Le financement de la lutte contre le changement climatique mobilisé par la BAD a augmenté de 60 % par rapport à 2013

18/06/2015
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En 2014, les banques multilatérales de développement ont réuni 28 milliards de dollars EU pour financer la lutte contre le changement climatique

Les six plus grandes banques multilatérales de développement (BMD) ont réuni l’année dernière plus de 28 milliards de dollars EU pour aider les pays en développement et les économies émergentes à atténuer les effets du changement climatique et à s’adapter à ses défis. Ces derniers chiffres portent le total des engagements collectifs sur les quatre dernières années à plus de 100 milliards de dollars US.

D’après le quatrième rapport conjoint des BMD sur le financement de la lutte contre le changement climatique, ces institutions ont apporté ensemble, en 2014, plus de 23 milliards de dollars pour les efforts d’atténuation, et 5 milliards pour le travail d’adaptation.

Le rapport dévoile le rôle important joué par les BMD dans le financement du développement dans un monde marqué par le changement climatique. Il a été établi par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM).

Sur l’ensemble des engagements pris en 2014, 91 pour cent provenaient des fonds propres des BMD, et les 9 pour cent restants (soit 2,6 milliards de dollars US) provenaient de sources extérieures, comme les donateurs bilatéraux ou multilatéraux, le Fonds pour l’environnement mondial et les Fonds d’investissement pour le climat.

Parmi les régions, l’Asie du Sud a bénéficié de la plus grande part du financement total, soit 21 pour cent. L’Amérique latine et les Caraïbes, l’Europe hors UE et l’Asie centrale, l’Afrique subsaharienne, l’Asie orientale et le Pacifique ont reçu respectivement 17 pour cent, 16 pour cent, 15 pour cent et 10 pour cent du total.

En Afrique, le financement de la lutte contre le changement climatique réuni par la BAD a augmenté de 60 % par rapport à 2013, dopé par des investissements supplémentaires dans les énergies renouvelables et le transport durable. Un total de 1,92 milliard de dollars US a pu être mobilisé : 1,16 milliard pour l’atténuation et 760 millions pour l’adaptation, soit 50 % de plus qu’en 2013, grâce à la Banque qui continue à plaider pour un accroissement des financements destinés aux projets d’adaptation. Sur les quatre dernières années, la Banque a sorti 7 milliards de dollars US pour un développement respectueux du climat.

Alex Rugamba, Directeur du département Énergie, Environnement et Changement climatique de la BAD, déclare : « Notre objectif est d’en faire plus, et nous nous sommes engagés à augmenter le financement de l’indispensable lutte contre le changement climatique sur le continent africain. 2015 est l’une des dernières occasions pour la communauté mondiale de s’écarter de son schéma actuel de croissance non durable. Cette année est critique pour la prise de décisions sur le développement durable, et en particulier sur le changement climatique. On ne saurait trop insister sur son importance pour les économies africaines, qui sont considérées parmi les plus vulnérables aux effets indésirables du changement climatique. La BAD a toujours été au premier rang du soutien au développement durable, en collaborant étroitement avec les pays africains pour une transition vers une croissance faible en émissions de carbone et résiliente face au climat. »

Environ un tiers (36 pour cent) du financement total en matière d’adaptation a bénéficié aux projets liés à l’agriculture et aux ressources écologiques. 40 pour cent ont bénéficié à des projets liés aux infrastructures (dont la protection contre les inondations), à l’énergie et à l’environnement bâti. Les énergies renouvelables ont constitué le projet le plus fréquent d’atténuation, en drainant 35 pour cent du financement. L’efficience énergétique a reçu 22 pour cent des fonds. Les banques ont également massivement investi dans le transport durable, avec 27 pour cent du total.

Alex Rugamba poursuit : « L’augmentation du financement de la lutte contre le changement climatique des BMD va dans le bon sens et doit encourager toutes les parties prenantes à garder le cap, en accordant une attention particulière à l’accroissement du financement de l’adaptation pour les pays qui disposent des ressources les plus réduites. La Banque africaine de développement salue également le travail conjoint des BMD et de l’IDFC (International Development Finance Club) pour harmoniser les méthodologies de suivi du financement de la lutte contre le changement climatique, stimuler ce financement, et rendre le développement plus écologique ; tout ceci ayant permis d’aboutir à une déclaration forte à la COP 21. »

Le rapport 2014 est établi sur une approche commune des BMD pour le suivi et l’établissement de rapports en matière de financement de l’action climatique, prenant uniquement en compte les composantes de projets qui apportent des retombées positives en matière d’atténuation ou d’adaptation.

Il est essentiel de comprendre la destination des flux financiers pour qu’ils bénéficient aux secteurs qui en ont besoin ou qui peuvent en tirer parti, car ce qui est mesuré peut être géré. Les BMD ont harmonisé leurs principes de suivi du financement de l’atténuation climatique avec ceux des membres de l’International Development Finance Club, et ont entamé un processus similaire pour le financement de l’adaptation.

Avec d’autres institutions de financement public du développement, les BMD jouent un rôle stratégique dans le déploiement intelligent de ressources gouvernementales limitées, et dans la génération d’investissements privés à long terme de bien plus grande ampleur.

Il est de plus en plus clair que le financement requis pour une transformation réussie et organisée vers une économie mondiale à faible émission de carbone et résiliente se compte en milliers de milliards, et non simplement en milliards de dollars. Alors que nous établissons le cadre politique qui va permettre l’investissement de milliers de milliards, le défi immédiat auquel est confronté le financement de la lutte contre le changement climatique est de tenir la promesse des pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars US par an d’ici 2020.

Le rapport montre comment les BMD ont réussi à attirer et à déployer un financement de la lutte contre le changement climatique pour contribuer à une croissance résiliente et à faible émission de carbone dans les pays en développement et dans les économies émergentes, grâce à leur capacité à mobiliser les fonds publics et privés.

Le rapport fournit des données essentielles sur les flux financiers de la lutte contre le changement climatique et est susceptible d’étayer les discussions de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement d’Addis-Abeba du mois prochain, ainsi que les négociations des Nations Unies sur le changement climatique (CdP21) à Paris, à la fin de l’année.

Pour télécharger le rapport complet : bit.ly/1fj0Xj2