Forum des organisations de la société civile : le partenariat entre la BAD et les organisations de la société civile en discussion

21/05/2014
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Lors de la deuxième journée des assemblées annuelles 2014 de la Banque africaine de développement (BAD), qui se tiennent à Kigali, le Forum des organisations de la société civile (OSC) a rassemblé des représentants d’OSC venus de toute l’Afrique et des représentants de la BAD. L’objectif était de réitérer l’engagement de la Banque à collaborer avec les organisations non gouvernementales, qui sont la voix des collectivités locales, et de voir comment ce partenariat, vieux de 24 ans, pouvait être renforcé et développé grâce au dialogue et à l’échange d’informations sur les principaux problèmes de développement socio-économique.

Les sujets de débat majeurs abordés lors du forum ont été organisés en cinq séances. La première séance a été vouée à l’examen de la politique de la BAD en matière de diffusion et d’accès à l’Information (DAI), facteur de progrès du développement dans les projets financés par la Banque, ainsi que le rôle des OSC.

Mike Salawou, conseiller principal du Secrétaire général et coordonnateur de l’équipe DAI, a expliqué en quoi la divulgation de l’information favorise la bonne gouvernance, la transparence et le sens des responsabilités. À cette fin, une plate-forme de renforcement de la communication a été développée pour faciliter l’accès à l’information, la BAD ouvrant la voie au sein des organisations de développement multilatérales. La Banque s’est également engagée à étendre son action à travers les médias sociaux.

Reconnaissant l’importance des ressources naturelles dans le développement des collectivités, la deuxième séance a procédé à l’examen du rôle de la Banque dans le renforcement de la capacité des OSC à mieux gérer les ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, de façon à soutenir la croissance économique. Dans son allocution, la directrice du Centre de ressources naturelles africaines, Sheila Khama, a précisé en quoi la préservation des ressources naturelles de l’Afrique dépend de la capacité à équilibrer l’offre et la demande.

Constatant que l’Afrique opère principalement du côté de l’offre, les interventions de la Banque visent à améliorer la situation à travers l’éducation et l’accès à l’information, la participation des parties prenantes aux niveaux national et communautaire, et l’élaboration d’une stratégie de gestion des ressources naturelles actuellement à l’étude. La Banque cherche notamment à impliquer davantage les populations les plus vulnérables dans la gestion des ressources naturelles en termes d’inclusion sociale, et à offrir plus de possibilités aux jeunes par le biais de l’éducation et de la création d’emplois.

Au cours de la troisième séance, Stefan Nalletamby, directeur du développement du secteur financier à la BAD, a expliqué comment la Banque encourageait l’éducation et la création d’emplois, en prêtant davantage aux petites et moyennes entreprises (PME). Ces 10 dernières années, la Banque a ainsi investi près de 10 milliards de dollars EU dans le secteur financier africain. Les opérations du secteur financier représentent 13 % du portefeuille actuel de la Banque. Afin d’éviter une approche de style “copier-coller”, la Banque encourage l’implication des OSC dans cette réflexion sur les problèmes de développement du secteur financier en Afrique.

La quatrième session s’est penchée sur la question de savoir comment la BAD pouvait garantir une croissance fondée sur l’insertion sociale et la préservation de l’environnement, ainsi que sur le rôle que pouvait jouer les OSC en la matière. Il est ressorti des discussions qu’un partenariat entre les gouvernements et les OSC est crucial pour faire progresser le développement en Afrique, afin que celui-ci ne se fasse pas au détriment des populations les plus vulnérables.

La dernière séance a porté sur l’investissement dans la lutte pour l’égalité des sexes, dans le cadre de la transformation de l’Afrique. Géraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre, a présenté aux participants le plan d’action sur quatre ans de la Banque (2014-2018). Celui-ci aborde les problématiques du statut juridique et des droits de propriété spécifiques aux pays africains, et traite de l’émancipation économique et du développement des compétences des femmes et des filles, qui constituent plus de la moitié de la population du continent.

Publique, cette séance a permis, aux OSC œuvrant pour l’égalité des sexes, de partager expériences et réflexions quant à leur implication dans la mise en œuvre de ce plan.

Du lundi 19 mai au vendredi 23 mai 2014, plus de 3 000 délégués participent aux réunions annuelles de la BAD, afin de réfléchir aux problématiques du développement socio-économique de l’Afrique dans les décennies à venir.