Les organisations de la société civile participent aux Assemblées annuelles de la BAD

05/06/2009
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Pour la Banque africaine de développement (BAD), le développement participatif n'est pas un vain mot. Aux Assemblées annuelles 2009, à Dakar, un programme a été mis en place pour aider les organisations de la société civile à faire entendre leur voix et à discuter des différents projets avec la Direction de la Banque. Cette dernière est en effet convaincue que, sans participation des parties prenantes, aucun développement durable n'est possible.  

Un développement fondé sur la communauté : condition sine qua non du développement durable

Ce souhait de voir les parties prenantes participer activement aux projets n'est pas nouveau.  Depuis 2005, la Banque a organisé différentes formations sur les outils de la participation, pour s'assurer que le personnel de la Banque et les intervenants apprennent à connaître les outils du plaidoyer. La Stratégie de la Banque pour 2008-2012 reflète les leçons apprises lors de la participation des organisations de la société civile (OSC) au Forum de Haut Niveau à Accra, en septembre 2008. En effet, à ce forum, la responsabilité des gouvernements et les approches axées sur les clients et les résultats étaient sous les feux de la rampe. En un mot, les populations touchées par les projets de développement sont celles qui sont les plus proches de la réalité : leur voix est essentielle pour rendre les institutions de développement plus efficaces.

Les organisations de la société civile se réunissent pour mettre sur pied un réseau BAD du plaidoyer

Un large éventail d'organisations de la société civile africaines s’est  donc retrouvé à Dakar.  Du 10 au 12 mai 2009, celles-ci ont eu l'occasion de se rencontrer pour forger un réseau d'OSC pour le plaidoyer et faire connaître à la Banque leurs priorités. Pendant ces deux journées de rencontres, elles ont examiné les présentations sur cinq études d'ONG (une dans chaque sous-région de l'Afrique) relatives à l'impact des projets de la BAD.

Financés par le Centre d'Information de la Banque (BIC) et le Forum africain des alternatives, ces rapports ont analysé les grandes tendances et la qualité des projets de la BAD et l'expérience tirée des actions précédentes avec la société civile (investissements dans les industries extractives). Elles ont par la suite formulé suggestions en vue d’améliorer d manière effective les conditions de vie des populations sur le continent. Sur la base de ces rapports, les OSC ont formulé des recommandations pour la Banque.

 

Rencontres bilatérales entre les OSC et la Direction de la Banque

Après ces sessions de réflexion, les OSC ont participé à trois rencontres bilatérales pour discuter de projets spécifiques. En effet, la troisième phase du projet hydroélectrique de Gibe, en Éthiopie, a fait l'objet d'une plainte de la part d'une ONG locale et la Banque a préparé les arguments en réponse à cette plainte. Le projet Alumina Guinée quant à lui soulève la question de la transparence et de la responsabilisation des gouvernements en relation avec les revenus engendrés par l'extraction des ressources naturelles. La Banque encourage les pays membres à participer à l'Initiative EITI (l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives), qui œuvre pour la transparence des recettes publiques et davantage de responsabilisation des gouvernements en matière de dépenses publiques. La troisième rencontre bilatérale était centrée sur une ressource vitale: l'eau. En effet la Banque gère la Facilité africaine de l'eau ainsi que plusieurs projets de gestion des ressources en eau sur le continent. En marge de ces rencontres, le bureau nigérian de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives profitera de l'un des nombreux séminaires organisés pendant les Assemblées annuelles pour présenter dans un diaporama de son action.

Réunions avec les administrateurs

Les 11 et 12 mai, les OSC ont rencontré les administrateurs de la BAD en charge de leurs pays respectifs. Elles ont saisi cette opportunité pour échanger leurs points de vue sur les interactions entre la Direction de la Banque et les autres parties prenantes présentes aux Assemblées annuelles.  

Questions et réponses

Le 14 mai, dernier jour des Assemblées, la vice-présidente pour les opérations, Zeinab el Bakri, a présidé une session questions/réponses, dont l'un des objectifs a été de dresser le bilan de la participation des OSC aux Assemblées annuelles et de formuler une consensus sur la voie à suivre. Etaient présents les directeurs et chefs de divisions des départements de la gouvernance, des infrastructure et du secteur privé ; l'Unité du mécanisme d'évaluation de la conformité, la Facilité africaine de l'eau et les Départements des régions Est et Ouest de la BAD. L'objectif final était de maximiser l'efficacité des projets de développement. Cette session a  aussi permis de  réfléchir à la façon dont la Banque et la société civile peuvent travailler ensemble. Les voix des personnes évoluant sur le terrain doivent se faire entendre pour la durabilité des projets de développement, notamment en cette difficile période de crise financière.


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