La Chine salue le rôle de la BAD, force motrice de la durabilité des projets en Afrique

31/12/2013
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Conduite par Anthony Nyong, chef de la Division conformité et sauvegarde, une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) a séjourné à Pékin, en Chine, du 17 au 19 décembre 2013, pour participer à un dialogue entre la Chine et l'Afrique sur la viabilité environnementale et sociale.

Cela a été l’occasion d’échanger sur les perspectives et les défis liés à la mise en œuvre de mesures de viabilité environnementale et sociale par les entreprises chinoises opérant en Afrique, et ce, afin de s'assurer que les investissements chinois aient les effets souhaités sur le développement.

Plusieurs entreprises et organismes publics ont présenté leurs politiques respectives de viabilité environnementale et sociale, ainsi que les difficultés qu'ils rencontrent, avant de saluer le rôle moteur que joue la BAD en la matière dans les projets menés sur le continent.

Les discussions qui s’en ont suivies ont porté sur les bonnes pratiques que plusieurs entreprises chinoises ont adoptées pour promouvoir la responsabilité sociale au sein de leurs structures, à la suite des directives du gouvernement chinois. Mais il reste beaucoup à faire.

Mieux communiquer, une nécessité

Les participants au dialogue ont fait remarquer que les bonnes pratiques des entreprises chinoises restent peu connues, alors qu’à l’inverse, les pratiques “négatives” sont fortement médiatisées. Ils ont souligné la nécessité d'améliorer la communication entre dirigeants des entreprises chinoises, populations locales et organes de la société civile africaine.

Du point de vue des entreprises chinoises, la non-application des réglementations en vigueur par les gouvernements chinois et africains ; le manque de capacités et d’expertise au sein des entreprises et leur méconnaissance des avantages qu’elles peuvent tirer de la durabilité s’avèrent les principaux obstacles à la mise en œuvre des mesures de viabilité environnementale et sociale. Représentants du gouvernement et entrepreneurs chinois ont invité la BAD à appuyer les efforts déployés pour renforcer les capacités des entreprises présentes en Afrique. À titre d’exemple, la BAD a été invitée à participer à une formation sur la durabilité environnementale et sociale qui sera organisée à l’intention des entreprises chinoises, en Zambie et au Ghana.

La BAD a présenté son système de sauvegarde intégré et le rôle qu’il joue dans la réalisation des objectifs de sa Stratégie décennale, qui vise à soutenir la transformation de l’Afrique. Cet exposé a mis en exergue la nécessité, pour l’Afrique, de ne pas rater la révolution écologique actuelle, après avoir manqué les révolutions agricole et industrielle. Les partenaires concernés devraient mieux conjuguer leurs efforts, afin de garantir un développement durable de l'Afrique.

Les recommandations suivantes ont donc été retenues :

  • l’organisation d’une réunion de haut niveau en Afrique en 2014 ; la rencontre réunira des représentants des États africains, des ministères et agences chinoises, ainsi que des entreprises chinoises présentes en Afrique, des émissaires de la BAD, du Fonds mondial pour la nature (WWF) et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), afin de discuter des moyens pratiques de promouvoir le développement durable en Afrique ;
  • la mise en place d’un dispositif de suivi qui rende compte des progrès annuels enregistrés au titre du dialogue engagé sur la viabilité environnementale et sociale. Les réunions de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE) et du Forum sur la coopération sino-africaine (dit “FOCAC” en anglais) pourraient être une alternative. En outre, il a été proposé que la mise en place d’une coopération sino-africaine sur l'environnement soit lancée lors de la première réunion de l'Assemblée générale du PNUE, en juin 2014 ;
  • l’Association internationale des entrepreneurs chinois a également recommandé que la BAD organise des séances de formation sur le système de sauvegarde intégré récemment approuvé, au profit des entrepreneurs chinois, à Pékin et au sein des bureaux extérieurs de la Banque. Elle a également recommandé que la Banque améliore les dossiers d'appel d'offres, en y incluant les aspects spécifiques à la sauvegarde environnementale et sociale.

Prévenir les effets négatifs sur le développement

La Chine est devenue le plus grand partenaire de développement de l'Afrique, affichant un volume d’échanges commerciaux de quelque 200 milliards de dollars EU (contre 100 milliards en 1998) et des investissements cumulés estimés à 19,2 milliards de dollars EU. De ce fait, le pays a une place particulière dans le développement de l'Afrique.

La Chine joue un rôle important dans le cheminement de l’Afrique vers une croissance durable. Il est essentiel de concevoir et mettre en œuvre des mesures de durabilité environnementale et sociale, afin d’éviter – ou du moins d’atténuer – les effets négatifs sur le développement, pour atteindre cet objectif.

Au vu de la présence croissante de la Chine en Afrique – dans les industries extractives en particulier, l’exploitation des ressources naturelles et les infrastructures de développement en particulier –, les institutions financières et les entreprises chinoises ont une responsabilité toujours plus grande dans la promotion de la durabilité environnementale et sociale de leurs investissements sur le continent.

Le gouvernement chinois recommande à ses entreprises basées en Chine et en Afrique d’accorder une attention particulière à la viabilité environnementale et sociale. Ont ainsi été élaborés des principes directeurs pour intégrer la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Organisée en collaboration avec WWF, cette rencontre a réuni divers participants, parmi lesquels figuraient le Conseil chinois pour la coopération internationale sur l'environnement et le développement (CCCIED), le ministère chinois de la Protection environnementale, le “Center for Environmental Services Finances” (MEP-FECO), le Département du commerce international et des affaires économiques relevant du ministère chinois du Commerce (MEFCOM), l'administration forestière chinoise, l’Association internationale des entrepreneurs chinois (dite “CHINCA” en anglais), le Partenariat international pour la gestion des écosystèmes (PNUE-IEMP), différentes entreprises publiques et des opérateurs du secteur privé.