Changements climatiques, une menace pour le développement ? L’Afrique a besoin de mécanismes de marché et de financements adaptés

07/07/2014
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Le changement climatique menace de réduire à néant des décennies d’efforts déployés pour développer l’Afrique, à moins de mobiliser suffisamment d’investissements pour stimuler le développement durable sur le continent et accroître sa résilience.

Tel est le message délivré aux 400 participants du 6e Forum africain du carbone, qui s’est tenu du 2 au 4 juillet 2014, en Namibie. Tous étaient venus partager les dernières actualités sur les opportunités commerciales et financières associées à la réponse internationale en matière de changement climatique.

Chargé d’inaugurer cette sixième édition, Uaheka Herunga, ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles de la Namibie, a déclaré que la question n’était plus de savoir si les marchés de carbone continueraient d’exister, mais de savoir comment on peut les améliorer et s’il faut élaborer de nouveaux mécanismes. Dans l’optique de l’Accord de Paris de 2015, le ministre a exhorté les participants « à adresser un message fort aux gouvernements du monde entier, pour leur signifier que le marché de carbone peut grandement aider à gérer le défi que représente le changement climatique. » 

« Le changement climatique appelle à accroître fortement les investissements en Afrique, tant de la part du secteur public que du privé, afin d’engager le continent sur la voie d’un développement propre, sûr et à faible émission de carbone », a souligné Hugh Sealy, le président du conseil exécutif du Mécanisme pour un développement propre (MDP). « Il est crucial, a-t-il ajouté, que les mécanismes de marché et de financement proposés soient adaptés aux besoins de l’Afrique et que les gouvernements africains offrent un environnement propice et fiable pour l’investissement. »

Les pays sont engagés à formuler, d’ici la fin de 2015, à Paris, un accord global portant sur le changement climatique, qui devrait prendre effet en 2020. Cet accord, quel qu’il soit, devrait être en grande partie dédié aux moyens de mobiliser les quelque 100 milliards de dollars EU par an, nécessaires pour atténuer le changement climatique et s’adapter à ses conséquences inévitables.
« En Afrique, le secteur privé et les gouvernements doivent s’exprimer maintenant haut et fort, pour s’assurer qu’un accord ambitieux et efficace soit conclu à Paris et que les instruments de marché et de financement qui sont en train de prendre forme soient bien adaptés aux besoins du continent », a déclaré Hugh Sealy.

« Le Forum africain du carbone a offert une plateforme pour évaluer les défis et les opportunités en matière de mobilisation de financements climatiques sur le continent », a résumé Kurt Lonsway, chef de la division de l’environnement et du changement climatique de la BAD – qui co-organise le Forum depuis sa création. 

Et d’ajouter : « Nous sommes conscients que l’investissement du secteur privé dans l’action climatique est crucial pour avoir un impact transformationnel. C’est pourquoi la Banque africaine de développement ainsi que ses partenaires de développement sont fermement décidés à promouvoir l’investissement et améliorer l’environnement de sorte de renforcer l’engagement du secteur privé africain. »

Outre le MDP, les participants à la rencontre ont examiné, cette année, les différentes manières dont les pays et les banques multilatérales de développement (BMD) entendent cibler leurs investissements, en matière de lutte contre le changement climatique – par le biais, par exemple, de mesures d’atténuation appropriées, approuvées à l’échelle nationale ; ou grâce à des fonds tels que l’Initiative carbone pour le développement de la Banque mondiale, qui s’appuie sur les mécanismes du MDP pour le suivi, l’élaboration de rapports et la vérification, pour s’assurer que les projets d’accès à l’énergie dans les pays les moins avancés donnent de bons résultats.

Le Forum africain du carbone, qui a été précédé d’une session de formation de deux jours à l’intention des autorités nationales désignées pour le MDP en Afrique, a été organisé sous l’égide du Cadre de Nairobi. Lancé en 2006 par Koffi Annan, à l’époque secrétaire général des Nations Unies, le Cadre de Nairobi avait pour objectif d’aider les pays en développement – en Afrique subsaharienne, en particulier – à améliorer leur niveau de participation au MDP.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ; le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le centre PNUE Risø ; l'Association internationale pour l'échange de droits d'émission (IETA) ; le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ; la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) constituent les partenaires du Cadre de Nairobi.