davantage; ce qui contribuera par conséquent à l'amélioration de la sécurité alimentaire du pays.

Le coût total du projet est estimé à 56,17 millions d'UC ou 42,76 milliards de francs CFA. Le projet sera financé conjointement par le FAD (31,61 million d’UC), le FED (1,96 millions d'UC) et le gouvernement tchadien (22,60 million d’UC).


UC 1 = 1, 49783 US $ = 740,123 FCFA au 02/06/2009


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