Partenariat Chine-Afrique: le rôle du secteur bancaire

17/05/2007
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Le secteur privé peut contribuer à augmenter considérablement le volume des échanges entre l’Afrique et la Chine qui se chiffre à  quelque 55 milliards de dollars,  a déclaré jeudi au cours d’un atelier  à Shanghai (Chine) M. Mandé Sidibé, Président du Groupe ECOBANK.  Le partenariat entre la Chine et l’Afrique basé sur la formule du gagant-gagnant se situe dans un contexte favorable. L’Afrique offre un champ d’opportunités  d’affaires et la Chine dispose d’une une vaste expérience en matière de développement économique et social.

S’adressant lors du séminaire,  à ceux qui doutent encore de la sincérité de la coopération chinoise avec l’Afrique, M. Li Anshan, professeur d’histoire à l’Ecole des écoles internationales de Beijing a dit, s’inspirant de la sagesse chinoise que: « faire une longue route nécessite des chevaux puissants et une mémoire du temps ».

Lui emboitant le pas, le ministre du développement économique et des finances du Ghana , M. Kwadwo  Baah Wiredu,  a invité les dirigeants de la Chine et de l’Afrique à faire confiance au secteur privé afin de mettre en place , comme le dit M. Sidibé,  les secteurs structurants notamment les infrastructures de transport et d’énergie. Le partenariat Chine-Afrique en appelle à l’implication du secteur privé et particulièrement le secteur  bancaire pour assurer les transactions financières. Cela constitue des opportunités d’affaires pour les banques afin d’assurer également  la stabilité du cadre des échanges et la disponibilité des ressources financières et humaines.

Cependant  le dynamisme du secteur privé dépendra en partie de la volonté politique exprimée par les dirigeants afin de tirer le maximum de profits des opportunités offertes par le partenariat entre l’Asie et  l’Afrique.

L’atelier, organisé par le groupe ECOBANK et Financial Times pour permettre aux participants d’échanger sur le rôle du secteur bancaire, a enregistré la participation de nombreux participants au nombre desquels figuraient les ministres des finances du Ghana et du Liberia, la vice-présidente de la BAD, Mme Arunma Oteh ainsi que de nombreux journalistes.

La Banque africaine de développement (BAD) attache beaucoup d’importance au rôle que joue le secteur prive en Afrique. S’adressant mercredi dans le cadre de l’ouverture des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque, le Président de la BAD, Donald Kaberuka, a déclaré que l’objectif de la Banque est d’intervenir comme catalyseur pour améliorer le climat des investissements et, ensuite, répondre à la demande  par des effets de démonstration qui incitent les investisseurs à examiner de manière plus positive les possibilités qu’offrent les pays africains. « Nous pensons que notre position financière solide permet d’accroître les opérations de prêt sans pour autant compromettre la capacité de la Banque à supporter les risques », a  ajouté le président de la BAD, remarquant que le secteur privé serait, à l’avenir, le moteur de l’économie  africaine.

« Nous savons que les opérations du secteur privé présentent d’énormes risques. Nous sommes pleinement conscients du fait qu’il faut être plus prudent et rigoureux dans le choix des projets, l’examen du crédit, les procédures de traitement, le choix des partenaires et la capacité interne. Notre intention est de croître, mais aussi d’éviter tout impact néfaste sur le profil de risque global du portefeuille de la Banque, a-t-il signalé », ajoutant que la croissance future des économies africaines sera, comme ce fut le cas pour l’Asie, impulsée par le secteur privé. C’est ce secteur qui crée la richesse et qui finira par éradiquer la pauvreté. Des progrès considérables ont été accomplis au guichet du secteur privé, les engagements étant passés de 275 à 420 millions de dollars EU.

Dans une interview récemment publiée dans China Daily, le vice-président charge du secteur privé de la Banque, M. Mandla Gatsho, a déclaré que le portefeuille actif de l’institution à la fin de l’année 2006 comportait 106 opérations avec un engagement bancaire cumulatif de plus de 2,4 milliards d’UC. La totalité des engagements cumulés dans le secteur des infrastructures s’élevait à près de 10 milliards d’UC. Actuellement, 66% du portefeuille sont alloués au secteur des transports tandis que 25% vont au secteur de l’énergie.

« Bien que nous ayons beaucoup fait en tant qu’institution financière, beaucoup reste encore à faire, et cela implique que nous n’avons pas gagné la bataille. Néanmoins, en recourant à de nouvelles initiatives et partenariats, la Banque jouera un rôle grandissant, notamment pour le soutien au développement des infrastructures et pour le NEPAD. Nous avons été reconnus comme la première agence dans le secteur du développement des infrastructures ou comme un pilier important du programme de développement du NEPAD. Nous jouons également un rôle de secrétariat auprès du Consortium pour les infrastructures en Afrique. Nous connaissons l’histoire du Consortium qui a été lancé lors du Sommet des chefs d’Etats du G8 en 2005 à Gleneagles. Nous voulons également nous concentrer sur les partenariats public-privé (PPPs). Le futur du rôle de la Banque, dans le développement des infrastructures sur notre continent, est radieux », a-t-il conclu. 

Contact: Joachim Arrey, Tél: +(216) 7110-2759, E-mail: j.arrey@afdb.org

 


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Joachim Arrey Téléphone: +216 7110-2759